‘Uthmân ibn Talha ibn Abî Talha al-‘Abdarî se convertit après (le traité de) al-Hudaybiyya, puis il émigra avec Khâlid ibn al-Walîd. Son père et ses frères – al-Hârith, Kilâb et Musâfi‘ –, ainsi que son oncle ‘Uthmân ibn Abî Talha, trouvèrent la mort le jour de Uhud. Lorsque la Mecque fut conquise, le Messager de Dieu (que Dieu le couvre de bénédictions et de paix) remit à ‘Uthmân ibn Talha et au père de son cousin, Shayba, l’ancêtre des Banû Shayba, les clés de la Ka‘ba. Il confirma leur possession de ces clés sous l’islam tout comme cela était déjà le cas à l’époque antéislamique. A ce propos, Dieu révéla le verset : « En vérité, Dieu vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants droit » (Coran 4, 58).
Ibn Is h âq (1) rapporte que, parmi les premiers émigrants à gagner Médine après Abû Salama, se trouva ‘Âmir ibn Rabî‘a, allié des Banû ‘Adî, accompagné de son épouse Laylâ bint Abî H athma al-‘Adawiyya. Vint ensuite ‘Abd Allâh ibn Jahsh ibn Ri’âb ibn Ya‘mar ibn S abra ibn Murra ibn Kabîr (2) ibn Ghanm ibn Dûdân ibn Asad ibn Khuzayma, allié des Banû Umayya ibn ‘Abd Shams. Il partit avec sa famille et son frère, ‘Abd Abî Ahmad (3).
Abû Ahmad, aveugle de naissance, arpentait la Mecque de haut en bas sans guide. Il était poète et avait pour épouse Fâri‘a bint Abî Sufyân ibn H arb. Sa mère était Umayma bint ‘Abd al-Mut t alib ibn H âshim. Après l’émigration, la demeure des Banû Jahsh fut abandonnée. Un jour, ‘Utba ibn Rabî‘a, al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Mut t alib et Abû Jahl ibn Hishâm passèrent près de cette maison alors qu’ils remontaient vers le haut de la Mecque. ‘Utba vit les portes battre au vent, plongées dans la solitude, et lâcha un profond soupir en récitant :
« Toute demeure, si longue que soit sa sécurité,
Finit un jour par être frappée par le malheur et l’épreuve. » (4)
Ibn Hishâm note qu’il s’agit d’un vers d’Abû Duwâd al-Iyâdî dans une de ses odes – [al-Suhaylî (5) précise que le nom d’Abû Duwâd était H anzala ibn Sharqî, ou Jâriya] (6) (7). Puis ‘Utba ajouta : « La demeure des Banû Jahsh est désormais vide de ses habitants. » Alors Abû Jahl lui rétorqua : « Et qu’as-tu à regretter ce qu’il en reste ? » (8) L’un d’eux – c’est-à-dire al-‘Abbâs – déclara : « Voilà l’œuvre de ton neveu, il a dispersé notre assemblée, fracturé notre pouvoir et rompu nos liens. »