Il persista dans son acte et refusa de faire autrement. Lorsque nous arrivâmes à La Mecque, il me dit : « Ô mon neveu, allons trouver le Messager de Dieu (que Dieu le couvre d’éloges et de salut), afin que je l’interroge à propos de ce que j’ai fait durant ce voyage, car j’en ressens un malaise depuis que j’ai constaté votre désaccord à ce sujet. »
Il raconta : « Nous nous mîmes donc à la recherche du Messager de Dieu (que Dieu le couvre d’éloges et de salut), alors que nous ne le connaissions pas et ne l’avions jamais vu auparavant. Nous rencontrâmes un homme originaire de La Mecque et l’interrogeâmes sur le Messager de Dieu (que Dieu le couvre d’éloges et de salut). Il nous demanda : “Le connaissez-vous ?” Nous répondîmes : “Non.” Il continua : “Connaissez-vous son oncle, Al-‘Abbâs ibn ‘Abd Al-Muttalib ?” Nous dîmes : “Oui,” car nous connaissions Al-‘Abbâs : il venait régulièrement nous voir comme marchand. L’homme nous dit alors : “Lorsque vous entrerez dans la Mosquée sacrée, vous le trouverez assis avec Al-‘Abbâs.” »
Il poursuivit : « Nous entrâmes dans la Mosquée et vîmes Al-‘Abbâs assis, et le Messager de Dieu (que Dieu le couvre d’éloges et de salut) était assis près de lui. Nous les saluâmes et nous nous assîmes auprès d’eux. Le Messager de Dieu (que Dieu le couvre d’éloges et de salut) s’adressa à Al-‘Abbâs en disant : “Ô Abû Al-Fadl, connais-tu ces deux hommes ?” Il répondit : “Oui, voici Al-Barâ’ ibn Ma‘rûr, le chef de son peuple, et voici Ka‘b ibn Mâlik.” Puis, par Dieu, je n’oublierai jamais la parole du Messager de Dieu (que Dieu le couvre d’éloges et de salut) : “Le poète ?” Je dis : “Oui.” »
Al-Barâ’ ibn Ma‘rûr s’adressa alors au Prophète (que Dieu le couvre d’éloges et de salut) : « Ô Prophète de Dieu, je suis parti en voyage, et Dieu m’a guidé à l’islam. J’ai décidé de ne pas m’éloigner de cette Maison (la Ka‘ba) et j’ai prié en sa direction, tandis que mes compagnons s’y opposaient. J’ai ressenti du trouble à ce sujet. Qu’en penses-tu, ô Messager de Dieu ? » Il lui répondit : « Tu étais certes tourné vers une bonne qibla, si tu avais persévéré. » Al-Barâ’ retourna alors à la qibla du Messager de Dieu (que Dieu le couvre d’éloges et de salut) et pria avec nous en direction du Shâm. Il raconta : « Quant à ses proches, ils prétendent qu’il a prié vers la Ka‘ba jusqu’à sa mort, mais ce n’est pas comme ils le disent ; nous sommes plus au fait de son affaire qu’eux. »
Ka‘b ibn Mâlik poursuivit : « Nous partîmes ensuite pour le pèlerinage (hajj) et nous convînmes avec le Messager de Dieu (que Dieu le couvre d’éloges et de salut) de nous rencontrer à ‘Aqaba, au milieu des jours de Tashrîq. Quand nous eûmes achevé le hajj, arriva la nuit à laquelle le Messager de Dieu (que Dieu le couvre d’éloges et de salut) nous avait donnés rendez-vous (1). Nous avions avec nous ‘Abd Allâh ibn ‘Amr ibn Harâm, le père de Jâbir, l’un de nos notables. Nous l’avions emmené en prenant soin de cacher nos intentions à ceux de notre peuple qui étaient encore polythéistes.
Nous lui parlâmes ainsi : “Ô Abû Jâbir, tu es l’un de nos chefs et l’un de nos nobles, et nous désirons que tu ne demeures pas dans l’état où tu te trouves, de crainte que tu ne sois combustible du Feu demain. Puis nous l’avons invité à embrasser l’islam et nous l’avons informé du rendez-vous que le Messager de Dieu (que Dieu le couvre d’éloges et de salut) nous avait fixé à ‘Aqaba.” Il se convertit alors et assista avec nous au pacte de ‘Aqaba, devenant l’un des naqîb (délégués).
Al-Bukhârî (2) rapporte : “Ibrâhîm nous a informés, d’après Hishâm, qu’Ibn Jurayj les informa, d’après ‘Atâ’, que Jâbir racontait : ‘Mon père, mon oncle maternel et moi-même faisions partie des Compagnons de ‘Aqaba (3).’”
‘Abd Allâh ibn Muhammad a dit : “Ibn ‘Uyayna a affirmé : ‘L’un d’entre eux était Al-Barâ’ ibn Ma‘rûr.’”