Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ô mes enfants des confins, ne les supprimez pas… car déplacer les bornes est tenu par une entrave (1).

Ô mes enfants, ne vous fiez pas aux jours ; craignez leur ruse et l’amertume des nuits. Sachez que leur amertume ne durera pas jusqu’à l’extinction des créatures, car tout ce qui est neuf peut devenir fardeau. Unissez-vous autour de la bonté et de la piété, fuyez l’infamie et attachez-vous à ce qui est licite.

Ibn Ishaq (2) rapporta également : « Abou Qays Sarma (3) mentionna la grâce dont Dieu les avait comblés en leur accordant l’islam et en honorant leur région par la présence du Messager de Dieu (ﷺ) parmi eux. » Il récita :

« Il demeura au sein de Qouraych durant plus d’une dizaine d’années,
les exhortant si seulement il trouvait un compagnon disposé à l’entendre. »

Le récit intégral sera évoqué ultérieurement, si Dieu le veut et c’est en Lui que l’on place notre confiance.

Histoire de la deuxième allégeance d’al-‘Aqabah (4)

Ibn Ishaq (5) raconta : « Puis Muṣ‘ab ibn ‘Umayr retourna à La Mecque. Ceux des Anṣâr qui étaient musulmans partirent avec les pèlerins païens de leur tribu jusqu’à leur arrivée à La Mecque. Ils convinrent avec le Messager de Dieu (ﷺ) de se retrouver à al-‘Aqabah au milieu des jours de at-Tachrîq, lorsque Dieu voulut leur accorder Sa grâce et prêter secours à Son Prophète, rehausser l’islam et ses fidèles, et humilier l’idolâtrie et ses partisans.

M‘abed ibn Ka‘b ibn Mâlik me transmit qu’il tenait d’Abdullâh ibn Ka‘b – l’un des Anṣâr les plus instruits – lequel le tenait de son père Ka‘b, témoin de l’allégeance d’al-‘Aqabah et ayant prêté serment au Messager de Dieu (ﷺ) à cette occasion, qui raconta :

“Nous sommes partis accompagner, parmi les pèlerins de notre tribu encore polythéiste, al-Barâ’ ibn Ma‘rour, notre chef et notre aîné. Nous avions déjà accompli la prière et reçu l’enseignement. Lors de notre départ de Médine, al-Barâ’ nous déclara : ‘Ô vous tous, j’ai une opinion ; je ne sais si vous y consentirez : j’ai décidé de ne pas laisser cette Maison (la Ka‘ba) derrière moi sans lui faire face dans ma prière.’

Nous dîmes : ‘Qu’entends-tu par là ?’ Il répondit : ‘J’ai décidé de prier en direction de la Ka‘ba.’

Nous rétorquâmes : ‘Pourtant notre Prophète (ﷺ) prie en direction du Shâm (la Syrie), et nous ne voulons pas aller à l’encontre de sa pratique.’ Il répondit : ‘Eh bien moi, je prierai en direction de la Ka‘ba.’

Nous lui dîmes alors : ‘Quant à nous, nous ne ferons pas de même.’ Ainsi, au moment de la prière, nous nous tournions vers le Shâm tandis que lui se tournait vers la Ka‘ba, jusqu’à ce que nous arrivions à La Mecque. Ka‘b poursuivit : ‘Et nous le blâmions pour cela…’”

