Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsqu’on leur dit : « Pour d’autres que nous ?! Nous n’avons que faire de ton affaire », ils refusèrent. Puis, une fois les gens repartis, la tribu de Banû ‘Âmir retourna auprès d’un vieil homme de chez eux, qui, en raison de son âge avancé, ne pouvait plus se rendre aux saisons (du pèlerinage) avec eux. Ils avaient coutume, à leur retour, de l’informer de ce qui s’était passé durant la saison. Cette année-là, quand ils vinrent à lui, il leur demanda ce qui avait eu lieu lors du rassemblement. Ils répondirent : « Un jeune homme, issu des Quraysh, de la lignée de Banû ‘Abd al-Muttalib, est venu nous voir. Il prétend être Prophète et nous appelle à le protéger, à nous tenir à ses côtés, et à l’emmener dans notre pays. » Alors le vieux sage posa sa main sur sa tête et s’exclama : « Ô Banû ‘Âmir, est-il encore possible d’y remédier ? Peut-on rattraper ce qui est passé ? Par Celui qui tient l’âme de tel homme dans Sa main, jamais un descendant d’Ismaël n’a inventé de telles paroles, et elles sont véridiques. Où donc était donc votre discernement ? »

Mûsâ ibn ‘Uqbah rapporte, selon az-Zuhrî : « Durant ces années, le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix) se présentait à chaque saison devant les tribus arabes. Il s’entretenait avec chaque notable, ne leur demandant qu’une seule chose : l’accueillir et le protéger. Il leur disait : “Je ne veux contraindre aucun d’entre vous. Celui qui agrée ce que je prêche, tant mieux ; et celui qui le refuse, je ne le contraindrai pas. Je désire seulement que vous me préserviez de ceux qui veulent me tuer, afin que je puisse transmettre le message de mon Seigneur, jusqu’à ce que Dieu tranche pour moi et pour ceux qui m’accompagnent comme Il le veut.” » Mais aucune tribu ne l’accepta. À chaque fois qu’il s’adressait à l’une d’elles, on disait : « Les siens sont mieux informés sur son compte ; envisagez-vous qu’un homme nous réforme alors qu’il a indisposé son propre peuple, qui l’a rejeté ? » Or tout cela était préparé par Dieu pour les Anṣâr, qu’Il honora ainsi.

Le ḥâfiẓ Abû Nu‘aym rapporte, via la chaîne de transmission remontant à ‘Abd Allâh ibn al-Ajlaḥ et Yahyâ ibn Sa‘îd al-Umawî, tous deux la tenant de Muḥammad ibn as-Sā’ib al-Kalbī, d’après Abû Ṣāliḥ, d’après Ibn ‘Abbās, d’après al-‘Abbās, qui raconta : « Le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix) me dit : “Je ne vois ni chez toi ni chez ton frère une protection suffisante. Pourrais-tu m’accompagner demain au marché afin de me faire connaître les lieux où séjournent les diverses tribus ?” Car c’était là que se rassemblaient les Arabes. » Je lui répondis : « Voici (la tribu de) Kinda et ses alliées, qui sont les meilleurs pèlerins de la Maison parmi les gens du Yémen. Là se trouvent les campements de Bakr ibn Wāʾil, et plus loin ceux de Banû ‘Āmir ibn Ṣa‘ṣa‘ah. Choisis celui qui te conviendra. »

Le Prophète (que Dieu lui accorde Sa bénédiction et Sa paix) commença par Kinda ; il se rendit auprès d’eux et leur demanda : « De quel peuple êtes-vous ? » Ils répondirent : « Nous sommes du Yémen. » Il demanda : « De quelle partie du Yémen ? » Ils dirent : « De la tribu de Kinda. » Il poursuivit : « De quel rameau de Kinda ? » Ils répondirent : « Des Banû ‘Amr ibn Mu‘āwiyah. » Alors il dit : « Voudriez-vous embrasser le bien ? » Ils répliquèrent : « De quoi s’agit-il ? » Il répondit : « Vous témoignez qu’il n’y a pas de divinité digne d’adoration en dehors de Dieu, que Muḥammad est le Messager de Dieu, vous accomplissez la prière et vous croyez en ce qui provient de Dieu. »

