Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et de même Sa parole (que la prière et la paix soient sur lui) : « La fièvre provient du souffle ardent de l’Enfer, alors rafraîchissez-la avec de l’eau » (1)(2). Et de même Sa parole : « Lorsque la chaleur devient intense, rafraîchissez(-vous) par la prière, car la chaleur ardente provient du souffle de l’Enfer » (3).

De même, en ce qui concerne ces fleuves, on observe que leurs sources jaillissent de la terre. Quant au Nil, c’est un fleuve qui n’a pas d’égal parmi ceux de ce monde en raison de sa légèreté, de sa limpidité et de l’éloignement de son cours, depuis son point de départ jusqu’à son embouchure. Son origine se trouve dans les montagnes al-Qumr, c’est-à-dire les montagnes « blanches ». Certains les nomment « montagnes al-Qamar » (4), par analogie avec l’astre lunaire, et elles se situent à l’ouest, au-delà de la ligne de l’équateur, du côté sud.

On dit de ces montagnes qu’elles sont de couleur rouge, qu’entre elles surgissent des sources, puis dix affluents distants les uns des autres y convergent. Chaque groupe de cinq de ces affluents se réunit ensuite dans un lac, d’où sortent six rivières qui, à leur tour, se rejoignent dans un autre lac. De ce dernier naît alors un seul fleuve, le Nil, qui traverse d’abord les terres du Soudan en Abyssinie, puis la Nubie dont la plus grande ville est Dumqula, avant de passer par Assouan et de parvenir ensuite au pays d’Égypte.

De plus, il peut lui parvenir, depuis les terres d’Abyssinie, l’excédent de leurs pluies ainsi que la terre qu’il charrie (5). L’Égypte a besoin de ces deux apports à la fois, car sa pluviométrie est faible et ne suffit pas à arroser ses cultures et ses arbres ; de plus, son sol est sablonneux et n’offre aucune production tant que le Nil n’y déverse pas l’abondance de ses eaux et de son limon, permettant ainsi aux plantations de pousser. Elle est, parmi les contrées, la plus à même d’illustrer la Parole de Dieu (Puissance et Majesté à Lui) : « N’ont-ils pas vu que Nous guidons l’eau vers une terre aride afin d’en faire pousser un champ dont se nourrissent leurs bestiaux et eux-mêmes ? Ne voient-ils donc pas ? » (As-Sajda, v. 27).

Ensuite le Nil dépasse l’Égypte sur une courte distance et se scinde en deux branches au niveau d’un village sur sa rive, appelé Shattanuf (6). Le bras occidental passe par Rosette et se jette dans la mer salée. Quant au bras oriental, il se sépare à son tour en deux près de Jawjar. Le bras occidental de ces deux embranchements longe Damiette par l’ouest et se jette dans la mer ; le bras oriental traverse Ashmûn Tannâh (7) et se déverse dans un lac à l’est de Damiette, appelé lac Tinnis, ainsi que dans le lac de Damiette. C’est là une très grande distance entre le point d’origine du fleuve et son embouchure, d’où provient la finesse de son eau.

Ibn Sînâ a dit qu’il possède des particularités que ne possèdent pas les autres eaux de la terre, dont le fait d’être le plus éloigné de son cours d’origine.

