Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Fille de six ans. Puis elle sortit et alla trouver Sawda bint Zamʿa. Il lui dit : « Quelle bénédiction et quel bien Dieu t’a accordés ! » Elle répondit : « Qu’est-ce ? » Elle lui dit : « Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) m’a envoyée te demander en mariage. » Sawda répliqua : « Je le souhaite vivement. Entre donc chez mon père (1) et mentionne-lui cela. » C’était un vieillard d’un âge avancé qui avait renoncé au pèlerinage. Elle entra donc auprès de lui et le salua (2) selon la salutation de l’époque antéislamique. Il demanda : « Qui est-ce ? » Elle répondit : « C’est Khowla bint Hakîm. » Il dit : « Que désires-tu ? » Elle répondit : « Muhammad ibn ʿAbd Allâh m’a envoyée pour demander Sawda en mariage. » Il dit : « C’est un homme de valeur et noble. Qu’en dit l’intéressée ? » Elle répondit : « Elle désire cela. » Il ajouta : « Fais-la venir. » Elle la fit donc venir. Il lui dit : « Ô ma fille, cette femme prétend que Muhammad ibn ʿAbd Allâh ibn ʿAbd al-Muttalib t’envoie demander en mariage. C’est un homme de valeur, désires-tu que je te marie à lui ? » Elle répondit : « Oui. » Il ajouta : « Fais-le entrer. » Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) vint et il la lui donna en mariage. Quand son frère, ʿAbd ibn Zamʿa, revint du pèlerinage, il se mit (3) à jeter de la terre sur sa tête. Puis après sa conversion, il dit : « Par ta vie, j’étais fou le jour où je jetais de la terre sur ma tête parce que le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) avait épousé Sawda bint Zamʿa. »

ʿÂʾisha raconta : « Nous arrivâmes ensuite à Médine et nous nous installâmes chez les Banû al-Hârith ibn al-Khazraj, dans la maison appelée ash-Shunh (4). » Elle poursuivit : « Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) vint, entra dans notre demeure, et des hommes et des femmes des Anṣâr se réunirent autour de lui. Alors ma mère vint me chercher, alors que j’étais (5) sur une balançoire suspendue entre deux palmes, et elle me faisait osciller. Elle me descendit de la balançoire alors que j’avais encore une chevelure enfantine. Elle l’écarta, essuya mon visage avec un peu d’eau, puis m’emmena auprès de lui. Je haletais (6) jusqu’à ce que mon souffle se calme. Elle me fit ensuite entrer et trouva le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) assis sur un lit, dans notre maison, en compagnie d’hommes et de femmes des Anṣâr. Elle me fit asseoir sur ses genoux (7) et déclara : “Celle-ci est ta famille, que Dieu te la bénisse, et vous bénisse en elle.” Les hommes et les femmes se levèrent alors et sortirent. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) consomma le mariage avec moi chez nous : aucune chamelle ne fut égorgée à cette occasion, ni aucune brebis, avant que Saʿd ibn ʿUbâda n’envoie un grand plat (jafnah) au Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) comme il le faisait lorsqu’il rendait visite à chacune de ses épouses (8). Or, j’avais alors neuf ans.

Ce récit semble être transmis de façon interrompue, bien qu’il soit relié par ce qu’a rapporté al-Bayhaqî (9) d’après la voie d’Ahmad ibn ʿAbd al-Jabbâr, qui tint d’Abd Allâh ibn Idrîs al-Awdî (10), lui-même rapportant de Muhammad ibn ʿAmr, de Yaḥyâ ibn ʿAbd ar-Raḥmân ibn Ḥâṭib, lequel a dit : “Elle a dit…”

