Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La terre se compose de lacs issus des rivières et d’autres crues, que l’on appelle les marais (1).

Ils ont mentionné les grands fleuves célèbres que renferme la terre, en indiquant leur source et leur embouchure. Nous ne sommes pas ici pour en exposer tous les détails, mais plutôt pour traiter des fleuves évoqués dans le hadith.

Dieu – Exalté soit-Il – a dit : « C’est Dieu qui a créé les cieux et la terre, qui a fait descendre l’eau du ciel et, par elle, a fait sortir pour vous des fruits comme subsistance. Il vous a assujetti les vaisseaux, afin qu’ils voguent en mer par Son ordre, et Il vous a assujetti les rivières (32). Il vous a assujetti le soleil et la lune, constants dans leur course, et Il vous a assujetti la nuit et le jour (33). Il vous a accordé de toute chose que vous Lui avez demandée. Et si vous comptez les bienfaits de Dieu, vous ne sauriez les dénombrer. Vraiment, l’homme est très injuste et très ingrat » (Ibrâhîm, 32-34).

Dans les deux Ṣaḥîḥ (2), selon la chaîne transmise par Qatâda, d’après Anas ibn Mâlik, d’après Mâlik ibn Ṣaʿṣaʿa, il est rapporté que le Messager de Dieu (ﷺ), lorsqu’il mentionna l’Arbre au terme ultime (Sidrat al-Muntahā), dit : « Du pied de cet Arbre jaillissent deux fleuves intérieurs et deux fleuves extérieurs. Quant aux deux fleuves intérieurs, ils sont au Paradis, et quant aux extérieurs, il s’agit du Nil et de l’Euphrate. »

Dans une version rapportée par al-Bukhârî (3), on trouve ce mot : « Leur source », c’est-à-dire leur substance ou leur forme, selon leurs caractéristiques et leurs traits. Or, dans ce monde, il n’y a rien de semblable à ce qui se trouve au Paradis hormis les noms.

Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim (4), d’après le ḥadith transmis par ʿUbayd Allâh ibn ʿUmar, d’après Khubayb ibn ʿAbd al-Raḥmân, d’après Ḥafṣ ibn ʿÂṣim, d’après Abû Hurayra, le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Sayḥân, Jayḥân, l’Euphrate et le Nil sont tous des fleuves du Paradis. »

L’imam Aḥmad (5) a rapporté : « Ibn Numayr et Yazîd nous ont rapporté que Muḥammad ibn ʿAmr, d’après Abû Salama, d’après Abû Hurayra, a dit : Le Messager de Dieu (ﷺ) a déclaré : “Quatre fleuves jaillissent du Paradis : l’Euphrate, le Nil, Sayḥân et Jayḥân.” » Cet isnâd est authentique selon les critères de Muslim.

Il semble – et Dieu est plus savant – que le sens est que ces fleuves ressemblent aux fleuves du Paradis par leur limpidité, leur douceur et leur cours, et qu’ils sont de la même catégorie pour ces qualités et d’autres du même genre. Cela rejoint un autre ḥadith rapporté par at-Tirmidhî et jugé authentique (6), via Saʿîd ibn ʿÂmir, d’après Muḥammad ibn ʿAmr, d’après Abû Salama, d’après Abû Hurayra, où le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « La ʿajwa (sorte de datte) provient du Paradis, et elle constitue un remède contre le poison (7). » Autrement dit, elle ressemble aux fruits du Paradis, car l’évidence contredit une interprétation littérale complète ; il faut donc comprendre qu’un autre sens est visé ici.

