Ils ont mentionné qu’entre la mer des Indes et la mer de Chine se dressent des montagnes qui les séparent, et qu’il s’y trouve des passages où naviguent les vaisseaux. Celui qui les a créées les leur a ainsi facilitées, de même qu’Il a disposé de semblables voies sur la terre.
Dieu—qu’Il soit exalté—a dit : « Et Nous avons placé, sur la terre, des montagnes immuables afin qu’elle ne vacille pas avec eux ; et Nous y avons aménagé des chemins (des passages) afin qu’ils se guident » (Les Prophètes, 21 : 31).
Ptolémée (1) a mentionné dans son livre appelé « Al-Majestî », qui fut traduit (2) à l’époque d’al-Ma’mûn et qui est à l’origine de ces sciences, que les mers résultant de l’océan occidental, oriental, méridional et septentrional sont très nombreuses. Il y en a parfois une seule, mais qui porte différentes appellations selon les contrées qui la bordent. Parmi elles figure la mer de Qulzum ; Qulzum (3) étant un village de sa côte, proche d’Aïla. Il y a aussi la mer de Perse, la mer des Khazars, la mer de Warank, la mer des Romains, la mer de Buntsh, la mer « al-Azraq » (la « Bleue »), ville installée sur son littoral, qu’on appelle également la mer du Qarm. Celle-ci se rétrécit jusqu’à se déverser dans la mer des Romains, au sud de Constantinople, c’est-à-dire le golfe constantinopolitain (4). C’est pourquoi les navires avancent rapidement de Qarm vers la mer des Romains, tandis qu’ils ralentissent lorsqu’ils partent d’Alexandrie à destination de Qarm, car ils affrontent alors le courant. Ceci compte parmi les merveilles du monde, puisque toute eau courante est douce, à l’exception de celle-ci, et toute mer stagnante est salée et amère, hormis ce qu’on raconte de la mer des Khazars (la mer de Jurjân et de Tabaristân), dans laquelle existerait une vaste zone d’eau douce et fraîche, d’après le témoignage de voyageurs.
Les spécialistes de l’astronomie (ahl al-hay’a) disent de cette mer qu’elle est de forme arrondie, quoique sensiblement allongée. D’autres affirment qu’elle a la forme triangulaire d’un fort (5). Elle n’est reliée à aucune partie de l’océan environnant, mais se tient isolée. Sa longueur est estimée à huit cents milles et sa largeur à six cents ; d’autres disent plus encore. Dieu seul sait.
Il existe aussi, parmi ces mers, celle dont provient le phénomène de la marée (le flux et le reflux) près de Bassora, auquel correspond une même manifestation au Maghreb. L’eau y croît depuis le premier jour du mois lunaire et ne cesse d’augmenter jusqu’à la nuit du quatorzième jour (c’est la marée montante) (6). Puis elle commence à diminuer (c’est la marée descendante) jusqu’au dernier jour du mois (7). Ils ont également décrit la délimitation de ces mers, leur cours (8) et leur extrémité, ainsi que ce qui s’y trouve