Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Kaʿb rapporta alors ce propos et leur déclara : « Cette affaire est grave. Jamais mon peuple ne se serait dispersé pour une telle chose, et je ne savais pas qu’elle se fût produite. » Puis il dit : « Ils s’en retournèrent loin de lui. » Les gens quittèrent Mina, et le groupe rechercha la nouvelle avec précaution ; ils découvrirent que ce qui avait été dit était véridique. Ils partirent donc à la poursuite de leurs adversaires et rattrapèrent Saʿd ibn ʿUbāda à Adhakhir ainsi qu’al-Mundhir ibn ʿAmr, le frère des Banû Sâʿida issus de Kaʿb ibn al-Khazraj ; tous deux étaient naqîbs (des représentants). Quant à al-Mundhir, il parvint à leur échapper, mais Saʿd ibn ʿUbāda fut capturé : ils lui attachèrent les mains au cou avec la courroie de sa monture, puis l’emmenèrent jusqu’à La Mecque, en le frappant et le tirant par sa chevelure – car il portait de longs cheveux.

Saʿd raconta : « Par Dieu, j’étais à leur merci lorsqu’un groupe de Quraysh arriva ; parmi eux se trouvait un homme rayonnant, au teint clair, coiffé d’une épaisse chevelure, et d’aspect plaisant. Je pensai alors : “S’il y a un homme bon parmi eux, ce doit être lui.” Mais à peine s’approcha-t-il de moi qu’il leva la main et me frappa d’un coup violent. Je me dis alors : “Non, par Dieu ! Il n’y a plus rien de bon chez eux après cela.” Par Dieu, ils continuaient à me traîner lorsqu’un homme parmi eux vint vers moi pour m’aider. Il dit : “Malheur à toi ! N’as-tu ni alliance ni pacte de protection avec quelqu’un de Quraysh ?” Je répondis : “Si, par Dieu ! J’assurais la protection (ijârah) des marchands de Jubayr ibn Muṭʿim et je les défendais contre quiconque tentait de leur faire du tort dans mon pays, et de même pour al-Ḥârith ibn Ḥarb ibn Umayya ibn ʿAbd Shams.” Il me dit alors : “Malheur à toi ! Fais appel à ces deux hommes et rappelle ce qui vous lie.” Je le fis. Cet homme sortit donc les trouver à la Mosquée, près de la Kaʿba, et leur dit : “Un homme des Khazraj est en ce moment même frappé à al-Abṭaḥ et vous appelle.” Ils demandèrent : “Qui est-ce ?” Il répondit : “C’est Saʿd ibn ʿUbâda.” Ils dirent : “C’est vrai, par Dieu. Il protégeait en effet nos marchands et les empêchait d’être lésés dans son pays.” Ils se rendirent alors sur place et l’arrachèrent à ses agresseurs. Puis il partit. Celui qui avait frappé Saʿd se nommait Suhayl ibn ʿAmr. » Ibn Hishâm ajouta : « Celui qui lui vint en aide était Abû al-Bakhtârî ibn Hishâm. »

Al-Bayhaqî rapporte dans sa chaîne de transmission, d’après ʿAbd al-Majîd ibn Abî ʿAbs ibn Jabr, qui le tenait de son père : « Quraysh entendit quelqu’un dire… »

