Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Nusaybah bint Kaʿb, surnommée Umm ʿUmâra, faisait partie des femmes des Banû Mâzin b. an-Najjâr. Asmâʾ bint ʿAmr b. ʿAdî b. Nâbî, l’une des femmes des Banû Salima, est quant à elle la mère de Manîʿ. Ibn Isḥâq, selon le récit transmis par Yûnus b. Bukayr, a précisé leur identité et leur ascendance. On rapporte par ailleurs, dans certains ḥadiths, qu’ils étaient soixante-dix, en notant que les Arabes omettent souvent la kasra lorsqu’ils énoncent un nombre.

ʿUrwa b. az-Zubayr et Mûsâ b. ʿUqba (1) ont déclaré qu’ils étaient soixante-dix hommes et une seule femme. Ils ont ajouté que quarante d’entre eux étaient d’un âge avancé et trente étaient de jeunes hommes, précisant que les plus jeunes étaient Abû Masʿûd et Jâbir b. ʿAbd Allâh. Quant à l’affirmation de Muḥammad b. Isḥâq, selon laquelle ils étaient soixante-quinze, elle est jugée plus fiable (2).

Kʿab b. Mâlik (3) relate : « Nous nous sommes rassemblés dans la passe rocheuse et nous attendions le Messager de Dieu ﷺ. Il vint avec son oncle al-ʿAbbâs b. ʿAbd al-Muṭṭalib qui, ce jour-là, suivait encore la religion de son peuple, mais souhaitait néanmoins assister à l’engagement de son neveu et s’assurer de sa protection. Lorsqu’ils s’assirent, ce fut al-ʿAbbâs qui prit la parole le premier en disant : “Ô assemblée des Khazraj” – (il faut savoir que les Arabes désignaient ainsi l’ensemble des Anṣâr, qu’ils fussent Khazraj ou Aws) – “Muhammad est à nos côtés, comme vous le savez. Nous l’avons protégé contre les siens qui partagent notre propre vision à son sujet. Il vit donc parmi les siens dans la dignité et la sécurité. Or, il a choisi de se joindre à vous, de vous rallier. Si vous voyez que vous saurez tenir votre promesse et le défendre contre ses opposants, alors à vous d’en assumer la responsabilité. Mais si vous pensez que vous l’abandonnerez après l’avoir fait sortir de chez lui, laissez-le dès maintenant, car il est toujours en honneur et en sûreté parmi les siens dans sa propre cité.” »

Il poursuit : « Nous lui dîmes : “Nous avons entendu tes propos. Parle, ô Messager de Dieu, et réclame pour toi-même et pour ton Seigneur ce que tu souhaites.” »

Kaʿb b. Mâlik raconte : « Alors, le Messager de Dieu ﷺ nous parla, récita le Coran, appela à Dieu et nous incita à embrasser l’islam. Il dit : “Je vous demande de faire allégeance, sur la base que vous me protégiez comme vous protégez vos femmes et vos enfants.” »

Al-Barâʾ b. Maʿrûr prit alors sa main et dit : « Oui ! Par Celui qui t’a envoyé avec la vérité, nous te défendrons comme nous défendons nos propres familles (4). Passe donc avec nous ce pacte, ô Messager de Dieu. Nous sommes, par Dieu, fils de la guerre et gens d’armes (5) ; nous en avons hérité de père en fils. »

À ce moment, Abû al-Haytham b. at-Tayyihân interrompit la discussion entre Al-Barâʾ et le Messager de Dieu ﷺ et déclara : « Ô Messager de Dieu, nous avons encore des liens avec d’autres hommes, et nous allons les rompre – il parlait ici des Juifs. Si nous faisons cela puis que Dieu t’accorde la victoire, ne vas-tu pas ensuite nous quitter pour retourner auprès des tiens ? »

Le Prophète ﷺ sourit alors et répondit : « Au contraire : “Le sang pour le sang, la ruine pour la ruine.” »

