Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ishaq rapporta :

Alors Musʿab lui dit : « Veux-tu t’asseoir pour écouter ? Si tu acceptes ce que tu entends, tu le prends ; si tu le détestes, nous cesserons de t’importuner par ce que tu hais. » Il répondit : « Tu es équitable. »

Il planta alors sa lance dans le sol et s’assit auprès d’eux. Musʿab lui parla de l’islam et lui récita le Coran. Ils dirent en relatant cette scène : « Par Dieu, nous avons reconnu sur son visage l’empreinte de l’islam avant même qu’il ne parle, à la clarté et à la sérénité qu’il manifestait. » Puis il s’exclama : « Comme cela est beau et excellent ! Que fait-on lorsqu’on veut entrer dans cette religion ? » Ils lui répondirent : « Tu te laves pour te purifier, tu purifies tes deux vêtements, puis tu prononces l’attestation de vérité, et tu accomplis la prière. » L’homme se leva donc, fit ses ablutions complètes, purifia ses deux vêtements, déclara la double attestation de foi, puis pria deux unités de prière. Ensuite, il leur dit : « Il est derrière moi un homme : s’il vous suit, personne parmi les siens ne restera en arrière. Je vais vous l’envoyer à présent : c’est Saʿd ibn Muʿādh. »

Il reprit alors sa lance et se rendit auprès de Saʿd et de sa tribu, qui étaient assis dans leur assemblée (nadī). Lorsque Saʿd ibn Muʿādh l’aperçut, il dit : « Je jure par Dieu : Usayd revient vers vous avec un visage différent de celui qu’il avait à son départ. » Quand il arriva à l’assemblée, Saʿd lui demanda : « Qu’as-tu fait ? » Il répondit : « J’ai parlé aux deux hommes, et par Dieu, je n’ai constaté aucun mal chez eux. Je leur ai ordonné de cesser ; ils m’ont dit : “Nous ferons ce que tu voudras.” Puis j’ai entendu dire que les Banū Hāritha étaient sortis pour tuer Asʿad ibn Zurāra, sachant qu’il est ton cousin maternel, afin de rompre ton droit de protection (1). »

À cette nouvelle, Saʿd ibn Muʿādh se leva, furieux, et se hâta de partir, craignant ce qui venait de lui être rapporté à propos des Banū Hāritha. Il prit sa lance en main et s’exclama : « Par Dieu, je vois bien que tu n’as servi à rien ! » Puis il sortit à la rencontre des deux hommes. En les voyant rassurés et tranquilles, Saʿd comprit qu’Usayd avait voulu leur laisser l’occasion de s’exprimer. Il s’arrêta devant eux et les invectiva, puis s’adressa à Asʿad ibn Zurāra : « Ô Abū Umāma, par Dieu, sans les liens de parenté qui nous unissent, tu n’aurais pas osé agir ainsi à mon encontre ; oserais-tu venir chez nous avec ce que nous détestons ? » – On rapporte qu’auparavant, Asʿad avait confié à Musʿab : « Par Dieu, c’est le chef de son peuple qui arrive. S’il te suit, pas deux hommes parmi les siens ne resteront à l’écart. »

Musʿab lui dit alors : « Veux-tu t’asseoir pour écouter ? Si tu agrées ce que tu entends et y prends goût, tu l’acceptes ; si tu le détestes, nous nous abstiendrons de ce qui te déplaît. » Saʿd répondit : « Tu es équitable. » Puis il planta sa lance et s’assit. Musʿab lui présenta l’islam et lui récita le Coran – et Moussa ibn ʿUqba rapporte qu’il lui lut le début de la sourate Az-Zukhruf (2). On raconta ensuite : « Par Dieu, nous reconnûmes sur son visage l’adoption de l’islam avant même qu’il ne parle, tant son visage était éclairé et serein. » Il dit : « Comment fait-on si l’on veut embrasser l’islam et entrer dans cette religion ? » Ils répondirent : « Tu te laves pour te purifier, tu purifies tes deux vêtements, puis tu prononces l’attestation de vérité et tu pries deux rakʿas. » Il se leva alors, fit ses ablutions complètes, purifia ses deux vêtements, proclama la double attestation de foi, puis pria deux rakʿas. Ensuite, il reprit sa lance et retourna à l’assemblée de son peuple, accompagné d’Usayd ibn al-Ḥuḍayr.

Quand sa tribu le vit revenir, ils s’exclamèrent : « Par Dieu, Saʿd vous revient avec un tout autre visage que celui sous lequel il est parti. » Lorsqu’il se planta devant eux, il leur dit : « Ô Banū ʿAbd al-Ashhal, que savez-vous de mon rang parmi vous ? » Ils répondirent : « Tu es notre chef, le meilleur de nos conseillers et le plus judicieux. » Il poursuivit : « Eh bien, sachez que la parole de vos hommes et de vos femmes m’est désormais interdite jusqu’à ce que vous croyiez en Dieu et en Son Messager. » Par Dieu, il ne resta pas, à la tombée du jour, un seul homme ni une seule femme parmi les Banū ʿAbd al-Ashhal qui ne fussent musulmans. Asʿad s’en alla ensuite (3).

