Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au moment de la sieste, à une heure où il n’avait pas l’habitude de venir, elle (Aïcha) raconta : « Quand Abou Bakr l’aperçut, il s’exclama : “Le Messager de Dieu (ﷺ) ne vient jamais à cette heure-ci si ce n’est qu’un grave événement est survenu !” » Elle poursuivit : « Lorsqu’il entra, Abou Bakr se recula de son lit pour lui, et le Messager de Dieu (ﷺ) s’assit. Personne n’était auprès de lui (1) sauf moi et ma sœur Asmâ’ bint Abî Bakr. »

Le Messager de Dieu (ﷺ) dit alors : « Fais sortir ceux qui sont autour de toi. » Abou Bakr répondit : « Ô Messager de Dieu ! Ce ne sont que mes deux filles ; qu’y a-t-il, puissent mon père et ma mère être sacrifiés pour toi ? » Le Prophète (ﷺ) dit : « Dieu m’a autorisé à sortir et à émigrer. » Elle ajouta : « Abou Bakr demanda : “La compagnie, ô Messager de Dieu ?” Il répondit : “La compagnie.” Par Dieu, je ne savais pas qu’une personne pouvait pleurer de joie avant ce jour, jusqu’à ce que je vis Abou Bakr pleurer. »

Puis il (Abou Bakr) dit : « Ô Prophète de Dieu, j’avais préparé ces deux montures à cet effet. » Ils engagèrent alors Abdallah ibn Arqad (2) – Ibn Hichâm rapporta qu’on l’appelait aussi Abdallah ibn al-Ourayqit – un homme de Banû ad-Du’ail ibn Bakr, dont la mère appartenait à Banû Sahm ibn ‘Amr. Il était alors polythéiste, mais connaissait la route. Ils lui confièrent leurs deux montures, qu’il garda pour eux et fit paître jusqu’au jour convenu.

Ibn Ishâq (3) rapporte que, selon ses informations, personne ne fut informé du départ du Messager de Dieu (ﷺ) lorsqu’il sortit, si ce n’est ‘Alî ibn Abî Tâlib, Abou Bakr as-Siddîq et la famille d’Abou Bakr. Quant à ‘Alî, c’est le Messager de Dieu (ﷺ) qui lui demanda de rester pour rendre, au nom du Prophète (ﷺ), les dépôts que l’on avait déposés chez lui. En effet, nul à la Mecque ne craignait pour ses biens sans les confier au Prophète (ﷺ), tant était grande sa sincérité et sa fidélité.

Ibn Ishâq (3) poursuit : « Quand le Messager de Dieu (ﷺ) se décida à partir, il vint trouver Abou Bakr ibn Abî Qohâfa, et ils quittèrent la maison en passant par une petite ouverture (khawkha) située à l’arrière de la demeure d’Abou Bakr. »

Abou Nou‘aym (4) a rapporté, via la chaîne de transmission d’Ibrâhîm ibn Sa‘d, d’après Muhammad ibn Ishâq, qu’on lui avait transmis ce récit : « Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) quitta la Mecque pour émigrer vers Dieu, en direction de Médine, il s’écria : “Louange à Dieu qui m’a créé alors que je n’étais rien. Ô Dieu, aide-moi face aux épreuves de ce monde, aux coups du sort et aux malheurs des jours et des nuits. Ô Dieu, accompagne-moi dans mon voyage ; veille sur ma famille en mon absence ; bénis-moi dans ce que Tu m’as octroyé ; rends-moi humble devant Toi ; raffermis-moi dans mes bonnes mœurs ; inspire-moi l’amour de Toi, ô mon Seigneur, et ne me livre pas aux gens. Tu es le Maître des opprimés et Tu es mon Seigneur. Je me réfugie auprès de Ton Visage noble, par lequel se sont illuminés les cieux et la terre, par lequel les ténèbres se sont dissipées, et grâce auquel l’ordre des premiers et des derniers est établi, contre Ta colère qui s’abattrait sur moi et Ton courroux qui descendrait sur moi. Je me réfugie auprès de Toi contre la disparition de Ta grâce, l’arrivée soudaine de Ton châtiment, le bouleversement de Ta protection et toute forme de Ton mécontentement. C’est vers Toi que je me repens, autant que je le puis. Il n’y a de force ni de puissance qu’en Toi.” »