(1) Dans l'édition : « à Abū Bakr ». C'est une erreur du copiste, confirmé dans Ḥ et dans le Musnad d'Aḥmad. (2) Idem. Dans Ḥ, édition et Musnad, la forme correcte est : « fayaḥyathuhu » (il/le salua). (3) Dans l'édition : « fa-jāʾa » (alors il vint). Forme confirmée dans Ḥ et le Musnad. (4) Al-Sunḥ : situé à la périphérie de la ville, à une distance d'une millise de la demeure du Prophète ﷺ. Voir Maʿjam al-Buldān (3/265). (5) Dans l'édition : « wa-anā » (et moi), confirmé dans Ḥ et le Musnad. (6) Le sens a déjà été donné à la page précédente dans Ḥ, note 1. (7) Dans l'édition : « ḥujra » (chambre). « Bahāʾ » orthographié avec deux « ʿayn ». Confirmé dans Ḥ et le Musnad. (8) Idem dans l'édition et le Musnad. Dans Ḥ : « zāra nisāʾahu » (il visita ses femmes). Dans al-Asās (Dawr) : « Fulān yadūr ʿalā arbaʿ nisāʾ wa yaṭūf ʿalayhinna » signifie « il les gouverne et prend soin d'elles ». (9) Dans Dalāʾil an-Nubuwwa (2/411). (10) Dans l'édition : « al-Azdī », c'est une erreur d'écriture, confirmé dans Ḥ et Dalāʾil ainsi que l'explication des confusions (1/281).
بنت ستِّ سنين. ثم خرجتْ فدخلتْ على سَوْدَة بنتِ زَمَعة فقال: ما أدخل الله عليكِ من الخيرِ والبركة! قالت: وما ذاك؟ قالت: أرسلني رسولُ الله ﷺ أخطُبك عليه، قالت: ودِدْتُ، ادخلي إلى أبي (١) فاذكرى ذلك له - وكان شيخًا كبيرًا قد أدركه السِّنّ، قد تخلَّف عن الحج - فدخلتْ عليه فحييته (٢) بتحيَّة الجاهلية، فقال: مَنْ هذه؟ قالت: خولةُ بنت حكيم. قال: فما شأنُك؟ قالت: أرسلني محمد بن عبد الله أخطُب عليه سَوْدَة. فقال: كفؤٌ كريم، ماذا تقولُ صاحبتُك؟ قال: تحبُّ ذلك. قال: ادعيها لي. فدعَتْها، قال: أيْ بُنَيَّة إنَّ هذه تزعم أنَّ محمد بن عبد الله بن عبد المطلب قد أرسل يخطُبك وهو كفؤٌ كريم، أتحبِّينَ أن أزوِّجَكِ به؟ قالت: نعم. قال: ادعيهِ لي. فجاء رسولُ الله ﷺ فزوَّجها إياه. فجاء أخوها عبد بن زَمَعَة من الحجّ فجعل (٣) يَحْثِي على رأسه التراب. فقال بعد أن أسلم: لعمرك إني لسفيه يوم أحثي في رأسي التراب أنْ تزوَّج رسولُ الله ﷺ سودةَ بنتَ زَمَعة. قالت عائشة: فقدِمنا المدينة فنزلْنا في بني الحارث بن الخَزْرَج في الشُّنْح (٤) . قالت فجاء رسولُ الله ﷺ فدخل بيتَنا واجتمع إليه رجالٌ من الأنصار ونساءٌ، فجاءَتْني أُمِّي وإني (٥) لفي أُرجوحةٍ بين عِذْقَيْن، يُرجَح بي، فأنزلَتْني من الأُرجوحة ولي جُميمة، ففرَقَتْها، ومسحَتْ وجهي بشيء من ماءٍ، ثم أقبلتْ بي تقودني حتى وقفتْ بي عند الباب وإني لأنْهَج (٦) حتى سكن من نَفَسي، ثم دخلَتْ بي فإذا رسولُ الله ﷺ جالسٌ على سرير في بيتنا وعنده رجالٌ ونساءٌ من الأنصار، فأجلسَتْني في حَجْرِهِ (٧) ثم قالت: هؤلاء أهلك فباركَ الله لك فيهم، وبارك لهم فيك. فوثب الرجالُ والنساء فخرجوا، وبنَى بي رسولُ الله ﷺ في بيتنا ما نُحِرتْ عليَّ جَزُور، ولا ذُبحتْ عليَّ شاة، حتى أرسل إلينا سعد بن عُبادة بجَفْنَةٍ كان يرسلُ بها إلى رسولِ الله ﷺ إذا دار إلى نسائه (٨) ، وأنا يومئذ ابنة تسع سنين. وهذا السياق كأنه مرسل، وهو متصل لما رواه البيهقي (٩) من طريق أحمد بن عبد الجبار، حدَّثنا عبد الله بن إدريس الأوْدِي (١٠) عن محمد بن عمرو، عن يحيى بن عبد الرحمن بن حاطب قال: قالت
(١) في ط: إلى أبي بكر. خطأ من الناسخ، والمثبت من ح ومسند أحمد. (٢) كذا. في ح، ط والمسند، والوجه: فحيَّتْهُ. (٣) في ط: فجاء. والمثبت من ح والمسند. (٤) السُّنح: تقع في طرف من أطراف المدينة، بينها وبين منزل النبي ﷺ ميل. معجم البلدان (٣/ ٢٦٥). (٥) في ط: وأنا، والمثبت من ح والمسند. (٦) مضى معناه في الصفحة السابقة ح ١. (٧) في ط: حجرة. بهاء معجمة باثنتين، والمثبت من ح والمسند. (٨) كذا في ط والمسند، وفي ح: زار نساءه، وفي الأساس (دور): فلان يدور على أربع نسوة ويطوف عليهن: أي يسوسهن ويرعاهن. (٩) في دلائل النبوة (٢/ ٤١١). (١٠) في ط: الأزدي، تصحيف، والمثبت من ح والدلائل وتوضيح المشتبه (١/ ٢٨١).

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