L’Hafiz Abou Bakr al-Bazzâr a rapporté dans son « Musnad » (1) : « J’ai trouvé dans mon recueil, d’après Muhammad ibn Maʿâwiya al-Baghdâdî, nous ayant transmis d’après ʿAbd al-Raḥmân ibn ʿAbd Allâh ibn ʿUmar, d’après Suhayl ibn Abî Ṣâliḥ, d’après son père, d’après Abou Hurayra, avec élévation (au Prophète), que celui-ci a dit :
“Dieu s’adressa à cette mer occidentale et à la mer orientale. Il dit à la première : ‘Je vais placer en toi des serviteurs parmi Mes serviteurs : qu’en feras-tu ?’ Elle répondit : ‘Je les noierai.’ Dieu lui dit alors : ‘Ta violence sera cantonnée à tes abords.’ Il lui interdit donc la parure (les bijoux provenant de la mer) et la pêche. Puis Il s’adressa à la mer orientale et lui dit : ‘Je vais placer en toi des serviteurs parmi Mes serviteurs : qu’en feras-tu ?’ Elle répondit : ‘Je les porterai sur mes flots et je serai pour eux tel une mère envers son enfant.’ Alors Dieu la gratifia de la parure et de la pêche.” »
Puis (2), al-Bazzâr déclara : « Nous ne connaissons personne l’ayant transmis de Suhayl si ce n’est ʿAbd al-Raḥmân ibn ʿAbd Allâh ibn ʿUmar, et ce hadith est jugé réprouvé (munkar). » Et il poursuivit : « Suhayl l’a également rapporté, d’après al-Nuʿmân ibn Abî ʿAyyâsh, d’après ʿAbd Allâh ibn ʿAmr, sous forme de hadith mawqûf (arrêté au Compagnon). »
J’ai dit : « Le hadith qui s’arrête à ʿAbd Allâh ibn ʿAmr ibn al-ʿÂṣ paraît plus vraisemblable, car il avait trouvé, le jour de la bataille de Yarmouk, deux outres (3) remplies de livres provenant des sciences des Gens du Livre. Il en rapportait de nombreuses traditions israélites (isrâ’îliyyât), dont certaines étaient reconnues, d’autres célèbres, et certaines jugées réprouvées ou rejetées. Quant à la version attribuée au Prophète (marfûʿ), seul ʿAbd al-Raḥmân ibn ʿAbd Allâh ibn ʿUmar ibn Ḥafṣ ibn ʿÂṣim ibn ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb — Abou al-Qâsim al-Madanî, juge de Médine — en est l’unique transmetteur. »
L’imam Aḥmad (4) a dit de lui : « Il ne vaut rien. Je l’ai entendu, puis j’ai déchiré ses hadiths. C’était un menteur, et ses récits sont des hadiths réprouvés (manâkîr). » Ibn Maʿîn (5), Abou Zurʿa (6), Abou Ḥâtim (7), al-Jawzjânî (8), al-Bukhârî (9), Abou Dâwoud (10) et an-Nassâ’î (11) l’ont également affaibli. Ibn ʿAdî (12) déclara : « La plupart de ses hadiths sont des récits réprouvés, et le plus choquant est celui au sujet de la mer. »
Les savants du Tafsîr qui se sont exprimés sur le sujet des étendues, des dimensions, des mers, des fleuves, des montagnes, des superficies, ainsi que sur ce que contient la Terre en villes, ruines, édifices, et sur les sept régions (aqâlîm) véritables selon leur terminologie, et sur les autres provinces