(1) Leur récit se trouve dans les "Dalaʾil an-Nubuwwa" d'al-Bayhaqī (2/454). (2) Ce qui est entre crochets est une omission de l'éditeur. (3) Le hadith renvoie à la transmission d'Ibn Isḥāq dans la Sīra d'Ibn Hishām (1/441). (4) « ʾUzirnā » : c’est-à-dire « nos femmes et nos proches », c’est une métonymie par l’ʾizar (le pagne). Certains disent qu’il s’agit de « nous-mêmes », car on peut aussi nommer l’âme par l’ʾizar ; parmi cela, le hadith d’Omar où il écrit, depuis un camp, des vers dans une lettre contenant : « Que je transmette un message à Abū Ḥafṣ … Je donne pour toi le gage de mon frère de confiance, mon étendard. » C’est-à-dire « ma famille et moi-même ». Al-Nihāya d’Ibn al-ʿAṯīr (1/45). (5) « Al-Ḥalqah » : c’est-à-dire l’arme. Al-Nihāya d’Ibn al-ʿAṯīr (1/427).
نُسَيبة بنتُ كعب أمُّ عمارة، إحدى نساء بني مازن بن النجَّار، وأسماء ابنة عمرو بن عدي بن نابي، إحدى نساء بني سَلِمة، وهي أمُّ مَنيع. وقد صرَّح ابنُ إسحاق في روايةِ يونس بن بُكير عنه بأسمائهم وأنسابهم، وما ورد في بعض الأحاديث أنهما كانوا سبعين، فالعرب كثيرًا ما تحذف الكسر. وقال عروة بن الزبير وموسى بن عقبة (١) : كانوا سبعين رجلًا، وامرأة واحدة. قال: منهم أربعون من ذوي أسنانهم، وثلاثون من شبابهم. قال: وأصغرهم أبو مسعود، وجابر بن عبد الله. [وقول محمد بن إسحاق: إنهم خمسة وسبعون أثبت] (٢) . قال كعب بن مالك (٣) : فاجتمعنا في الشِّعب ننتظرُ رسولَ الله ﷺ حتى جاءنا ومعه العباس بن عبد المطلب وهو يومئذ على دينِ قومه، إلا أنه أحبَّ أن يحضُرَ أمرَ ابنِ أخيه ويتوثق له، فلما جلس كان أوَّل متكلِّم العباسُ بن عبد المطلب فقال: يا معشر الخزرج - قال: وكانتِ العرب إنما يسمُّون هذا الحيَّ من الأنصار الخزرجَ خزرجَها وأَوْسَها -: إنَّ محمدًا منا حيث قد علمتم، وقد منعناه من قومنا ممن هو على مثل - رأينا فيه، فهو في عزٍّ من قومه، ومنَعة في بلده، وإنه قد أبَى إلا الانحيازَ إليكم واللحوقَ بكم، فإنْ كنتم ترَوْن أنكم وافُونَ له بما دعوتموه إليه ومانعوه ممن خالفه، فأنتم وما تحمَّلتم من ذلك؛ وإن كنتم ترَوْن أنكم مُسْلموه وخاذلوه بعد الخروج إليكم فمن الآن فدَعُوه، فإنه في عزٍّ ومنعَةٍ من قومه وبلده. قال: فقلنا له: قد سمعنا ما قلت، فتكلَّم يا رسول الله، فخذْ لنفسك ولربِّك ما أحببت. قال: فتكلَّم رسولُ الله ﷺ فتلا القرآن ودعا إلى الله ورغَّب في الإسلام. قال: "أبايعكم على أن تمنعوني مما تمنعونَ منه نساءكم وأبناءكم" قال: فأخذ البراءُ بن معرور بيده ثم قال: نعم. فوالذي بعثك بالحق لنمنعنَّك مما نمنعُ منه أُزُرَنا (٤) : فبايعنا يا رسولَ الله فنحن والله أبناء الحروب وأهل الحَلْقة (٥) ، ورثناها كابرًا عن كابر. قال: فاعترض القولَ والبراءُ يكلِّم رسولَ الله ﷺ أبو الهيثم بن التَّيِّهان فقال: يا رسول الله، إنَّ بيننا وبين الرجال حبالًا وإنَّا قاطعوها - يعني اليهود - فهل عسيتَ إن فعلنا ذلك ثم أظهرك الله أن ترجع إلى قومك وتدعنا؟ قال: فتبسَّم رسولُ الله ﷺ ثم قال: "بل الدَّمَ الدَّم، والهَدْمَ
(١) روايتهما في دلائل النبوة للبيهقي (٢/ ٤٥٤). (٢) سقط ما بين المعقوفين من ط. (٣) رجع الحديث إلى رواية ابن إسحاق في سيرة ابن هشام (١/ ٤٤١). (٤) "أُزرنا": أي نساءنا وأهلنا، كنَّى عنهنّ بالأزر. وقيل أراد أنفسنا، وقد يكنَّى عن النفس بالإزار، ومنه حديث عمر: كتب إليه من بعض البعوث أبيات في صحيفة منها: ألا أبلغ أبا حفص رسولًا … فدىً لك من أخي ثقة إزاري أي أهلي ونفسي. النهاية لابن الأثير (١/ ٤٥). (٥) "الحلقة": أي السلاح. النهاية لابن الأثير (١/ ٤٢٧).

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