Ibn ʿAbd al-Raḥmān aṭ-Ṭāʾifī, d’après ʿAbd ar-Raḥmān ibn Khālid ibn Abī Jabal (1) al-ʿAdawānī, d’après son père, raconta qu’il aperçut le Messager d’Allah (ﷺ) dans la région orientale de Thaqīf, alors qu’il se tenait debout, s’appuyant sur un arc – ou sur un bâton – au moment où il était venu solliciter leur appui. Il déclara l’avoir entendu réciter : « Par le ciel et par l’Astre nocturne » (Sourate aṭ-Ṭāriq, v. 1), jusqu’à la fin de la sourate. Il dit : « Je l’avais mémorisée à l’époque de la Jāhiliyyah, alors que j’étais polythéiste, puis je l’ai récitée lorsque je suis entré en Islam. » Il poursuivit : « Thaqīf me convoqua et me dit : “Qu’as-tu entendu de cet homme ?” Je leur récitai alors ce passage, et ceux de Quraych qui se trouvaient parmi eux dirent : “Nous connaissons mieux notre compagnon ; si nous savions que ce qu’il dit est vrai, nous l’aurions suivi.” »
Il est rapporté dans les deux Ṣaḥīḥ (2), par la chaîne de transmission de ʿAbd Allāh ibn Wahb, qui tenait l’information de Yūnus ibn Yazīd, d’après Ibn Shihāb, lequel dit : ʿUrwah ibn az-Zubayr m’a informé qu’ʿĀʾishah (qu’Allah soit satisfait d’elle) lui a rapporté avoir dit au Messager d’Allah (ﷺ) : « Une journée t’a-t-elle été plus éprouvante que celle d’Uḥud ? » Il répondit : « Ce que j’ai enduré de la part de ton peuple fut plus pénible encore : le jour d’al-ʿAqabah (3), lorsque je me présentai à Ibn ʿAbd Yā Layl ibn ʿAbd Kulāl, mais il ne me donna pas la réponse que j’espérais. Je m’en allai donc, accablé de tristesse, si bien que je ne repris mes esprits qu’à Qarn ath-Thaʿālib. Là, je levai la tête et vis un nuage me couvrant, et à l’intérieur s’y trouvait Jibrīl (sur lui la paix). Il m’appela et me dit : “Allah a bien entendu tes propos et ceux de ton peuple à ton égard, ainsi que leur rejet. Il t’a envoyé l’Ange des Montagnes, pour que tu lui ordonnes ce que tu voudras concernant ces gens.” L’Ange des Montagnes m’appela alors, me salua et me dit : “Ô Muḥam (4), certes Allah a entendu les propos de ton peuple à ton sujet. Je suis l’Ange des Montagnes ; ton Seigneur m’a envoyé vers toi afin que tu me commandes selon ta volonté. Si tu le désires, je ferai s’effondrer sur eux les deux massifs (5).” Le Messager d’Allah (ﷺ) répondit : “Je préfère plutôt espérer qu’Allah fera surgir de leur descendance des hommes qui L’adoreront sans rien Lui associer.” »
[Chapitre]
Muhammad ibn Isḥāq (6) a relaté que c’est au retour de Ṭāʾif, alors que le Prophète (ﷺ) passa la nuit à Nakhlah et y accomplit la prière de l’aube avec ses compagnons, que les jinns dépêchés vers lui entendirent sa récitation.