Ibn Ishaq a dit : « Ils étaient sept individus. C’est alors que Dieu – exalté soit-Il – a fait descendre au sujet de ces djinns Sa parole : “Et lorsque Nous t’orientâmes vers un groupe de djinns pour qu’ils écoutent le Coran” [Al-Ahqâf, 29]. »
J’ajoute : Nous avons abordé ce point de manière détaillée dans le Tafsîr, et nous en avons déjà présenté une partie. Dieu est plus Savant.
Ensuite, le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) entra à La Mecque à son retour de Tâ’if sous la protection d’al-Mutʿim ibn ʿAdî. Alors, son peuple accrut encore davantage sa haine, sa fureur, son audace, son déni et son obstination à son égard. Nous recourons à l’aide de Dieu, et c’est en Lui que nous mettons toute notre confiance.
Al-Amawî a rapporté dans ses “Maghâzî” que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) envoya ʿAbd Allâh ibn Urrayqit chez al-Akhnas ibn Sharîq, afin de lui demander sa protection pour entrer à La Mecque. Al-Akhnas dit : « Un allié de Quraysh ne peut accorder de protection contre leur clan originel. » Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) l’envoya ensuite chez Suhayl ibn ʿAmr pour la même demande. Celui-ci répondit : « Les Banû ʿAmir ibn Lu’ayy ne protègent pas contre les Banû Kaʿb ibn Lu’ayy. » Alors, il l’envoya chez al-Mutʿim ibn ʿAdî, qui répondit : « Oui, dis-lui de venir. »
Le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) se rendit donc chez lui et y passa la nuit. Au matin, al-Mutʿim sortit avec lui accompagné de ses fils – six ou sept – tous ceinturés de leurs sabres. Ils entrèrent dans la Mosquée Sacrée et dirent au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) : « Fais ta circumambulation (tawâf). » Ils se tenaient debout, les ceintures de leurs épées passées à l’épaule, durant le tawâf. Abû Sufyân s’avança alors vers al-Mutʿim et lui dit : « Est-ce un protégé ou un adepte (1) ? » Al-Mutʿim répondit : « Non, c’est un protégé. » Abû Sufyân répliqua : « Dans ce cas, on ne rompra pas ta protection. » Al-Mutʿim resta avec lui jusqu’à ce que le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) eût achevé son tawâf. Puis, une fois que le Prophète se retira, ils se retirèrent à ses côtés, et Abû Sufyân regagna son assemblée.
On raconte que le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) resta quelques jours, puis Dieu l’autorisa à émigrer. Quand il émigra à Médine, al-Mutʿim ibn ʿAdî mourut peu de temps après. Hassân ibn Thâbit (qu’Allah l’agrée) dit alors : « Par Dieu, je composerai une élégie en son honneur. » Il dit entre autres (2) :
[du mètre at-tawîl]
« S’il était un honneur qui eût préservé pour toujours un homme parmi les gens,
alors l’honneur de Mutʿim l’aurait sauvé ce jour-là.
Tu as accordé ta protection au Messager de Dieu contre eux, et ils sont devenus
tes serviteurs tant qu’un pèlerin en état de sacralisation et un non-pèlerin invoquent (Dieu).
Si l’on interrogeait à son sujet l’ensemble des Maʿadd,
ainsi que Qaḥṭân, ou ce qui reste de Jurhum,
Ils diraient : “Il est celui qui a préservé la protection de son voisin
et son engagement, en un moment où l’on se serait pourtant dérobé.”
Jamais le soleil éclatant, en se levant sur eux,
n’a illuminé un homme de leur rang plus noble et plus glorieux.
Fermeté et refus (à l’oppression) quand il disait ‘non’, autant qu’il était docile et indulgent ;
et il offrait le répit à son voisin quand la nuit s’abattait. »
J’ajoute : C’est pour cette raison que le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) déclara, le jour où l’on fit des prisonniers à Badr : « Si al-Mutʿim ibn ʿAdî était encore en vie et qu’il eût demandé de me confier ces prisonniers avilis, je les lui aurais abandonnés (5). »