Sans tarder, Dieu (qu’Il soit exalté) l’autorisa à émigrer vers la ville prophétique de Médine, là où se trouvaient les Ansârs et les bien-aimés. Elle devint alors pour lui une demeure stable, et ses habitants furent ses soutiens.
Aḥmad ibn Ḥanbal (1) et ʿUthmān ibn Abī Shayba (2) ont rapporté, d’après Jarīr, d’après Qābūs ibn Abī Ẓabyan (3), d’après son père, d’après Ibn ʿAbbās : « Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) se trouvait à La Mecque. Il reçut alors l’ordre de partir en émigration et il lui fut révélé : “Et dis : ‘Ô mon Seigneur ! Fais-moi entrer par une entrée de vérité et sors-moi par une sortie de vérité, et accorde-moi de Ta part un pouvoir qui me secoure’” [Al-Isrāʾ, 17:80]. »
Quant à Qatāda, il a dit au sujet de ce verset : « “Fais-moi entrer par une entrée de vérité” : la ville de Médine ; “et sors-moi par une sortie de vérité” : l’émigration depuis La Mecque ; “et accorde-moi de Ta part un pouvoir qui me secoure” : (c’est) le Livre de Dieu, ses prescriptions et ses limites. »
Ibn Isḥāq (4) rapporte : « Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) resta à La Mecque après le départ de ses Compagnons émigrés, attendant d’être autorisé à partir. Personne ne demeura alors avec lui à La Mecque, hormis ceux qui étaient retenus ou persécutés, à l’exception de ʿAlī ibn Abī Ṭālib et Abū Bakr ibn Abī Quḥāfa (que Dieu l’agrée). Abū Bakr demandait souvent la permission au Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) pour émigrer, mais le Prophète lui répondait : “Ne te hâte pas. Il se peut que Dieu t’accorde un compagnon.” Abū Bakr espérait ainsi être ce compagnon. »
« Lorsque les Quraysh virent que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) comptait désormais des partisans et des compagnons qui n’étaient pas d’eux ni dans leur cité, lorsqu’ils constatèrent que ses Compagnons partaient émigrer parmi ces gens, ils surent qu’ils s’étaient établis dans une contrée et y avaient trouvé une force. Ils craignirent alors que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) ne les rejoigne à son tour et comprirent qu’il était résolu à leur faire la guerre. Ils se réunirent donc pour en discuter dans Dār an-Nadwa – la maison de Quṣayy ibn Kilāb, où les Quraysh ne prenaient aucune décision sans s’y regrouper – afin de délibérer sur l’affaire du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), dont ils commençaient à redouter l’issue. »
Ibn Isḥāq (4) poursuit : « On m’a rapporté, de la part de personnes de confiance parmi nos compagnons, de ʿAbd Allāh ibn Abī Najīḥ, de Mujāhid ibn Jabr (5) et d’autres transmetteurs de confiance, de ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās, qu’au moment où ils s’étaient donné rendez-vous pour entrer dans Dār an-Nadwa et y tenir conseil au sujet du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), ils sortirent tôt le matin du jour prévu, un jour qu’on appelait “Yawm az-Zaḥma” [le jour de l’affluence]. C’est alors qu’Iblîs – qu’Allāh le maudisse – leur apparut sous l’aspect d’un vieillard vénérable, muni d’un manteau de laine épaisse (6). Il se posta à la porte de la maison et, quand ils l’aperçurent… »