(1) Tel est le cas dans la hâr, la tâ’, ainsi que dans la Sîra d’Ibn Hichâm et al-Rawd : « Qu’ils ne me surpassent pas de la sorte », expression qui provient de leur usage : « Untel a surpassé untel en telle chose », complété par l’expression : « Il a été dépassé » lorsqu’il adopte un avis solitaire inférieur dans sa gestion. Al-Nihâya d’Ibn al-ʿAthîr (3/477, « Fawt »). (2) C’est-à-dire qu’ils ont beaucoup recherché à ce sujet ; et al-Tanattus désigne un examen minutieux. Al-Rawd (2/204). (3) Il est indiqué dans Muʿjam al-Buldân (1/127) : Ibn Isḥâq a dit : Lorsque le Messager de Dieu ﷺ est arrivé à La Mecque l’année de la conquête, il entra depuis les hauts-fonds et s’installa au sommet de La Mecque, où une coupole fut érigée. Fin du passage. (4) « An-Nisʿ » : un sentier tissé large, en forme de lanières de sandales, utilisé pour attacher les bagages. La partie s’appelle « nisʿa ». Il est nommé ainsi à cause de sa longueur. Al-Qâmûs (nisʿ). (5) « Ash-Shaʿshaʿ » : le grand et beau. Al-Qâmûs (shaʿshaʿ). (6) « Awa lahu » : il s’est apaisé pour lui. Al-Qâmûs (awâ). (7) Dans ad-Dalâʾil (2/428). (8) Dans la hâr, la tâ’ : de ʿĪsâ ibn Abî ʿĪsâ ibn Jubayr. C’est une altération, et dans Dalâʾil al-Bayhaqî : Hichâm ibn Muhammad ibn as-Sâ’ib al-Kalbî nous a raconté : Abd al-Ḥamîd ibn Abî ʿĪsâ ibn Khayr—c’est ainsi qu’il a dit—, qui est Abd al-Ḥamîd ibn Abî ʿAbs ibn Muhammad ibn Khayr, de son père, il a dit... et là aussi il y a de nombreuses altérations. La version correcte, si Dieu le veut, est celle que j’ai établie à partir de Târîkh al-Bukhârî (6/111), al-Jarh wa at-Taʿdîl (6/64), al-Ikmâl (6/89) sous la graphie « ʿAbs », ainsi que Mîzân al-Iʿtidâl (2/651) et Lisân al-Mîzân (4/55). Il semble que l’altération ait commencé chez al-Kalbî ou chez ceux qui ont transmis de lui, c’est pourquoi al-Bayhaqî a commenté avec la formule « Il en a été ainsi », puis a corrigé.
ما ذكر كعب من القول فقال لهم: إنَّ هذا الأمر جَسيم ما كان قومي ليتفرقوا (١) على مثل هذا وما علمتُه كان. قال: فانصرفوا عنه. قال: ونفر الناسُ من مِنى فتنطَّسَ القومُ الخبر (٢) ، فوجدوه قد كان، فخرجوا في طلب القوم، فأدركوا سعد بن عبادة بأذَاخِر (٣) ، والمنذرَ بن عمرو أخا بني ساعدة بن كعب بن الخَزْرَج، وكلاهما كان نقيبًا. فأمَّا المنذر فأعجزَ القومَ، وأما سعد بن عبادة فأخذوه فربَطُوا يديه إلى عُنقه بنِسْع رَحْله (٤) ، ثم أقبلوا به حتى أدخلوه مكَّة يضربونه ويجذبونه بجُمَّتِه -وكان ذا شعرٍ كثير- قال سعد: فواللَّه إني لفي أيديهم إذ طلع على نفرٌ من قريش فيهم رجلٌ وضِيءٌ أبيض، شَعْشَاع (٥) ، حلْوٌ من الرجال، فقلت في نفسي: إن يكُ عند أحدٍ من القوم خيرٌ فعند هذا. فلما دنا مني رفع يدَه فلكمني لكمةً شديدة، فقلتُ في نفسي: لا واللَّه ما عندهم بعد هذا من خير، قال: فواللَّه إني لفي أيديهم يسحبونني إذْ أوَى لي (٦) رجلٌ ممن معهم، قال: ويحك، أما بينك وبين أحدٍ من قريش جِوَارٌ ولا عَهْد؟ قال: قلتُ بلى واللَّه، لقد كنتُ أُجِيرُ لجبيرِ بن مُطْعِم تجَّاره، وأمنعهم ممن أراد ظلمهم ببلادي. وللحارث بن حَرْب بن أمية بن عبد شمس. فقال: ويحك، فاهتِفْ باسم الرجلَيْن، واذكر ما بينك وبينهما، قال: ففعلت، وخرج ذلك الرجل إليهما فوجدهما في المسجد عند الكعبة فقال لهما: إنَّ رجلًا من الخزرج الآن يضربُ بالأبْطَح ليهتف بكما. قالا: ومن هو؟ قال: سعد بن عبادة. قالا: صدق واللَّه إنْ كان ليجير لنا تجَّارنا ويمنعهم أن يُظلموا ببلده؛ قال فجاءا فخلَّصا سعدًا من أيديهم، فانطلق. وكان الذي لَكَم سعدًا سُهيل بن عمرو. قال ابن هشام: وكان الذي أوى له أبو البَخْتَري بن هشام. وروى البيهقي (٧) بسنده عن عبد المجيد بن أبي عَبْس بن جَبْر (٨) عن أبيه قال: سمعتْ قريشٌ قائلًا
(١) كذا في ح، ط، وفي سيرة ابن هشام والروض: ليتفوَّتوا عليَّ بمثل هذا، وهو من قولهم: تفوَّت فلانٌ على فلان في كذا، وافتات عليه: إذا انفرد برأيه دونه في التصرف فيه. النهاية لابن الأثير (٣/ ٤٧٧/ فوت). (٢) أي أكثروا البحث عنه؛ والتنطُّس: تدقيق النظر. الروض (٢/ ٢٠٤). (٣) جاء في معجم البلدان (١/ ١٢٧): قال ابن إسحاق: لما وصل رسول اللَّه ﷺ مكة عام الفتح دخل من أذاخر حتى نزل بأعلى مكة وضربت هناك قبته اهـ. (٤) "النِّسْع": سَيْرٌ يُنسج عريضًا على هيئة أعِنَّه النعال تُشَدُّ به الرحال، والقطعة منه نِسْعة، وسمي نسعًا لطوله. القاموس (نسع). (٥) "الشعشاع": الطويل الحسن. القاموس (شعشع). (٦) "أوى له": رقَّ له. القاموس (أوي). (٧) في الدلائل (٢/ ٤٢٨). (٨) في ح، ط: عن عيسى بن أبي عيسى بن جبير. وهو تحريف، وفي دلائل البيهقي: حدثنا هشام بن محمد بن السائب الكلبي قال: حدثنا عبد الحميد بن أبي عيسى بن خير -كذا قال- وهو عبد الحميد بن أبي عبس بن محمد بن خير عن أبيه قال. . . وفيه تحريف كثير أيضًا. والصواب إن شاء اللَّه هو ما أثبتُّه من تاريخ البخاري (٦/ ١١١) والجرح والتعديل (٦/ ٦٤) والإكمال (٦/ ٨٩) رسم "عَبْس" وميزان الاعتدال (٢/ ٦٥١) ولسان الميزان (٤/ ٥٥) ويبدو أن التحريف ابتدأ من الكلبي أو ممن رووا عنه، فلذلك علَّق البيهقي بقوله: كذا قال. ثم صحح =

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