S‘ad ibn Layth s’installèrent alors chez Rifâ‘a ibn ‘Abd al-Mundhir ibn Zanbar (1), parmi Banû ‘Amr ibn ‘Awf à Qubâ’.
Ibn Isḥâq (2) rapporte : « Puis les Muhâjirûn (émigrés) (– qu'Allah soit satisfait d'elle –) arrivèrent successivement. Ainsi, Ṭalḥa ibn ‘Ubayd Allâh et Ṣuhayb ibn Sinân s’installèrent chez Khubayb ibn Isâf, frère de Balḥârith ibn al-Khazraj, à al-Sunḥ (3). D’aucuns disent cependant que Ṭalḥa séjourna plutôt chez As‘ad ibn Zurâra. »
Ibn Hishâm (4) mentionne avoir entendu Abû ‘Uthmân an-Nahdî dire : « Il m’est parvenu que, lorsque Ṣuhayb voulut émigrer, les polythéistes de Quraysh lui déclarèrent : “Tu es arrivé chez nous misérable et démuni. Tes biens se sont multipliés parmi nous et tu as atteint ce que tu as atteint. Maintenant, tu voudrais partir avec ton argent et ta personne ? Par Dieu, cela n’arrivera pas !” »
Ṣuhayb leur répondit : « Que diriez-vous si je vous donnais mes biens ? Me laisseriez-vous alors la voie libre ? » Ils dirent : « Oui. » Il répondit : « Je vous donne donc mes biens. » La nouvelle parvint au Messager de Dieu (ﷺ), qui s’exclama : « Ṣuhayb a gagné ! Ṣuhayb a gagné ! »
De plus, al-Ḥâfiẓ al-Bayhaqî (5) relate ceci : « Al-Ḥâfiẓ Abû ‘Abd Allâh – par transmission orale – nous apprit qu’Abû al-‘Abbâs Ismâ‘îl ibn ‘Abd Allâh ibn Muḥammad ibn Mîkâl nous informa, de même qu’Abdân al-Ahwâzî nous transmit, que Zayd ibn al-Ḥarîsh (6) nous rapporta, tenant lui-même cela de Ya‘qûb ibn Muḥammad az-Zuhrî (7), d’après Ḥuṣayn ibn Ḥudhayfa ibn Ṣayfî ibn Ṣuhayb, qui déclara : “Mon père et mes oncles m’ont rapporté, selon Sa‘îd ibn al-Musayyib, d’après Ṣuhayb, ce qui suit.” »
Il raconta : « Le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : “Il m’a été montré la contrée de votre émigration : un lieu sablonneux, entre deux terrains volcaniques. Ou bien il s’agit de Hajar ou bien de Yathrib.” »
Puis Ṣuhayb poursuit : « Le Messager de Dieu (ﷺ) partit alors pour Médine en compagnie d’Abû Bakr. J’avais moi aussi l’intention de l’accompagner, mais des jeunes de Quraysh m’en empêchèrent. Cette nuit-là, je marchais sans cesse, sans m’asseoir, et ils se dirent : “Dieu l’a détourné de vous par un mal de ventre” – alors que je n’étais pas souffrant – et ils s’endormirent.
Je sortis, et après avoir déjà parcouru une distance d’environ un barîd (8), quelques-uns d’entre eux me rattrapèrent pour me ramener. Je leur dis : “Que diriez-vous si je vous donnais plusieurs onces (9) d’or, à condition que vous me laissiez partir et teniez votre engagement ?” Ils acceptèrent. Je revins alors avec eux à La Mecque et leur dis : “Creusez sous le seuil de la porte, vous y trouverez des onces (9). Allez ensuite chez untelle et prenez-y deux habits d’apparat.” Je m’en allai ensuite jusqu’à ce que j’atteigne le Messager de Dieu (ﷺ) à Qubâ’, avant qu’il ne s’en soit éloigné.
Lorsqu’il me vit, il me dit : “Ô Abû Yaḥyâ, quelle belle transaction !” – il le répéta trois fois. Je lui répondis : “Ô Messager de Dieu, personne ne m’a précédé auprès de toi. Et c’est seulement Jibrîl (– paix sur lui –) qui t’en a informé.” »
Ibn Isḥâq (11) affirme encore : « Ḥamza ibn ‘Abd al-Muṭṭalib, Zayd ibn Ḥâritha et Abû Marthad Kannâz ibn… (le texte se poursuit). »