Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les Anṣār rapportent : « Lorsqu’il (le Prophète) nous vit, il nous adressa la parole. (1) Nous avons dit : “Allons voir cet homme, laissons-lui nos deux montures pendant que nous ferons la circumambulation autour de la Kaʿba.” Nous sommes donc venus à lui et l’avons salué du salut usité à l’époque de l’ignorance (jâhiliya). Il nous répondit par le salut islamique. Or j’avais entendu parler du Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). (2) Je fus intrigué, et nous avons demandé : ‘Qui es-tu ?’ Il répondit : “Descendez !” Nous sommes alors descendus et avons demandé : ‘Où est cet homme qui prétend ce qu’il prétend et dit ce qu’il dit ?’ Il répondit : “C’est moi.” Nous dîmes : ‘Présente-nous l’Islam.’ Il s’exécuta et dit : “Qui a créé les cieux, la terre et les montagnes ?” Nous répondîmes : ‘Dieu les a créés.’ Il poursuivit : “Qui vous a créés ?” Nous répondîmes : ‘C’est Dieu.’ Il demanda : “Alors qui a fabriqué ces idoles que vous adorez ?” Nous répondîmes : ‘C’est nous.’ Il dit : “Le Créateur est-Il plus en droit d’être adoré ou la chose créée ?” Nous répondîmes : ‘Le Créateur.’ Il conclut : “Vous êtes donc plus dignes d’adorer votre Seigneur. Vous les avez fabriquées, tandis que Dieu est plus en droit que vous L’adoriez plutôt qu’une chose que vous avez façonnée. Quant à moi, j’appelle au culte de Dieu, au témoignage qu’il n’est de dieu que Dieu et que je suis le Messager de Dieu, au maintien des liens de parenté, à l’abandon de la violence envers les enfants (3), et ce même si cela déplaît au peuple.” Ils dirent alors : “Si ce à quoi tu appelles était mensonge, il n’en relèverait pas moins de la noblesse et de la beauté des mœurs.” Nous lui avons donc confié nos montures pour nous rendre à la Kaʿba, et Muʿādh ibn ʿAfrāʾ resta assis avec lui.

Rāfiʿ raconta : “Je me rendis auprès de la Maison (sacrée), j’en fis le tour, puis je sortis sept flèches divinatoires et j’en mis une au nom (du Prophète). Je me tournai (vers Dieu) en disant : ‘Ô Dieu, si ce à quoi appelle Muḥammad est la vérité, alors fais sortir sa flèche à sept reprises.’ Je les lançai sept fois et, à chaque coup, la flèche de Muḥammad ressortit. Je clamai donc : ‘Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu et que Muḥammad est le Messager de Dieu !’ Les gens se rassemblèrent autour de moi en disant : ‘C’est un fou ! Il a renié sa religion !’ Je répliquai : ‘Renier ? Bien au contraire, je suis un homme croyant !’ Puis je me rendis auprès du Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) sur les hauteurs de La Mecque. Lorsque Muʿādh ibn ʿAfrāʾ me vit, il s’exclama : ‘Te voilà revenu avec un visage différent de celui avec lequel tu es parti !’” (4)

Rāfiʿ poursuivit : “Je vins, j’embrassai la foi, et le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) nous enseigna la sourate Yūsuf ainsi que ‘Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé.’ Puis nous repartîmes pour Médine. Arrivés à al-ʿAqīq, Muʿādh me dit : ‘Je n’ai jamais aimé voyager de nuit. Passons-y la nuit jusqu’au matin.’ Je lui répondis : ‘Passer la nuit alors que je transporte avec moi tout ce bien ? Je ne le ferai pas !’ Par la suite, lorsque Rāfiʿ partait en voyage puis rentrait, il convoquait son peuple.”

Cette chaîne de transmission est jugée bonne (5) et ce récit a un exposé agréable (6).

