Oui. Puis cet homme craignit que son peuple ne le trahisse(1). Il se rendit alors auprès du Messager de Dieu — que la prière et la paix soient sur lui — et lui dit : « J’irai les informer, puis je reviendrai te voir l’année prochaine. » Le Prophète acquiesça : « Oui. » Il s’en alla donc, et la délégation des Ansâr arriva au mois de Rajab.
Les auteurs des quatre Sunan rapportent ce récit selon différentes chaînes de transmission issues d’Israïl. At-Tirmidhî a déclaré : « Il est bon et authentique (2). »
Chapitre : L’arrivée de la délégation des Ansâr année après année, jusqu’à ce qu’ils prêtent allégeance au Messager de Dieu — que la prière et la paix soient sur lui — à plusieurs reprises. Par la suite, le Messager de Dieu — que la prière et la paix soient sur lui — se rendit auprès d’eux à Médine, où il s’installa parmi eux, comme nous l’exposerons et le détaillerons si Dieu le veut, en qui nous plaçons notre confiance.
[Hadith de Suwayd ibn Sâmit al-Ansârî]
Il s’agit de Suwayd ibn Sâmit ibn ‘Atiyya ibn Hawt ibn Hubayyib ibn ‘Amr ibn ‘Awf ibn Mâlik ibn al-Aws. Sa mère était Laylâ bint ‘Amr an-Najjâriyya, la sœur de Salmâ bint ‘Amr, qui fut la mère d’Abd al-Muttalib ibn Hâshim. Ainsi, Suwayd était le fils de la tante maternelle d’Abd al-Muttalib, le grand-père du Messager de Dieu — que la prière et la paix soient sur lui.
Muhammad ibn Ishâq ibn Yassâr(3) a dit : « Le Messager de Dieu — que la prière et la paix soient sur lui — poursuivait sa mission ainsi : chaque fois que les gens se rassemblaient lors de la saison (du pèlerinage), il s’adressait à eux, invitant les tribus à Dieu et à l’islam. Il leur présentait sa personne ainsi que la guidée et la miséricorde qu’il avait reçues. Et, à chaque fois qu’il apprenait l’arrivée à La Mecque d’un notable ou d’un personnage illustre parmi les Arabes, il s’empressait de le rencontrer pour l’appeler à Dieu — exalté soit-Il — et lui exposer son message. »
Ibn Ishâq(4) rapporte : ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâdah m’a informé, d’après des aînés de son peuple, que Suwayd ibn Sâmit, de la tribu des Banû ‘Amr ibn ‘Awf, vint à La Mecque en pèlerinage — ou en ‘Umra. On l’appelait parmi les siens « l’Homme accompli » en raison de sa force, de sa poésie, de sa dignité et de la noblesse de son ascendance. C’est lui qui a composé ces vers (5) :
« Combien de ceux que tu considères comme des amis… Mais si tu voyais
Ce qu’ils disent lorsqu’ils sont loin de toi, tu serais affligé par leurs propos. »