Ce hadith est rapporté dans les deux Sahîh(1) et dans d’autres recueils, selon différentes chaînes de transmission, par l’intermédiaire d’Az-Zuhri, dans un sens proche. Quant à sa parole : « sur la base de la Bayʿat an-Nisâ’ (allégeance des femmes) », il s’agit de ce qui fut révélé par la suite, lors de la Bayʿat an-Nisâ’ l’année d’Al-Hudaybiyya. Cet événement survint en accord avec l’allégeance que ses Compagnons avaient prêtée la nuit d’Al-ʿAqaba. Il n’y a là rien d’étonnant, car le Coran fut révélé en conformité avec certains propos de ʿUmar ibn Al-Khaṭṭâb en plusieurs occasions, comme nous l’avons indiqué dans sa biographie et dans l’exégèse (tafsîr). Même si cette allégeance eut lieu à travers une révélation non récitée, cela est plus manifeste, et Dieu sait mieux.
Ibn Isḥâq(2) a dit : « Lorsque ces gens s’en furent retournés de chez lui, l’Envoyé de Dieu ﷺ envoya avec eux Muṣʿab ibn ʿUmayr ibn Hâshim ibn ʿAbd Manâf ibn ʿAbd Ad-Dâr ibn Quṣayy, et il lui ordonna de leur faire réciter le Coran, de leur enseigner l’islam et de les instruire dans la religion. » Al-Bayhaqî(3) rapporte, d’après Ibn Isḥâq, les propos dʿÂṣim ibn ʿUmar ibn Qatâda : « Le Messager de Dieu ﷺ n’envoya Muṣʿab qu’après qu’ils lui eurent écrit pour qu’il le leur envoie. » C’est ce qu’avait déjà évoqué Mûsâ ibn ʿUqba, sauf qu’il a présenté la seconde fois comme étant la première. Al-Bayhaqî(4) souligne que la version d’Ibn Isḥâq est plus complète.
Ibn Isḥâq(5) a également rapporté qu’ʿAbd Allâh ibn Abî Bakr disait : « Je ne sais pas quelle fut la première ʿAqaba. » Puis Ibn Isḥâq de poursuivre : « Oh que si, par ma vie, il y eut bien une ʿAqaba et une autre ʿAqaba. » Tout le monde s’accorde à dire que Muṣʿab s’installa chez Asʿad ibn Zurâra, que l’on appelait à Médine “le lecteur (al-muqriʾ)”. Ibn Isḥâq(6) raconte, d’après ʿÂṣim ibn ʿUmar ibn Qatâda, qu’il dirigeait leur prière, car les Aws et les Khazraj refusaient que les uns soient dirigés par les autres pour la prière commune.
Ibn Isḥâq(7) rapporte encore, d’après Muḥammad ibn Abî Umâma ibn Sahl ibn Ḥunayf, lui-même le tenant de son père, qui le tenait de ʿAbd Ar-Raḥmân ibn Kaʿb ibn Mâlik : « J’étais le guide de mon père quand il perdit la vue. Lorsque je l’amenais prier le vendredi et qu’il entendait l’appel, il invoquait Dieu pour Abû Umâma, c’est-à-dire Asʿad ibn Zurâra. Un moment passa ainsi à chaque fois qu’il entendait l’appel du vendredi, il priait pour lui et demandait pardon en sa faveur. Je me dis alors : “Vraiment, c’est une faiblesse de ma part de ne pas l’interroger.” Je lui demandai : “Ô mon père, pourquoi, lorsque tu entends l’appel du vendredi, pries-tu pour Abû Umâma ?” Il répondit : “Ô mon fils, il fut le premier à avoir organisé pour nous la prière du vendredi à Médine, dans la région de Hazm…” »