(1) Dans le hadith : « Et il laisse les enfants en situation d’agression », et dans al-Mustadrak : « Lorsque nous l’avons vu, nous lui avons parlé, et nous avons dit » — comme nous l’avons établi. (2) Addition dictée par le contexte. (3) Tel quel dans le hadith, mais le terme « al-wuladān » (les enfants) est inséré par le copiste et n’existe pas dans al-Mustadrak. (4) Addition dictée par le contexte. (5) Bachar a dit : c’est ce qu’il a déclaré, et d’où viendrait la valeur de ḥasan à Yāḥyā ibn Muḥammad ibn ʿAbbād ibn Hāniʾ al-Shujrī, qui est faible, comme l’ont dit Abū Ḥātim et d’autres. Al-Dhahabī, commentant la correction de l’al-Ḥākim de ce hadith dans al-Mustadrak, a dit : « Yāḥyā al-Shujrī est un rapporteur de manākir (hadiths faibles ou rejetés) », et al-Ḥāfiẓ Ibn Ḥajar dans al-Taqrīb le qualifie de faible. (6) C’est ici que se termine la lacune mentionnée en note (6) de la page précédente.
الأنصار - قال: فلما رأيناه كلمنا (١) قلنا: نأتي هذا الرجل نستودعه راحلتينا حتى نطوف بالبيت، فجئنا فسلَّمنا عليه تسليم أهل الجاهلية، فردَّ علينا تسليم أهل الإسلام، وقد سمعتُ بالنبي [ ﷺ ] (٢) قال: فأنكرنا، فقلنا: من أنت؟ قال: "انزلوا" . فنزلنا فقلنا: أين هذا الرجل الذي يدَّعي ما يدَّعي ويقول ما يقول؟ قال: "أنا هو" . قلنا: فاعْرِضْ علينا الإسلام. فعرض وقال: "من خلق السماوات والأرض والجبال؟ " قلنا: خلقهنَّ الله. قال: "من خلقكم" ؟ قلنا: الله. قال: "فمن عمل هذه الأصنام التي تعبدون؟ " قلنا: نحن. قال: "الخالق أحقُّ بالعبادة أو المخلوق؟ ! قلنا: الخالق. قال: " فأنتم أحق أن تعبدوا ربكم، وأنتم عملتموهن، والله أحق أن تعبدوه من شيء عملتموه، وأنا أدعو إلى عبادة الله وشهادة أن لا إله إلا الله وأنِّي رسول الله، وصلةِ الرَّحِم، وترك الولدان (٣) العدوان وإن غضب الناس" فقالا: لو كان هذا الذي تدعوه إليه باطلًا لكان من معالي الأمور ومحاسن الأخلاق، فأمسك راحلتينا حتى نأتي البيت، فجلس عنده معاذ بن عفراء. قال رافع: وجئت البيت فطفت وأخرجت سبعة قداح، وجعلت له بينها قدحًا فاستقبلت وقلت: اللهمَّ إن كان ما يدعو إليه محمد حقًا فأخرج قدَحَه سبع مرات، فضربتُ بها سبع مرات، فصحت أشهد أن لا إله إلا الله وأن محمدًا رسولُ الله، فاجتمع الناسُ علي وقالوا: مجنون رجلٌ صبا. فقلت: رجلٌ صبأ! بل رجل مؤمن. ثم جئت إلى النبي ﷺ بأعلى مكة، فلما رآني معاذ بن عفراء قال: لقد جئتَ بوجهٍ ما ذهبت به [قال] (٤) رافع: فجئت وآمنت، وعلَّمنا رسول الله ﷺ سورة يوسف [و] (٤) اقرأ باسم ربك الذي خلق، ثم خرجنا راجعين إلى المدينة فلما كنا بالعَقيق قال معاذ: إني لم أطْرُقْ ليلًا قط، فبتْ بنا حتى نصبح. فقلت: أبيتُ ومعي ما معي من الخير!؟ ما كنتُ لأفعل. وكان رافع إذا خرج سفرًا ثم قدم عرض قومه. إسنادٌ حسن (٥) وسياقٌ حسَن (٦) .
(١) في ح: "وترك الولدان العدوان"، وفي المستدرك: فلما رأيناه كلمناه قلنا. كما أثبتناه. (٢) زيادة يقتضيها السياق. (٣) كذا في ح، ولكن كلمة الولدان مقحمة من الناسخ وليست في المستدرك. (٤) زيادة يقتضيها السياق. (٥) قال بشار: هكذا قال، ومن أين يأتيه الحسن ويحيى بن محمد بن عباد بن هانئ الشجري ضعيف، كما قال أبو حاتم وغيره. وقال الذهبي متعقبًا تصحيح الحاكم لهذا الحديث في المستدرك: "يحيى الشجري صاحب مناكير"، وقال الحافظ ابن حجر في التقريب: ضعيف. (٦) إلى هنا ينتهي السقط المشار إليه في الحاشية (٦) من الصفحة السابقة.

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