(1) « هل لها من تلافٍ » : c'est-à-dire une réparation. Quant à l'expression « هل لذناباها من مطلب », c'est comme « ضُرب » pour ce qui lui a échappé ; à l'origine, il s'agit de « ذنَابَى الطائر » : lorsque l'oiseau échappe aux filets, on cherche à attraper ses queues. Al-Rawḍ (2/181). (2) Cela signifie : aucun des fils d'Ismaël n'a faussement revendiqué la prophétie. Al-Rawḍ (2/181). (3) Dans le manuscrit (h) : « يصحبه » (il l'accompagne). Dans la marge, au mot « جابنها » : « يقبله » (il l'accepte). Au-dessus, la notation « (خ) » indique une variante littérale dans la copie. (4) Rapporté par al-Bayhaqī dans al-Dalāʾil (2/414) d’après Mūsā b. ʿUqba, et rapporté par Abū Naʿīm dans al-Dalāʾil (1/389) d’après al-Ṭabarānī. Il nous a été raconté par Muḥammad b. ʿAmr b. Khālid al-Ḥarānī, il nous a raconté mon père, il nous a raconté Ibn Lahiʿa de al-Aswad d’après ʿUrwa b. al-Zubayr, qui l’a mentionné. (5) Ce passage ne figure pas dans les éditions imprimées d’al-Dalāʾil, mais une partie de ce rapport y sera prochainement citée, avec référence au lieu opportun. (6) Dans la copie imprimée : « حتى نقرّ في », alors que la lecture confirmée est celle du manuscrit (h). (7) Le terme n'apparaît pas dans le manuscrit (h).
لغيرنا؟! لا حاجة لنا بأمرك. فأبَوْا عليه. فلما صدرَ الناسُ رجعتْ بنو عامر إلى شيخٍ لهم، قد كان أدركه السنّ، حتى لا يقدِرُ أنْ يوافي معهم المواسم، فكانوا إذا رجعوا إليه حدَّثوه بما يكون في ذلك الموسم، فلما قدموا عليه ذلك العام سألهم عمَّا كان في مَوْسِمهم فقالوا: جاءنا فتًى من قريش، ثم أحد بني عبد المطلب يزعمُ أنه نبيّ يدعونا إلى أنْ نمنعه ونقومَ معه، ونخرج به إلى بلادنا. قال: فوضع الشيخ يده على رأسِه ثم قال: يا بني عامر، هل لها من تَلافٍ؟ هل لذُنَابَاها من مَطْلب (١) ؟ والذي نفسُ فلانٍ بيده ما تقوَّلها إسماعيليٌّ قطّ (٢) ، وإنها لحق، فأين رأْيُكم كان عنكم؟! وقال موسى بن عقبة عن الزهري: فكان رسولُ الله ﷺ في تلك السنين يعرضُ نفسه على قبائل العرب في كلِّ موسم، ويكلِّم كلَّ شريفِ قوم، لا يسألهم مع ذلك إلا أن يُؤْووه ويمنعوه ويقول: "لا أُكْرِهُ أحدًا منكم على شيء، مَنْ رَضِي منكم بالذي أدعوه إليه فذلك، ومن كره لم أُكْرِهْه، إنما أُريدُ أن تُحرزوني مما يُرادُ بي من القتل حتى أُبَلِّغ رسالة رَبِّي، وحتى يقضيَ الله لي ولمن صحبني بما شاء" . فلم يقبله (٣) أحدٌ منهم، وما يأتي أحدًا من تلك القبائل إلا قال: قومُ الرجلِ أعلم به، أترَوْنَ أنَّ رجلًا يُصلحنا وقد أفسد قومَهُ ولفظوه؟! وكان ذلك مما ذَخَرَهُ اللهُ للأنصار وأكرمَهُمْ به (٤) . وقد روى الحافظ أبو نعيم (٥) من طريق عبد الله بن الأجلح ويحيى بن سعيد الأموي، كلاهما عن محمد بن السائب الكلبي، عن أبي صالح، عن ابن عباس عن العباس، قال: قال لي رسولُ الله ﷺ : "لا أرى لي عندك ولا عند أخيك منَعة، فهل أنت مُخْرِجي إلى السُّوق غدًا حتى تُعَرِّفني (٦) منازلَ قبائلِ الناس" وكانتْ مجمعَ العرب. قال: فقلت: هذه كِنْدَةُ ولفّها (٧) ، وهي أفضلُ مَنْ يحجُّ البيت من اليمن، وهذه منازلُ بكر بن وائل، وهذه منازلُ بني عامر بن صعصعة، فاختَرْ لنفسك؟ قال فبدأ بكِنْدَةَ فأتاهم فقال: "ممنِ القوم؟ " قالوا: من أهل اليمن. قال: "من أيِّ اليمن؟ " قالوا: من كِنْدَة. قال: "من أيِّ كِنْدَة؟ " قالوا: من بني عمرو بن معاوية. قال: "فهل لكم إلى خير؟ " قالوا: وما هو؟ قال: "تشهدونَ أنْ لا إله إلا الله، وأن محمدًا رسول الله، وتقيمون الصلاة، وتؤمنون بما جاء من عند الله" .
(١) هل لها من تلافٍ": أي تدارك. وقوله هل لذناباها من مطلب: مثل ضُرب لما فاته منها، وأصله: من ذنَابَى الطائر: إذا أفلت من الحبالة، فطلب الأخذ بذناباه. الروض (٢/ ١٨١). (٢) أي ما ادعى النبوة كاذبًا أحد من بني إسماعيل. الروض (٢/ ١٨١). (٣) في ح: يصحبه. وإلى جابنها في الهامش: يقبله. وفوقها: (خ) إشارة إلى رواية نسخة. (٤) أخرجه البيهقي في الدلائل (٢/ ٤١٤) عن موسى بن عقبة، وأخرجه أبو نعيم في الدلائل (١/ ٣٨٩) عن الطبراني، حدثنا محمد بن عمرو بن خالد الحراني، حدثنا أبي، حدثنا ابن لهيعة عن الأسود عن عروة بن الزبير فذكره. (٥) ليس فيما طبع من دلائل النبوة وسيأتي شطر من هذا الخبر مثبت في الدلائل يشار إليه في موضعه. (٦) في ط: حتى نقرّ في، والمثبت من ح. (٧) ليست اللفظة في ح.

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