« Et ce que Dieu a fait descendre du ciel comme eau, par laquelle Il redonne vie à la terre après sa mort, y dispersant toutes sortes d’animaux, et la variation des vents ainsi que les nuages soumis entre le ciel et la terre : voilà bien des signes pour des gens doués de raison » (Al-Baqara, 164).
Dieu – exalté soit-Il – a comblé Ses serviteurs de bienfaits en ce qu’Il leur a créé, notamment les mers et les fleuves. La mer entoure toutes les régions de la terre, et tout ce qui s’en épanche de divers côtés est d’un goût salé et amer. Il y a en cela une immense sagesse pour la salubrité de l’air, car si la mer avait été d’eau douce, l’air se serait corrompu et l’atmosphère viciée à cause de ce qui y meurt comme créatures, ce qui aurait causé la perte du genre humain. Mais la sagesse parfaite a voulu qu’elle soit telle afin de servir cet intérêt.
C’est pourquoi, lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) fut interrogé sur la mer, il répondit : « Son eau est purifiante, et la bête qui y meurt est licite » (1).
Quant aux fleuves, leur eau est douce, pure, agréable à boire pour qui le désire. Dieu les a rendus courants, faisant jaillir certains dans une terre pour les acheminer vers une autre, comme subsistance pour Ses serviteurs. Parmi ces fleuves, certains sont vastes et d’autres plus modestes, selon les besoins et l’intérêt voulu.
Les spécialistes de l’astronomie et de la géographie (2) ont parlé du nombre de mers et des grands fleuves, de leurs sources et de l’endroit où s’achève leur cours, en des termes qui recèlent sagesse et preuves de la puissance du Créateur – exalté soit-Il –, attestant qu’Il agit selon Sa volonté et Sa sagesse. À propos de Sa parole : « وَالْبَحْرِ الْمَسْجُورِ » [At-Tûr, 6], on trouve deux opinions :
– La première considère qu’il s’agit de la mer située sous le Trône, mentionnée dans le Hadith des ou‘âl (3), au-dessus des sept cieux, dont la distance entre sa partie inférieure et sa partie supérieure est semblable à la distance d’un ciel à l’autre. C’est de cette mer que tombera la pluie avant la Résurrection, pour que les corps reprennent vie dans leurs tombes. Tel est l’avis de Rabi‘ Ibn Anas (4).
– La seconde estime que le terme « mer » est générique et englobe toutes les mers de la terre, et c’est l’avis majoritaire.
Les exégètes ont divergé sur la signification de « المسجور (al-masjûr) ». Certains y voient le sens de « rempli », tandis que d’autres affirment qu’il se transformera, le Jour de la Résurrection, en feu ardent qui encerclera les gens rassemblés, comme nous l’avons mentionné dans notre Tafsîr (5), d’après ‘Alî, Ibn ‘Abbâs, Sa‘îd Ibn Jubayr, Ibn Mujâhid et d’autres. Enfin, il a été dit que cette mer est contenue, retenue et préservée de déborder et de submerger la terre et ceux qui s’y trouvent. »