(1) Dans H et T : « qu'ils te méprisent », confirmé par la Sīra d'Ibn Hishām ; « al-ikhfār » signifie rupture du serment et trahison. Dans Lisan, sous l'entrée (kh-f-r). (2) Ce qui est entre crochets ne figure pas dans la Sīra d'Ibn Hishām. (3) Dans T : « Saʿd ». Il s'agit d'une erreur de transcription, confirmé par H et les sources du récit.
إسحاق: فقال له مصعب: أو تجلسُ فتسمع، فإنْ رضيتَ أمْرًا قَبِلْتَه، وإنْ كرهتَهُ كُفَّ عنك ما تكره؟ قال: أنصفت. قال: ثم ركز حَرْبَته وجلس إليهما، فكلَّمه مُصعب بالإسلام، وقرأ عليه القرآن، فقالا فيما يُذكر عنهما: والله لعرفنا في وجهه الإسلام قبل أن يتكلَّم في إشرافه وتسهُّله. ثم قال: ما أحسن هذا وأجمله! كيف تصنعون إذا أردتُم أن تدخلوا في هذا الدين؟ قالا له: تغتسل فتطهَّر، وتطهِّر ثوبَيْك ثم تشهد شهادة الحق، ثم تصلي، فقام فاغتسل، وطهَّر ثوبيه وتشهَّد شهادة الحقّ، ثم قام فركع ركعتَيْن، ثم قال لهما: إنَّ ورائي رجلًا إن اتبعَكما لم يتخلَّفْ عنه أحدٌ من قومه، وسأُرسله إليكما الآن، سعدَ بن معاذ. ثم أخذ حربته وانصرف إلى سعدٍ وقومه وهم جلوسٌ في ناديهم، فلما نظر إليه سعد بن مُعاذ مُقْبِلًا، قال: أحلف بالله لقد جاءكم أُسَيد بغير الوجه الذي ذهب به من عندكم. فلما وقف على النادي قال له سعد: ما فعلت؟ قال: كلَّمتُ الرجلَيْن، فوالله ما رأيتُ بهما بأسًا. وقد نهيتُهما فقالا: نفعل ما أحببت، وقد حُدِّثت أن بني حارثة خرجوا إلى أسعد بن زُرارة ليقتلوه، وذلك أنهم عرفوا أنه ابنُ خالتك ليُخْفِرُوك (١) ، قال: فقام سعدُ بن معاذ مُغْضَبًا مبادرًا تخوُّفًا للذي ذكر له من بني حارثة، فأخذ الحربة في يده ثم قال: والله ما أراك أغْنَيْتَ شيئًا، ثم خرج إليهما فلما رآهما سعد مطمئنَّينِ عرف أن أُسيدًا إنما أراد أن يسمعَ منهما، فوقف عليهما متشتِّمًا ثم قال لأسعد بن زرارة: يا أبا أمامة، والله لولا ما بيني وبينك من القرابة ما رُمْتَ هذا مني، أتغشانا في دارَينا بما نكره؟ - قال: وقد قال أسعد لمصعب: جاءك واللّه سيدُ من وراءَهُ قومُه، إنْ يتَبعْك لا يتخلَّفْ عنك منهم اثنان - قال: فقال له مصعب: أو تقعد فتسمع، فإنْ رضِيتَ أمرًا ورغبتَ فيه قَبِلْتَه، وإنْ كرهتَه عَزْلنا عنكَ ما تكره؟ قال سعد: أنصفت. ثم ركز الحربة وجلس، فرض عليه الإسلام وقرأ عليه القرآن - [وذكر موسى بنُ عقبة أنه قرأ عليه أول الزخرف] (٢) - قال: فعرفنا والله في وجهه الإسلام قبل أن يتكلم في إشراقه وتسهُّله. ثم قال لهما: كيف تصنعون إذا أنتم أسلمتم ودخلتم في هذا الدين؟ قالا: تغتسل فتطهَّرُ وتطهِّرُ ثوبَيْك، ثم تشهد شهادة الحق، ثم تصلي ركعتين. قال: فقام فاغتسل، وطهَّر ثوبيه وشهد شهادة الحق، ثم ركع ركعتين، ثم أخذ حربته فأقبل عائدًا إلى نادي قومه ومعه أُسيد بن الحُضير. فلما رآه قومُه مقبلًا قالوا: نحلف بالله لقد رجع إليكم سعدٌ بغير الوجه الذي ذهب به من عندكم، فلما وقف عليهم قال: يا بني عبد الأشهل، كيف تعلمون أمري فيكم؟ قالوا: سيِّدُنا وأفْضَلُنا رأيًا وأيمننا نَقِيبةً. قال: فإنَّ كلام رجالكم ونسائكم عليَّ حرامٌ حتى تؤمنوا بالله ورسوله. قال: فوالله ما أمسى في دار بني عبد الأشهل رجلٌ ولا امرأة إلا مسلمًا ومسلمة، ورجع أسعد (٣)
(١) في ح، ط: ليحقروك، والمثبت من سيرة ابن هشام، والإخفار نقض العهد والغدر. اللسان (خفر). (٢) ليس ما بين المعقوفين في سيرة ابن هشام. (٣) في ط: سعد. تصحيف، والمثبت من ح ومصادر الخبر.

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