(1) Al-Baṭāʾiḥ : pluriel de baṭīḥa, et al-baṭīḥ : un large canal contenant du sable et du gravier fin. (2) Al-Bukhārī dans son Ṣaḥīḥ (3207) au sujet du début de la création, et Muslim dans son Ṣaḥīḥ (164) au sujet de la foi. C'est une partie du hadith al-Isrāʾ. (3) Dans B: le mot est celui d’al-Bukhārī. Cette expression à laquelle fait allusion l’auteur ne provient pas de la chaîne qu’il a mentionnée un peu plus tôt, mais de la chaîne de Sharīk ibn Abī Numayr par ʿAnas. Elle se trouve dans le chapitre du tawḥīd du Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī (7517). (4) (2839) dans la section sur le Paradis. (5) Dans al-Musnad (2/301 et 305). (6) Dans son al-Jāmiʿ (2066), et l’expression est rendue dans certaines éditions par « ḥasan gharīb ». (7) Dans B : al-Ḥirr, ce qui ne concorde pas avec les autres formulations du hadith.
الأرض من البُحيرات المجتمعة من الأنهار وغيرها من السيول، وهي البطائح (١) . وذكروا ما في الأرض من الأنهار المشهورة الكبار، وذكروا ابتداءَها وانتهاءَها، ولسنا بصدد بسط ذلك والتطويل فيه، وإنما نتكلَّم على ما يتعلَّق بالأنهار الوارد ذكرها في الحديث. وقد قال اللَّه تعالى: ﴿اللَّهُ الَّذِي خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ وَأَنْزَلَ مِنَ السَّمَاءِ مَاءً فَأَخْرَجَ بِهِ مِنَ الثَّمَرَاتِ رِزْقًا لَكُمْ وَسَخَّرَ لَكُمُ الْفُلْكَ لِتَجْرِيَ فِي الْبَحْرِ بِأَمْرِهِ وَسَخَّرَ لَكُمُ الْأَنْهَارَ (٣٢) وَسَخَّرَ لَكُمُ الشَّمْسَ وَالْقَمَرَ دَائِبَيْنِ وَسَخَّرَ لَكُمُ اللَّيْلَ وَالنَّهَارَ (٣٣) وَآتَاكُمْ مِنْ كُلِّ مَا سَأَلْتُمُوهُ وَإِنْ تَعُدُّوا نِعْمَتَ اللَّهِ لَا تُحْصُوهَا إِنَّ الْإِنْسَانَ لَظَلُومٌ كَفَّارٌ﴾ [إبراهيم: ٣٢ - ٣٤] . وفي الصحيحين (٢) : من طريق قتادة، عن أنس بن مالك، عن مالك بن صَعْصَعة، أن رسول اللَّه ﷺ لما ذكرَ سِدْرة المنتهى، قال: "فإذا يخرجُ من أصلها نهرانِ باطنان، ونهرانِ ظاهران. فأمَّا الباطنان ففي الجنَّة، وأما الظاهران فالنيلُ والفراتُ" . وفي لفظ في البخاري (٣) : "عنصرُهما" أي: مادَّتُهما، أو شكلُهما، وعلى صفتهما ونعتهما، وليس في الدنيا مما في الجنة إلا الأسماء. وفي صحيح مسلم (٤) : من حديث عُبيد اللَّه بن عمر، عن خُبيب بن عبد الرحمن، عن حَفْص بن عاصم، عن أبي هريرة: أن رسول اللَّه ﷺ قال: "سَيْحانُ وجَيْحان والفرات والنيل كلٌّ من أنهار الجنة" . وقال الإمام أحمد (٥) : حدَّثنا ابن نُميرٍ ويزيد، أنبأنا محمد بن عمرو، عن أبي سلمة، عن أبي هريرة، قال: قال رسول اللَّه ﷺ : "فُجِّرَتْ أربعةُ أنهارٍ من الجنة: الفراتُ، والنيلُ، وسَيْحان وجَيْحان" . وهذا إسناد صحيح على شرط مسلم. وكأن المراد واللَّه أعلم من هذا أن هذه الأنهار تُشبه أنهارَ الجنَّة في صَفائها وعُذوبتها وجَريانها، ومن جنس تلك في هذه الصفات ونحوها، كما قال في الحديث الآخر الذي رواه الترمذي وصحَّحه (٦) : من طريق سعيد بن عامر، عن محمد بن عمرو، عن أبي سلمة، عن أبي هريرة، أن رسول اللَّه ﷺ قال: "العَجْوةُ من الجَنَّة، وفيها شِفَاءٌ من السُّمِّ (٧) " أي: تُشبه ثَمرَ الجنَّة. فإن الحسنَ يشهدُ بخلاف ذلك، فتعيَّن أن المرادَ غيره.
(١) البطائح: جمع بَطيحة والبَطيح: مسيل واسع فيه رمل ودُقاق الحصى. (٢) البخاري في صحيحه (٣٢٠٧) في بدء الخلق، ومسلم في صحيحه (١٦٤) في الإيمان. وهو بعض حديث الإسراء. (٣) في ب: ولفظ البخاري. وهذا اللفظ الذي أشار إليه المصنف ليس من الطريق الذي ذكره قبل قليل، بل هو من طريق شريك بن أبي نمر عن أنس وهو في التوحيد من صحيح البخاري (٧٥١٧). (٤) (٢٨٣٩) في الجنة. (٥) في المسند (٢/ ٣٠١ و ٣٠٥). (٦) في جامعه (٢٠٦٦)، ووقع في بعض الطبعات "حسن غريب". (٧) في ب: الحر، ولا يستقيم مع سائر ألفاظ الحديث.

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