Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La force de leur adhésion à la tradition (sunna) les conduit à préférer Aïcha parce qu’elle est la fille d’as-Siddîq (Abou Bakr) et parce qu’elle aurait eu davantage de science que Khadija. En effet, il n’y eut pas, dans les communautés, d’équivalente à Aïcha pour sa mémoire, sa science, son éloquence et son intelligence. Le Messager aimait également Aïcha plus que toute autre de ses épouses, son innocence fut révélée depuis au-dessus des sept cieux, et elle transmit, après lui, une grande quantité de hadiths abondants, bénis et pleins de bien. Au point que beaucoup mentionnent le célèbre propos : « Prenez la moitié de votre religion de la Houmayrâ »(1).

La vérité est que chacune d’entre elles (Aïcha et Khadija) possède des vertus(2) telles que, si l’on s’y attarde, elles émerveillent et laissent perplexe. Il est donc préférable de s’abstenir (de comparer) et de renvoyer la science de cette affaire à Dieu(– Exalté soit-Il –). Quant à celui qui trouve une preuve formelle ou un indice fort sur ce sujet, il lui incombe de parler selon le savoir qu’il possède. Pour celui qui hésite sur cette question ou sur toute autre, la voie la plus sûre et la plus droite consiste à dire : « Dieu sait mieux. »

L’imam Ahmad, al-Boukhârî, Muslim, at-Tirmidhî et an-Nassâ’î(3) rapportent, par la voie de Hishâm ibn ‘Ourwah, d’après son père, d’après ‘Abd Allâh ibn Ja‘far, d’après ‘Alî ibn Abî Tâlib(– qu'Allah soit satisfait de lui –), qui a dit : Le Messager de Dieu(ﷺ) a déclaré : « La meilleure de ses femmes est Marie fille de ‘Imrân, et la meilleure de ses femmes est Khadija fille de Khuwaylid », c’est-à-dire la meilleure à chacune de leurs époques(4).

Shu‘bah rapporte, d’après Mu‘âwiyah ibn Qurrah, d’après son père Qurrah ibn Iyâs(– qu'Allah soit satisfait de lui –), que le Messager de Dieu(ﷺ) a dit : « Beaucoup d’hommes ont atteint la perfection, mais seuls trois femmes y sont parvenues : Marie fille de ‘Imrân, Âsiya l’épouse de Pharaon, et Khadija fille de Khuwaylid ; et la supériorité de Aïcha sur (toutes) les femmes est comme la supériorité du tharîd sur les autres mets. » Ce hadith est rapporté, dans son Tafsîr, par Ibn Mardawayh ; la chaîne de transmission jusque Shu‘bah est authentique.

Les savants disent que ce qui est commun à ces trois femmes – Âsiya, Marie et Khadija – c’est qu’elles ont toutes pris en charge un Prophète envoyé et se sont admirablement comportées envers lui, tout en le croyant. Âsiya éleva Moïse, le traita avec bienveillance et le crut lorsqu’il fut envoyé ; Marie prit soin de son fils de façon exemplaire et le crut quand il fut investi de sa mission ; Khadija, de son côté, désira épouser le Messager de Dieu(ﷺ) et dépensa ses biens pour cela, comme déjà mentionné, et elle le crut lorsque la Révélation de Dieu(– Exalté soit-Il –) descendit sur lui. Quant à sa parole : « Et la supériorité de Aïcha sur (toutes) les femmes est comme la supériorité du tharîd sur les autres mets », elle est attestée dans les deux recueils authentiques(5) via Shu‘bah, d’après ‘Amr ibn Mourrah, d’après Mourrah at-Tayyib al-Hamdânî, d’après Abou Moussa.

