Ali ibn al-Madini nous rapporta (1) : Sufyân raconta : « ‘Amr disait : “J’ai entendu Jâbir ibn ‘Abd Allâh dire : ‘Mes deux oncles maternels ont assisté à l’allégeance (al-‘Aqaba).’”
L’Imâm Ahmad (2) a dit : « ‘Abd ar-Razzâq nous rapporta, Ma‘mar nous informa, d’après Ibn Khuthaym, d’après Abû az-Zubayr, d’après Jâbir, qui déclara : “Le Messager de Dieu (ﷺ) demeura à La Mecque pendant dix ans, allant à la rencontre des gens dans leurs demeures, à ‘Ukâz, à Majanna et durant les saisons, en répétant :
‘Qui m’hébergera ? Qui me soutiendra ? Afin que je puisse transmettre le Message de mon Seigneur et obtenir pour lui le Paradis ?’
[mais il ne trouvait personne pour l’héberger ni le soutenir] (3), au point qu’un homme partait du Yémen ou de Mudhar (4) – c’est ainsi qu’il le disait – et, lorsqu’il arrivait auprès des siens [et de ses proches], on le mettait en garde : ‘Prends garde au jeune homme de Quraysh, qu’il ne te séduise !’ Le Prophète passait alors (5) entre leurs bagages (6), et ils le montraient du doigt, jusqu’à ce que Dieu nous l’envoyât depuis Yathrib. Nous l’avons alors recueilli et nous lui avons donné foi. Dès lors, quiconque sortait de chez nous pour se rendre auprès de lui embrassait l’islam, apprenait de lui le Coran, puis repartait vers les siens qui se convertissaient à leur tour grâce à lui. Il ne restait plus une seule demeure parmi les Ansâr qui n’abritât un groupe de musulmans affichant ouvertement l’islam.
Puis ils se consultèrent tous, et nous nous dîmes : ‘Jusqu’à quand laisserons‑nous le Messager de Dieu (ﷺ) être repoussé dans les montagnes de La Mecque, craignant pour sa vie ?’ Nous fumes alors soixante-dix hommes à entreprendre le voyage pour le rejoindre durant la saison, et nous lui donnâmes rendez‑vous au défilé d’al-‘Aqaba. Nous nous y réunîmes (7), par groupes d’un ou deux hommes, jusqu’à ce que nous fussions au complet. Nous lui dîmes : ‘Ô Messager de Dieu, à quoi devons‑nous nous engager envers toi ?’ Il répondit :
‘Vous vous engagez à m’écouter et à m’obéir, dans l’enthousiasme comme dans la lassitude, à dépenser vos biens pour la cause de Dieu dans la gêne comme dans l’aisance, à ordonner le bien et à interdire le mal. Vous devrez aussi parler pour Dieu sans craindre le blâme de quiconque. Enfin, vous vous engagez à me secourir et à me protéger lorsque je viendrai parmi vous, comme vous protégez vos propres personnes, vos épouses et vos enfants. En retour, vous aurez le Paradis.’
Nous nous levâmes alors vers lui [et nous lui prêtâmes serment]. As‘ad ibn Zurâra – l’un des plus jeunes – prit sa main. Dans une autre version rapportée par al-Bayhaqî, on lit qu’il était le plus jeune des soixante-dix, à l’exception de moi (8). Il dit : ‘Doucement, ô gens de Yathrib ! Nous ne nous sommes lancés sur la route qu’en sachant qu’il était bien le Messager de Dieu (ﷺ). Le faire sortir aujourd’hui revient à se séparer de tous les Arabes (9), et à exposer vos meilleurs hommes à la mort, tandis que vos épées vous éprouveront. Si vous êtes un peuple prêt à endurer cela, alors prenez-le, et votre récompense est auprès de Dieu. Sinon, si vous craignez pour vous-mêmes, abandonnez‑le (10) afin d’avoir auprès de Dieu une excuse plus solide.’ Ils s’exclamèrent : ‘Écarte cela (11) de nous, As‘ad !’”