Derrière lui, il y en avait une autre, ainsi qu’à sa droite et à sa gauche. On rapporte, dans ce récit, que lorsque les pieds du Messager d’Allah (ﷺ) furent blessés, As-Siddîq (Abou Bakr) le porta sur ses épaules. Lorsqu’il entra dans la grotte, il boucha toutes ces ouvertures(1), mais il en resta encore une. Il y plaça alors son talon, et les vipères se mirent à le mordre, tandis que ses larmes coulaient. Le Messager d’Allah (ﷺ) lui dit alors : «Ne t’afflige pas, car Allah est avec nous.» Il y a cependant, dans ce récit, une part d’étrangeté et de chose réprouvée.
Puis Al-Bayhaqî(2) dit : «Abou ‘Abdallah Al-Hâfiẓ et Abou Sa‘îd ibn Abî ‘Amr nous ont rapporté, disant : “Abou Al-‘Abbâs Al-Aṣamm nous a transmis…”» ; (le récit continue) : «Abbas Ad-Dûrî nous a relaté, Aswad ibn ‘Âmir Shâdhân nous a relaté, Israël, d’après Al-Aswad, d’après Jundub ibn ‘Abdallah : “Abou Bakr était avec le Messager d’Allah (ﷺ) dans la grotte lorsqu’une pierre heurta sa main. Il dit alors (en style rajaz) :
«Tu n’es qu’un doigt qui saigne,
Et ce que tu subis l’est sur le chemin d’Allah.»»
L’imam Ahmad(3) rapporte : «‘Abd Ar-Razzâq nous a rapporté, Ma‘mar nous a informés, et ‘Uthmân Al-Jazzar m’a informé que Miqsam, l’affranchi d’Ibn ‘Abbâs, lui a rapporté la parole du Très-Haut : “Et (souviens-toi) quand ceux qui ont mécru complotaient contre toi pour te ligoter…” [Al-Anfâl : 30].» Ibn ‘Abbâs dit : «Un groupe (de Quraysh) se consulta un soir à La Mecque. Certains dirent : “Au matin, ligotez-le (le Prophète ﷺ).” D’autres proposèrent : “Non, tuez-le plutôt.” D’autres encore : “Expulsez-le.” Or, Allah révéla leur complot à Son Prophète (ﷺ). Celui-ci demanda à ‘Alî de passer la nuit dans son lit, puis il partit et rejoignit la grotte. Les polythéistes montèrent la garde devant ‘Alî, le prenant pour le Prophète (ﷺ). Au matin, ils se précipitèrent sur lui(4). Voyant qu’il s’agissait de ‘Alî, Allah déjoua leur ruse. Ils demandèrent : “Où est donc ce compagnon à toi ?” Il répondit : “Je ne sais pas.” Ils suivirent alors sa trace. Lorsqu’ils atteignirent la montagne, ils s’y perdirent, puis ils gravirent la hauteur et passèrent devant la grotte, sur laquelle ils virent une toile d’araignée. Ils dirent : “S’il y était entré quelqu’un, il n’y aurait pas de toile à l’entrée.” Ainsi le Prophète (ﷺ) y demeura trois nuits.»
Cette chaîne de transmission est bonne(7), et c’est l’une des meilleures sources relatant l’histoire de la toile d’araignée tissée à la porte de la grotte, par laquelle Allah protégea Son Messager (ﷺ). [De même, le hafiz Abou Bakr Ahmad ibn ‘Alî ibn Sa‘îd Al-Qâdî rapporte dans le Musnad d’Abou Bakr(8) : “Bashshâr Al-Khaffâf nous a relaté…”]