(1) Il est mentionné dans certains ouvrages fondamentaux : « avec de l'eau froide », alors que le terme « froide » n'apparaît ni dans l'édition imprimée ni dans les différentes transmissions du hadith. (2) Rapporté par Al-Bukhārī dans son Ṣaḥīḥ (3262) au sujet du commencement de la création et dans le chapitre de la médecine (5726), par Muslim (2212) dans le chapitre de la médecine, par Al-Tirmidhī dans son Jāmi‘ (2073) également dans le chapitre de la médecine, et par Ibn Mājah dans ses Sunan (3472) en médecine, tous d’après Rāfi‘ ibn Khadīj avec la formulation « rafraîchissez-la avec de l'eau ». De même, dans les deux Ṣaḥīḥ, le hadith est rapporté d’Ibn ʿUmar (Al-Bukhārī 3264 et Muslim 2209), dans Al-Bukhārī (3261) de la part d’Ibn ʿAbbās, ainsi que (3263) d’Aïcha رضي الله عنها. (3) Rapporté par Aḥmad dans son Musnad (2/238 et 266), par Al-Bukhārī dans son Ṣaḥīḥ (533 et 534) au sujet des horaires de la prière, ainsi que par Muslim dans son Ṣaḥīḥ (615) (182 et 183) au sujet des mosquées. (4) Voir ce qui a été dit sur la dénomination des montagnes de la Lune dans l’ouvrage Ḥasan al-Muḥāḍara (2/349) de Al-Suyūṭī. (5) Dans l'édition B : وَاجْتِرَاف (et non autre). (6) Voir ce qu’a dit Yāqūt à propos de ce village dans son Mu‘jam al-Buldān (3/344). (7) Dans Mu‘jam al-Buldān (1/200) : Ushmūm.
وكذا قوله ﷺ : "الحمَّى من فَيْحِ جهنَّم فأبردُوها بالماء (١) " (٢) وكذا قوله: "إذا اشتدَّ الحَرُّ فأبردُوا بالصَّلاة، فإن شدة الحرِّ من فيْحِ جهنَّم" (٣) . وهكذا هذه الأنهار أصلُ منابعها مُشاهدٌ من الأرض. أما النيل، وهو النهر الذي ليس في أنهار الدنيا له نظير في خفته ولطافته وبُعد مسراه فيما بين مبتداه إلى منتهاه، فمبتداه من الجبال القُمْر، أي: البيض، ومنهم من يقول: جبال القَمَر (٤) ، بالإضافة إلى الكوكب، وهي في غربيّ الأرض وراءَ خط الاستواء إلى الجانب الجنوبي. ويُقال: إنَّها حُمْر يَنبعُ من بينها عيون، ثم يجتمعُ من عشر مَسِيلاتٍ متباعدة، ثم يجتمعُ كلُّ خمسة منها في بحرةٍ، ثم يخرجُ منها أنهارٌ ستة، ثم تجتمع كلها في بحيرة أخرى، ثم يخرج منها نهر واحد هو النيل، فيمرُّ على بلاد السُّودان بالحبشة، ثم على النوبة ومدينتها العُظمى دُمْقُلة، ثم على أسوان، ثم يفد على ديار مصر. وقد يحمل إليها من بلاد الحبشة زياداتِ أمطارها، وما اجترفَ (٥) من ترابها وهي محتاجة إليهما معًا، إن مطرَها قليلٌ لا يكفي زروعَها وأشجارَها، وتربتُها رمالٌ لا تُنبتُ شيئًا حتى يجيءَ النيل بزيادته وطينه، فينبتُ فيه ما يحتاجون إليه، وهي من أحق الأراضي بدخولها في قوله (سبحانه وتعالى) : ﴿أَوَلَمْ يَرَوْا أَنَّا نَسُوقُ الْمَاءَ إِلَى الْأَرْضِ الْجُرُزِ فَنُخْرِجُ بِهِ زَرْعًا تَأْكُلُ مِنْهُ أَنْعَامُهُمْ وَأَنْفُسُهُمْ أَفَلَا يُبْصِرُونَ﴾ [السجدة: ٢٧] ثم يجاوزُ النيلُ مصرَ قليلًا، فيفترقُ شطرين عند قرية على شاطئه، يقال لها: شَطَّنُوف (٦) ، فيمرُّ الغربيّ منه على رشيد ويصبُّ في البحر المالح. وأما الشرقيُّ فيفترقُ أيضًا عند جَوْجرَ فرقتين، تمرُّ الغربيّةُ منهما على دِمياط من غربيِّها، ويصبُّ في البحر، والشرقية منهما تمرُّ على أشْمُون (٧) طَنَّاح، فيصبُّ هناك في بحيرة شرقي دِمْياط، يُقال لها: بحيرة تِنِّيْس، وبحيرة دمياط. وهذا بُعد عظيم فيما بين مبتداه إلى منتهاه، ولهذا كان ألطف المياه. قال ابن سينا: له خصوصيات دون سائر مياه الأرض، فمنها: أنه أبعدها مسافة من مجراه
(١) وقع في بعض الأصول: "بالماء البارد"، وليست في المطبوع ولا في روايات الحديث كلمة (البارد). (٢) رواه البخاري في صحيحه (٣٢٦٢) في بدء الخلق وفي الطب (٥٧٢٦)، ومسلم (٢٢١٢) في الطب، والترمذي في جامعه (٢٠٧٣) في الطب، وابن ماجه في سننه (٣٤٧٢) في الطب، كلُّهم عن رافع بن خديج بلفظ "فأبردوها بالماء". وهو في الصحيحين أيضًا من حديث ابن عمر (البخاري ٣٢٦٤ ومسلم ٢٢٠٩)، وهو في البخاري (٣٢٦١) من حديث ابن عباس، و (٣٢٦٣) من حديث عائشة (رضي الله عنها) . (٣) رواه أحمد في المسند (٢/ ٢٣٨ و ٢٦٦) والبخاري في صحيحه (٥٣٣ و ٥٣٤) في مواقيت الصلاة، ومسلم في صحيحه (٦١٥) (١٨٢ و ١٨٣) في المساجد. (٤) انظر ما قيل في تسمية جبال القمر حسن المحاضرة (٢/ ٣٤٩)؛ للسيوطي. (٥) في ب: واجتراف من. (٦) انظر ما قاله ياقوت عن هذه القرية في معجم البلدان (٣/ ٣٤٤). (٧) في معجم البلدان (١/ ٢٠٠): أُشْموم.

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