Ils ont transgressé et espéré un mensonge ; Satan les a écartés de la vérité, si bien qu’ils furent déçus et qu’ils ont déçu d’autres.
Nous nous sommes tournés avec révérence vers la parole du Prophète Muhammad. Ainsi, les garants de la vérité parmi nous sont devenus bons et purifiés.
Nous sommes liés à eux par une parenté proche, mais il n’y a pas de vraie proximité tant que la parenté ne rapproche pas réellement.
Quel fils de sœur, après nous, pourra encore se sentir en sécurité auprès de vous ? Et quelle parente par alliance, après mon alliance, osera encore vous espérer ?
Un jour, vous saurez lequel d’entre nous—lorsqu’ils se sépareront et que l’affaire des gens sera départagée au profit de la vérité—est le plus droit.
Rapporte Ibn Isḥāq (1) : Ensuite, ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb et ʿAyyâsh ibn Abî Rabîʿah partirent jusqu’à leur arrivée à Médine. Nâfiʿ m’a raconté d’après ʿAbd Allâh ibn ʿUmar, d’après son père :
« Nous nous étions donné rendez-vous, lorsque je voulus émigrer à Médine, moi, ʿAyyâsh ibn Abî Rabîʿah et Hishâm ibn al-ʿÂṣ, aux Tanâḍub près de l’étang des Banû Ghifâr, au-dessus de Sarif (2). Nous avions convenu que celui qui ne se présenterait pas au matin là-bas aurait donc été empêché, et que ses compagnons devraient alors poursuivre leur route.
Le matin, je fus présent aux Tanâḍub (3) avec ʿAyyâsh, mais Hishâm fut retenu et soumis à la tentation, puis il succomba. Nous nous rendîmes ensuite à Médine et nous descendîmes chez les Banû ʿAmr ibn ʿAwf, à Qubâ.
C’est alors qu’Abû Jahl ibn Hishâm et al-Ḥârith ibn Hishâm sortirent pour rejoindre ʿAyyâsh—ils étaient son cousin et son frère utérin—et se rendirent à Médine alors que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) se trouvait encore à La Mecque. Ils s’adressèrent à lui en disant : “Ta mère a fait le vœu de ne pas coiffer ses cheveux tant qu’elle ne t’aura pas revu, et de ne pas se mettre à l’ombre tant qu’elle ne t’aura pas aperçu.” Alors ʿAyyâsh eut pitié d’elle.
Je lui dis : “Par Dieu, ils ne veulent que te détourner de ta religion ; prends garde à eux. Par Dieu, si ta mère souffre vraiment des poux, tôt ou tard elle se peignera. Et si la chaleur de La Mecque la fait souffrir, elle finira par chercher l’ombre.”
Il me répondit qu’il voulait tout de même s’acquitter du serment de sa mère et reprendre son bien là-bas. Je lui dis : “Par Dieu, tu sais que je suis l’un des Qurayshites les plus fortunés. Je te donne la moitié de ma fortune, mais ne pars pas avec eux.” Il refusa cependant et voulut absolument partir.
Je lui dis alors : “Puisque tu persistes, prends donc cette chamelle à moi : c’est une bête rapide et docile. Reste fermement sur son dos et, si tu ressens quoi que ce soit de suspect de leur part, fuis aussitôt.”
Il prit donc la chamelle et partit avec eux. Or, en cours de route, Abû Jahl lui dit : “Ô mon frère, par Dieu, mon dromadaire est devenu trop dur à manier, ne voudrais-tu pas me permettre de l’échanger un instant contre ta monture ?” ʿAyyâsh accepta. Alors, lorsque tous trois mirent pied à terre et se trouvèrent au sol, Abû Jahl et al-Ḥârith se jetèrent sur lui et l’attachèrent solidement. Ils le ramenèrent ainsi à La Mecque et le détournèrent de la foi, si bien qu’il succomba à la tentation.
Nous avions coutume de dire : “Dieu n’accepte pas le repentir de celui qui a subi la tentation et y a cédé.” Nous l’estimions ainsi pour nous-mêmes, jusqu’à ce que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) parvînt à Médine et que Dieu révélât :
« Dis : “Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment ! Ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. C’est Lui vraiment le Pardonneur, le Très Miséricordieux. (53) Revenez à votre Seigneur et soumettez-vous à Lui avant que ne vous vienne le châtiment, puis vous ne serez point secourus. (54) Et suivez la meilleure [révélation] qui vous est descendue de la part de votre Seigneur, avant que le châtiment ne vienne sur vous soudain, sans que vous ne le pressentiez. (55)” » [Az-Zumar : 53-55].
ʿUmar dit : “J’écrivis ces versets de ma propre main et les envoyai à Hishâm ibn al-ʿÂṣ.”
Hishâm dit : “Lorsqu’ils me parvinrent, je me mis à les lire à Dhi… »
(1) Ibn Isḥâq, l’auteur du plus ancien récit complet de la vie du Prophète.
(2) Sarif : un lieu proche de La Mecque.
(3) Tanâḍub : désigne un endroit à proximité d’un point d’eau, ici l’étang des Banû Ghifâr.