La multiplicité des coutumes, ainsi que ce que recèlent les contrées et les régions en termes de propriétés et de plantes, et ce que renferme chaque contrée parmi les diverses (1) richesses minières et activités commerciales.
Ils dirent : « La terre est submergée par l’immense étendue d’eau, à l’exception d’environ un quart, soit quatre-vingt-dix degrés. La Providence divine a voulu le retrait de l’eau sur cette partie afin que les animaux y vivent et que les cultures et les fruits y poussent, comme le Très-Haut l’a dit : “Et Il a étendu la terre pour les êtres vivants (10). Il s’y trouve des fruits, ainsi que les palmiers aux spathes recouvertes (11), et des grains à enveloppe et du parfum (12). Lequel donc des bienfaits de votre Seigneur nierez-vous ?”” (Sourate Ar-Rahman, 10-13).
Ils dirent encore : « De la partie émergée de la terre, presque les deux tiers (ou un peu plus) sont submergés. Cela représente quatre-vingt-quinze (2) degrés. »
Ils dirent aussi : « La mer océanique de l’ouest, appelée “Oqiyanous”, confine aux régions du Maghreb ; on y trouve les “Îles Éternelles”, distantes d’environ dix degrés (ce qui correspond à un mois de voyage) de ses rivages. Cette mer ne peut être ni naviguée ni traversée, à cause de son agitation et de ses violentes houles (3), de la variété des vents et des vagues. On n’y pratique pas la pêche (4), on n’en extrait rien et l’on ne s’y aventure pas pour le commerce ou tout autre but. Elle s’étend vers le sud jusqu’à se situer face aux Montagnes de la Lune — dites “al-Qamar” — d’où jaillit la source du Nil d’Égypte, et elle dépasse la ligne de l’équateur. Elle se poursuit ensuite vers l’est, formant la partie sud de la terre. On y trouve alors les îles dites “zanj” (5), et ses côtes sont largement inhabitées. Elle s’étire vers l’est et le nord jusqu’à se rattacher à la mer de Chine et à celle de l’Inde. Puis elle s’étend encore vers l’est, atteignant le bout de la terre à l’orient, là où se situe le pays de Chine ; elle opère alors un détour à l’est de la Chine vers le nord, franchit le pays chinois, pour se retrouver face à la muraille (6) de Gog et Magog, avant de bifurquer et de cerner des terres inconnues. Puis elle se dirige à l’ouest dans la partie septentrionale de la terre, avoisinant les contrées des Russes et les dépassant, avant de plonger de nouveau vers l’ouest et le sud, d’encercler la terre et de revenir vers l’ouest. Elle fait irruption depuis la partie dite “arabe occidentale” (7) jusqu’au passage terrestre (le “zqaq” ou détroit) qui termine sa course à l’extrémité du Shâm occidental. Elle se prolonge ensuite dans les terres de Rome (Byzance) jusqu’à rejoindre Constantinople et d’autres de leurs régions.
De l’océan oriental jaillissent d’autres mers qui abritent de nombreuses îles. Il est même rapporté qu’il existe dans la mer des Indes mille sept cents îles, dotées de cités et de constructions, en plus de certaines cités désaffectées. Cette mer est appelée “la mer Verte”. Sa partie orientale est la mer de Chine, sa partie occidentale est la mer du Yémen ; au nord, se trouve la mer de l’Inde ; quant à sa partie méridionale, elle demeure inconnue. »