Je vous recommande de craindre Dieu, d’observer la bienfaisance et la piété… ainsi que de préserver votre honneur, car la première forme de bienfaisance revient à Dieu. Si votre peuple parvient à la souveraineté, ne l’enviez point ; et si c’est vous qui exercez l’autorité, soyez équitables. Si un grave malheur frappe votre communauté, offrez-vous en première ligne pour la protéger. Si un fardeau pesant de dettes les accable, témoignez-leur de la douceur, et prenez sur vous ce qu’ils vous demanderont dans l’épreuve. Et si vous en êtes venus à commettre quelque faute, abstenez-vous d’agir ainsi de nouveau, et si vous jouissez d’une supériorité dans le bien, alors faites-en profiter autrui.
Abou Qays a également dit (mètre al-khafîf) :
« Glorifiez Dieu à l’Orient, chaque matin, quand son soleil se lève et à chaque apparition du croissant ;
Il est le Connaisseur de tout ce qui est caché ou apparent : nul égarement dans la Parole de notre Seigneur.
À Lui appartiennent les oiseaux, qui cherchent leur subsistance puis s’en reviennent à leurs nids dans le refuge sûr des montagnes ; (2)
Et à Lui appartiennent les bêtes sauvages que tu vois dans la steppe, parmi les dunes et sous l’ombre des sables ; (3)
À Lui se sont soumises les Juives et toutes confessions, par crainte d’un fléau redoutable.
À Lui aussi se tournent les chrétiens : ils célèbrent chaque fête pour leur Seigneur avec faste, (4)
Et pour Lui, le moine reclus s’est enfermé, prisonnier de sa pénitence, alors qu’il vivait jadis dans l’aisance. (5)
Ô mes fils, ne rompez pas les liens du sang ; maintenez-les, qu’ils soient courts ou longs, (6)
Craignez Dieu dans votre relation aux orphelins démunis, et gardez-vous de tout ce qui permettrait de vous approprier l’illicite.
Sachez que l’orphelin a un Protecteur avisé, qui est guidé sans avoir besoin de questionner.
Ne vous emparez donc pas des biens de l’orphelin, car ceux-ci sont sous la garde d’un Surveillant. »