Les gens de ce marché repartent avec quelque chose de bien plus néfaste que ce avec quoi vous repartez au début. Ensuite, pour que vous vous dressiez contre les gens et que les Arabes vous attaquent d’un seul arc, alors que son peuple le connaît mieux que quiconque : s’ils avaient perçu en lui le moindre bien, ils auraient été les plus heureux des hommes à ses côtés. Voulez-vous donc porter assistance à quelqu’un qui a été chassé et démenti par son propre peuple, en l’hébergeant et en le soutenant ? Quelle détestable décision vous avez prise !
Puis il se tourna vers le Messager de Dieu (que Dieu le couvre de bénédiction et de salut) et lui dit : « Lève-toi, rejoins ton peuple ! Par Dieu, si tu n’étais pas chez les miens, je t’aurais tranché la gorge. » Le narrateur rapporte : « Alors, le Messager de Dieu se dirigea vers sa chamelle et y monta. Le perfide Bayḥara pinça son flanc, si bien que la monture se cabra et renversa le Messager de Dieu. »
Ce jour-là, se trouvait chez les Banû ‘Âmir, Ḍubâ‘a bint ‘Âmir ibn Qurṭ. Elle faisait partie des femmes qui s’étaient converties à l’Islam en compagnie du Messager de Dieu à la Mecque. Elle était venue rendre visite à ses cousins et s’écria : « Ô gens de ‘Âmir – bien que je n’aie plus de ‘Âmir – permettra-t-on que le Messager de Dieu soit ainsi traité au milieu de vous, sans que personne ne le protège ? » Trois hommes parmi ses cousins se levèrent alors contre Bayḥara, et deux autres les aidèrent. Chacun s’en prit à un adversaire, le jeta à terre, s’assit sur sa poitrine et le gifla au visage.
Le Messager de Dieu (que Dieu le couvre de bénédiction et de salut) dit alors : « Ô mon Dieu, bénis ceux-ci et maudis ceux-là. » Les trois hommes qui le défendirent embrassèrent ensuite l’Islam et tombèrent en martyrs. Il s’agit de Ghaṭîf et Ghaṭfân, fils de Sahl (4), et de ‘Urwa – ou ‘Udhra (5) – ibn ‘Abd Allâh ibn Salama (qu’Allah l’agrée). Ce hadith complet a été rapporté par le ḥâfiẓ Sa‘îd ibn Yaḥyâ ibn Sa‘îd al-Umawî dans son « Maghâzî », d’après son père.
Quant aux autres, ils périrent sous la malédiction : Bayḥara ibn Firâs, Ḥazn ibn ‘Abd Allâh ibn Salama ibn Qushayr et Mu‘âwiya ibn ‘Ubâda, l’un des Banû ‘Uqayl. Qu’Allâh les maudisse abondamment. Il s’agit là d’un récit rare, que nous avons rédigé pour son caractère singulier, et Dieu sait mieux (6).
Abû Nu‘aym en a rapporté un témoignage corroborant (shâhid) par le hadith de Ka‘b ibn Mâlik (qu’Allâh l’agrée) dans l’histoire de ‘Âmir ibn Ṣa‘ṣa‘a et la déplorable façon dont ils l’ont éconduit. Plus étrange encore, et plus long, est ce qui fut rapporté par Abû Nu‘aym, al-Ḥâkim et al-Bayhaqî (7) — la version étant celle d’Abû Nu‘aym — d’après le hadith d’Abân ibn ‘Abd Allâh al-Bajalî, lui-même rapporté par Abân ibn Taghlib, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs.
‘Alî ibn Abî Ṭâlib (qu’Allâh l’agrée) a dit : « Lorsque Dieu ordonna à Son Messager (que Dieu le couvre de bénédiction et de salut) de se présenter aux tribus arabes, il partit — j’étais alors à ses côtés ainsi qu’Abû Bakr — jusqu’à ce que nous arrivions à Minâ, auprès de l’un des rassemblements des Arabes. Abû Bakr (qu’Allâh l’agrée) s’avança et salua, car il était toujours le premier en toute bonne action, et c’était un homme versé dans la connaissance des généalogies. Il demanda : “Qui êtes-vous ?” Ils répondirent : “Nous sommes de Rabî‘a.” Il dit : “De quelle branche de Rabî‘a… ?” »