(1) « Les frontières » : les limites des villes et villages, et « al-ʿiqāl » : ce qui empêche le pied de marcher et l’arrêtent. Cela signifie que l’injustice poursuit son auteur, le retient de la course et l’emprisonne dans les étroites voies de la contrainte. Voir al-Rawḍ (2/288). Dans la Sîra et al-Rawḍ : « Ne la perdez pas … khazal », avec le « khāʼ » emphatique, signifiant : ne la rompez pas, et les deux récits ont ce même sens. (2) Dans la Sîra d’Ibn Hishām (1/512) et al-Rawḍ (2/255). (3) Ce terme a été omis dans la version « ḥ » alors qu’il est présent dans la version « ṭ » et dans la Sîra d’Ibn Hishām. L’omission dans « ḥ » semble volontaire afin que le contexte des vers d’Abū Qays ibn al-Aslat soit cohérent, comme indiqué précédemment à la page précédente. (4) Ce terme a été omis dans la version « ḥ ». (5) Dans la Sîra d’Ibn Hishām (1/438) et al-Rawḍ (2/187) ainsi que ce qui suit entre leurs parenthèses.
يا بَنيَّ التُّخُومَ لا تَجْزِلوها … إن جَزْلَ التُّخومِ ذو عُقَّال (١) يا بنيَّ الأيامَ لا تأمنوها … واحذَروا مَكرها ومَرَّ الليالي واعلموا أنَّ مُرَّها لنِفادِ الْـ … خلْقِ ما كان في جديدٍ وبال واجمعوا أمرَكم على البرِّ والتَّقْـ … ــــــوى وتَرْكِ الخَنا وأخذِ الحلال قال ابن إسحاق (٢) : وقال أبو قيس صرمة (٣) أيضًا يذكرُ ما أكرمهم الله به من الإسلام، وما خصَّهم به من نزول رسول الله ﷺ عندهم [من الطويل] ثوى في قريشٍ بضعَ عشرةَ حجَّةً … يُذكِّر لو يَلقى صَديقًا مُواتيا وسيأتي ذِكرها بتمامها فيما بعد إنْ شاء الله وبه الثقة. قصة بيعة العقبة الثانية (٤) قال ابن إسحاق (٥) : ثم إنَّ مصعب بن عُمير رجع إلى مكة، وخرج مَنْ خرج من الأنصار من المسلمين مع حُجَّاج قومهم من أهل الشَّرك حتى قدموا مكة فواعدوا رسولَ الله ﷺ العقبةَ من أوسط أيام التشريق حين أراد الله بهم [ما أراد] من كرامته، والنَّصر لنبيِّه، وإعزاز الإسلام وأهله [وإذلال الشِّرك وأهله] . فحدِّثني معبد بن كعب بن مالك أنَّ أخاه عبد الله بن كعب - وكان من أعلم الأنصار - حدَّثه أنَّ أباه كعبًا حدَّثه - وكان ممن شهد العقبة وبايع رسولَ الله ﷺ بها - قال: خرجنا في حُجَّاج قومنا من المشركين، وقد صلَّينا وفقهنا ومعنا البراءُ بن معرور سيِّدُنا وكبيرُنا، فلما وجَّهنا لسفرنا، وخرجْنا من المدينة قال البراء: يا هؤلاء، إني قد رأيتُ رأيًا، والله ما أدري أتوافقونني عليه أم لا؟ قلنا: وما ذاك؟ قال: قد رأيتُ أن لا أدعَ هذه البنيَّة مني بظَهْر - يعني الكعبة - وأنْ أصلِّي إليها. قال: فقلنا والله ما بلغنا أن نبيَّنا ﷺ يصلِّي إلا إلى الشام، وما نريد أن نخالفه. فقال: إنِّي لمصلٍّ إليها، قال: فقلنا له: لكنَّا لا نفعل. قال: فكنا إذا حضرتِ الصلاةُ صلَّينا إلى الشام وصلَّى هو إلى الكعبة، حتى قدمنا مكة. قال وقد كنَّا عبنا
(١) "التخوم": حدود البلاد والقرى، والعقال: ما يمنع الرِّجْلَ من المشي ويعقلها. يريد أن الظُّلم يخلف صاحبه ويعقله عن السباق، ويحبسه في مضايق الاحتقاق. الروض (٢/ ٢٨٨) وفي السيرة والروض: لا تخزلوها … خزل. بالخاء المعجمة، ومعناه: لا تقطعوها، وكلا الروايتين بمعنى. (٢) في سيرة ابن هشام (١/ ٥١٢) والروض (٢/ ٢٥٥). (٣) سقطت هذه اللفظة من ح وهي في ط وسيرة ابن هشام. ولعل سقوطها من ح عن عمد لتوافق سياق الأبيات لأبي قيس بن الأسلت. كما تقدم في الصفحة السابقة. (٤) سقطت هذه اللفظة من ح. (٥) في سيرة ابن هشام (١/ ٤٣٨) والروض (٢/ ١٨٧) وما يأتي بين معقوفين منهما.

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