(1) Hadith très étrange, voire blâmable ; al-Dhahabī a dit : c'est un hadith faible dont la chaîne n'est pas connue. Kashf al-Khafāʾ (1/449). (2) Concernant le hadith : en vérité, chacun d'eux possède ses mérites. (3) Musnad de l’Imam Aḥmad (1/84) et Fatḥ al-Bārī (3815) Chapitre des mérites des Ansār, section du mariage du Prophète ﷺ avec Khadīja ; Sahīh Muslim (69 - 2430) Mérites des Compagnons, chapitre des mérites de Khadīja, Mère des Croyants ; et Sunan al-Tirmidhī (3877) Muqaddima, chapitre du mérite de Khadīja رضي الله عنها, également rapporté dans le Sunan al-Kubrā (8354). (4) Al-Qurṭubī a dit : le pronom se réfère à un antécédent non mentionné, mais cela est expliqué par le contexte et l'observation, il désigne la dunyā (monde matériel). Al-Ṭībī a dit : le premier pronom se rapporte à la communauté dans laquelle vivait Marie, et le second à cette communauté-ci. Fatḥ al-Bārī (7/135). (5) Concernant le hadith : « moins trois ». (6) Fatḥ al-Bārī (3411) Chapitre des hadiths des Prophètes, sous la parole de Dieu le Très-Haut : « Et Allah donne comme exemple à ceux qui ont cru » [At-Tahrīm : 11].
تحمِلُهم قوةُ التسنُّن على تفضيلِ عائشةَ لكونها ابنةَ الصدِّيق، ولكونها أعلمَ من خديجة فإنه لم يكنْ في الأُمم مثل عائشة في حفظِها وعلمِها وفصاحتها وعقلِها، ولم يكنِ الرسولُ يحبُّ أحدًا من نسائه كمحبَّتِه إيَّاها، ونزلَتْ براءتُها من فوق سبعِ سموات، وروَتْ بعده عنه (عليه السلام) علمًا جمًّا كثيرًا طيِّبًا مبارَكًا فيه، حتى قد ذكر كثيرٌ من الناس الحديثَ المشهور "خُذُوا شَطْرَ دينِكُمْ عن الحُمَيْرَاء" (١) . والحق أنَّ كلًّا منهما لها من الفضائل (٢) ما لو نظر الناظرُ فيه لبَهَرَهُ وحيَّرَهُ، والأحسن التوقُّف في ذلك وردُّ علم ذلك إلى الله – Exalté soit-Il – . ومن ظهر له دليلٌ يقطَعُ به، أو يغلِبُ على ظنِّه في هذا الباب، فذاك الذي يجبُ عليه أن يقول بما عنده من العلم، ومن حصل له توقُّفٌ في هذه المسألة أو في غيرها فالطريقُ الأقوم والمسلك الأسلم أن يقول: الله أعلم. وقد روى الإمامُ أحمد والبخاري ومسلم والترمذي والنسائي (٣) من طريق هشام بن عروة، عن أبيه، عن عبد الله بن جعفر، عن علي بن أبي طالب (رضي الله عنه) قال: قال رسولُ الله ﷺ : "خيرُ نسائِها مريم بنتُ عمران، وخير نسائها خديجةُ بنتُ خويلد" أي: خير زمانهما (٤) . وروى شعبة عن معاوية بن قرة، عن أبيه قرة بن إياس (رضي الله عنه) قال: قال رسولُ الله ﷺ : "كَمَلَ من الرجال كثير، ولم يكمُلْ من النساء إلا (٥) ثلاث: مريم بنت عمران، وآسية امرأةُ فرعون، وخديجة بنت خُويلد؛ وفضلُ عائشة على النساء كفضل الثَّريد على سائرِ الطعام" . رواه ابنُ مردويه في تفسيره. وهذا إسنادٌ صحيح إلى شعبة وبعدَه. قالوا: والقَدْر المشترك بين الثلاث نسوة؛ آسية ومريم وخديجة، أنَّ كلًّا منهن كفَلَتْ نبيًّا مرسلًا وأحسنتِ الصُّحْبة في كفالتها وصدَّقَتْه. فآسيةُ ربَّتْ موسى وأحسنتْ إليه، وصدَّقَتْه حين بُعث؛ ومريم كفَلَتْ ولدَها أتمَّ كفالة وأعظمَها، وصدَّقته حين أُرسل؛ وخديجة رَغِبتْ في تزويجِ رسولِ الله ﷺ بها وبذلَتْ في ذلك أموالها كما تقدَّم وصدَّقته حين نَزَل عليه الوَحْي من الله – Exalté soit-Il – . وقوله "وفضل عائشة على النساءِ كفضل الثريدِ على سائرِ الطعام" هو ثابتٌ في الصحيحَيْن (٦) من طريق شعبة أيضًا عن عمرو بن مُرَّة، عن مرَّة الطيِّب الهَمْدَاني، عن أبي موسى
(١) حديث غريب جدًّا بل هو منكر، قال الذهبي: هو من الأحاديث الواهية التي لا يعرف لها إسناد. كشف الخفا (١/ ٤٤٩). (٢) في ح: والحق أن لكل منهما فضائل. (٣) مسند الإمام أحمد (١/ ٨٤) وفتح الباري (٣٨١٥) مناقب الأنصار باب تزويج النبي ﷺ خديجة، وصحيح مسلم (٦٩ - ٢٤٣٠) فضائل الصحابة باب فضائل خديجة أم المؤمنين، وسنن الترمذي (٣٨٧٧) المناقب باب فضل خديجة (عليه السلام) ، وهو في السنن الكبرى (٨٣٥٤). (٤) قال القرطبي: الضمير عائد على غير مذكور لكنه يفسره الحال والمشاهدة، يعني به الدنيا. وقال الطيبي: الضمير الأول يعود على الأمة التي كانت فيها مريم والثاني على هذه الأمة. فتح الباري (٧/ ١٣٥). (٥) في ح: غير ثلاث. (٦) فتح الباري (٣٤١١) أحاديث الأنبياء باب قول الله تعالى ﴿وَضَرَبَ اللَّهُ مَثَلًا لِلَّذِينَ آمَنُوا﴾ [التحريم: ١١]،=

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