Sa parole est pareille au miel (1) : elle se donne à voir… et dans l’invisible, elle se transmet au creux de la gorge (2).
Elle te charme par ce qu’elle montre, mais sous son apparence se dissimulent la calomnie et la tromperie, qui te poignardent dans le dos (3).
Ses yeux te révèlent ce qu’il cache de rancune et de haine, dans un regard oblique.
Comble-moi de bien, puisque tu m’as longtemps usé ; le meilleur des soutiens est celui qui équipe (la flèche) de plumes sans la briser (4).
(5) On rapporte ensuite : lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) apprit la venue de cet homme, il se tourna vers lui, l’invita à Dieu et à l’islam. Alors Souwayd lui dit : « Il se peut que ce que tu possèdes soit semblable à ce que j’ai. » Le Messager de Dieu (ﷺ) répondit : « Qu’as-tu donc ? » Il répliqua : « La “Majallat Luqmân” (6) – c’est-à-dire la sagesse de Luqmân. » Le Messager de Dieu (ﷺ) dit : « Fais-moi entendre ce que c’est. » Il la lui présenta, et le Prophète déclara : « Certes, c’est une belle parole, mais ce que j’ai est meilleur encore : c’est un Coran que Dieu m’a révélé, un guide et une lumière. » Puis il lui récita des versets du Coran et l’appela à embrasser l’islam. Souwayd ne s’éloigna pas tout à fait de lui et reconnut : « Cette parole est bonne. » Il s’en alla ensuite vers Médine auprès des siens. Peu après, la tribu des Khazraj le tua. Certains de son peuple disaient alors : « Nous pensons qu’il a été tué en étant musulman. » Son meurtre eut lieu avant la bataille de Buʿâth. Al-Bayhaqî (7) rapporte ce récit d’après al-Hâkim, lui-même le tenant d’al-Aṣam, d’Ahmad ibn ʿAbd al-Jabbâr, de Yûnus ibn Bukayr, et finalement d’ibn Isḥâq, en version plus brève.
[Conversion d’Iyâs ibn Muʿâdh]
Ibn Isḥâq (8) dit : Al-Ḥuṣayn ibn ʿAbd al-Raḥmân ibn ʿAmr ibn Saʿd ibn Muʿâdh m’a rapporté, d’après Maḥmûd ibn Labîd, ce qui suit : Quand Abû al-Ḥaythar Anas ibn Râfiʿ arriva à La Mecque, accompagné de quelques jeunes gens parmi les Banû ʿAbd al-Ashhal, dont Iyâs ibn Muʿâdh, ils venaient solliciter un pacte d’alliance avec Quraysh contre leur propre tribu des Khazraj. Le Messager de Dieu (ﷺ) entendit parler d’eux, se rendit auprès d’eux et s’assit avec eux en disant : « Ne voulez-vous pas quelque chose de meilleur que l’objet de votre venue ? » Ils demandèrent : « Et qu’est-ce donc ? » Il répondit : « Je suis l’Envoyé de Dieu auprès des serviteurs. Je les appelle à n’adorer que Dieu, sans rien Lui associer, et Il m’a révélé le Livre. » Il leur énonça alors ce qu’est l’islam et leur récita le Coran. Sur ce, Iyâs ibn Muʿâdh – qui était un jeune homme – s’exclama : « Ô mon peuple, par Dieu, voilà qui est meilleur que ce pourquoi vous êtes venus ! » Alors Abû al-Ḥaythar Anas ibn