(1) Ainsi dans H, T, et dans la Sīra d’Ibn Hichām : « Et auprès d’Abū Bakr, il n’y a que moi et ma sœur Asmāʾ... » (2) Ainsi dans H, T. Ibn Ḥajar dit dans sa biographie dans al-Iṣāba : « ʿAbd Allāh ibn ‘Arīqaṭ, et l’on dit Arīqad avec un dāl à la place du ṭāʾ oublié, et c’est avec un qāf sous forme diminutive. » (3) Dans la Sīra d’Ibn Hichām (1/485) et al-Rawḍ (2/224). (4) Je ne l’ai pas trouvé dans Dalāʾil Abī Naʿīm. Je dis : le hadith est faible car il est rapporté par Ibn Isḥāq en narration indirecte, donc il est discontinu.
بالهاجرة، في ساعةٍ كان لا يأتي فيها. قالت: فلما رآهُ أبو بكر قال: ما جاء رسولُ اللَّه ﷺ في هذه الساعة إلا لأمر حدَث! قالت: فلما دخل تأخَّر له أبو بكر عن سريره، فجلس رسولُ اللَّه ﷺ وليس عند رسول اللَّه ﷺ (١) أحدٌ إلا أنا وأختي أسماء بنت أبي بكر، فقال رسولُ اللَّه ﷺ : "أخْرِجْ عني مَنْ عِنْدَك" قال: يا رسول اللَّه! إنما هما ابنتاي، وما ذاك فداك أبي وأمي؟ قال: "إن اللَّه قد أذِنَ لي في الخروج والهجرة" قالت: فقال أبو بكر: الصُّحْبَة يا رسولَ اللَّه؟ قال: "الصُّحبة" قالت: فواللَّه ما شعرتُ قطُ قبل ذلك اليوم أنَّ أحدًا يبكي من الفَرَح حتى رأيتُ أبا بكر يومئذٍ يبكي. ثم قال: يا نبى اللَّه، إنَّ هاتين راحلتين كنت أعددتهما لهذا، فاستأجَرَا عبد اللَّه بن أرقد (٢) - قال ابنُ هشام: ويقال عبد اللَّه بن الأُرَيْقط- رجلًا من بني الدُّئلِ بن بكر، وكانت أمُّه من بني سهم بن عمرو، وكان مشركًا يدلُّهما على الطريق ودفعا إليه راحلتيهما، فكانتا عنده يرعاهما لميعادهما. قال ابنُ إسحاق (٣) : ولم يعلم -فيما بلغني- بخروج رسولِ اللَّه ﷺ أحدٌ حين خرج إلا عليُّ بن أبي طالب وأبو بكر الصديق وآلُ أبي بكر؛ أمَّا عليّ فإنَّ رسولَ اللَّه ﷺ أمره أن يتخلَّف حتى يؤدِّي عن رسولِ اللَّه ﷺ الودائع التي كانت عنده للناس، وكان رسولُ اللَّه ﷺ وليس بمكة أحدٌ عنده شيءٌ يخشى عليه إلا وضعه عنده لما يعلم من صِدْقِه وأمانته. قال ابن إسحاق (٣) : فلما أجمع رسولُ اللَّه ﷺ الخروج أتى أبا بكر بن أبي قُحَافة فخرجا من خوخةٍ لأبي بكر في ظهر بيته. وقد روى أبو نُعيم (٤) من طريق إبراهيم بن سعد عن محمد بن إسحاق. قال: بلغني أنَّ رسولَ اللَّه ﷺ لما خرج من مكة مهاجرًا إلى اللَّه يريد المدينة قال: "الحمد للَّه الذي خلقني ولم أكُ شيئًا، اللهم أعنِّي على هول الدنيا، وبوائق الدهر، ومصائب الليالي والأيام، اللهم اصحبني في سفري، واخْلُفني في أهلي، وباركْ لي فيما رزقتني، ولك فذلِّلْني، وعلى صالح خُلقي فقوِّمْني، وإليك ربِّ فحبِّبْني، وإلى الناس فلا تكِلْني، ربَّ المستضعفين وأنت ربِّي، أعوذُ بوجهك الكريم الذي أشرقت له السماوات والأرض، وكُشفت به الظلمات، وصَلَح عليه أمْرُ الأولين والآخرين، أنْ تُحل عليَّ غَضَبَك، وتنزل بي سخطَك، أعوذ بك من زوالِ نعمتك، وفجأة نقمتِك، وتحوُّل عافيتك وجميعِ سخطك. لك العُتْبَى عندي خير ما استطعت، لا حول ولا قوة إلا بك" .
(١) كذا في ح، ط، وفي سيرة ابن هشام: وليس عند أبي بكر إلا أنا وأختي أسماء. . . (٢) كذا في ح، ط، وقال ابن حجر في ترجمته في الإصابة: عبد اللَّه بن أريقط، ويقال أريقد بالدال بدل الطاء المهملتين، وهو بقاف بصيغة التصغير اهـ. (٣) في سيرة ابن هشام (١/ ٤٨٥) والروض (٢/ ٢٢٤). (٤) لم أجده في دلائل أبي نعيم. أقول: الحديث ضعيف، لأنه عن ابن إسحاق بلاغًا، فهو منقطع.

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