Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Mukhaïmara, Ḥabīb ibn Abī Thābit, ʿAṭāʾ ibn Dīnār, Muḥammad ibn Kaʿb et d’autres ont rapporté ce point de vue, mais il reste sujet à examen. Dieu est plus savant.

L’interprétation la plus probante, Dieu sait mieux, est celle transmise d’Ibn ʿAbbās : ces personnes empêchent les gens de croire en Muḥammad. C’est également l’opinion de Mujāhid, Qatāda, al-Ḍaḥḥāk et de plusieurs savants, et c’est le choix d’Ibn Jarīr. Son explication est que ces propos sont prononcés pour parachever la réprimande à l’encontre des polythéistes, lesquels dissuadaient autrui de suivre le Prophète tout en ne tirant eux-mêmes aucun profit de son message.

C’est pourquoi Dieu – Exalté soit-Il – a dit :
« Et parmi eux, il en est qui t’écoutent, mais Nous avons placé des voiles sur leurs cœurs de sorte qu’ils ne le comprennent pas, et dans leurs oreilles une lourdeur. Et même s’ils voient tous les signes, ils n’y croiront pas. Jusqu’à ce qu’ils viennent à toi pour te contester, et que ceux qui ont mécru disent : “Ce ne sont que des légendes des Anciens.” (verset 25) Et ils interdisent d’y croire et s’en éloignent eux-mêmes. Mais ils ne font périr qu’eux-mêmes sans s’en rendre compte. » (Coran, al-Anʿām, 6 : 25-26)

Cette formule, « et ils… » (وَهُمْ), indique qu’il s’agit d’un groupe, précisément ceux qui sont mentionnés dans le contexte précédent : « Mais ils ne font périr qu’eux-mêmes sans s’en rendre compte. » (6 : 26), ce qui renforce le sens du reproche. Abū Ṭālib, quant à lui, n’était pas de cette trempe ; il s’employait plutôt à écarter de son neveu, le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui), et de ses compagnons tout ce qu’il pouvait de persécutions, de propos blessants et de préjudices, autant qu’il en avait la capacité, que ce soit par ses actes, ses paroles, sa personne ou ses biens. Toutefois, Dieu ne lui a pas accordé la foi, selon la sagesse insondable et la preuve irréfutable qu’Il détient. Aussi devons-nous nous soumettre à ce décret, et si Dieu ne nous avait pas interdis de prier pour le pardon des polythéistes, nous aurions imploré le pardon divin pour Abū Ṭālib et aurions demandé la miséricorde en sa faveur.

Section au sujet du décès de Khadīja bint Khuwaylid

Évoquons maintenant certains de ses mérites et de ses vertus (Dieu l’ait en Sa miséricorde et l’agrée), qu’Il lui réserve les jardins du Paradis pour demeure et dernière demeure. Sans aucun doute, Il a déjà exaucé cette prière, comme l’a annoncé le véridique et digne de confiance (que la paix et le salut soient sur lui), en lui annonçant un palais de roseau au Paradis, où il n’y aura ni tapage ni fatigue.

Yaʿqūb ibn Sufyān rapporte : « Abū Ṣāliḥ nous a transmis, d’après al-Layth, qui tenait lui-même cela de ʿUqayl, d’après Ibn Shihāb, qu’ʿUrwa ibn al-Zubayr a dit : “Khadīja est décédée avant que la prière ne fût rendue obligatoire.” »

Dans une autre chaîne remontant au zūhrī, il est rapporté : « Khadīja mourut à La Mecque avant que le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) n’émigrât à Médine et avant que la prière ne fût prescrite. »

Muḥammad ibn Isḥāq affirme : « Khadīja et Abū Ṭālib moururent la même année. »

Selon al-Bayhaqī, on raconte que Khadīja serait morte trois jours après la disparition d’Abū Ṭālib. C’est ce qu’a rapporté Abū ʿAbd Allāh ibn Mandah.

(1) Dans Ḥ: al-Wafāʾ. (2) Dans al-Maʿrifa wa al-Tārīkh (3/255), extrait de la partie manquante par le vérificateur d’ici. (3) Dans al-Siyar wa al-Maghāzī (p. 243), Sīra d’Ibn Hishām (1/416) et al-Rawḍ (2/166). (4) Dans Dalāʾil al-Nubuwwa (2/352).
مُخَيْمرة، وحبيب بن أبي ثابت، وعطاء بن دينار، ومحمد بن كعب، وغيرهم، ففيه نظر. والله أعلم. والأظهر والله أعلم الرواية الأخرى عن ابن عباس؛ وهم ينهَوْنَ الناس عن محمد أن يؤمنوا به. وبهذا قال مجاهد وقتادة والضحَّاك وغير واحد - وهو اختيارُ ابنِ جرير - وتوجيهه أن هذا الكلام سيق لتمام ذمِّ المشركين حيث كانوا يصدُّون الناسَ عن اتباعه ولا ينتفعون هم أيضًا به. ولهذا قال الله تعالى: ﴿وَمِنْهُمْ مَنْ يَسْتَمِعُ إِلَيْكَ وَجَعَلْنَا عَلَى قُلُوبِهِمْ أَكِنَّةً أَنْ يَفْقَهُوهُ وَفِي آذَانِهِمْ وَقْرًا وَإِنْ يَرَوْا كُلَّ آيَةٍ لَا يُؤْمِنُوا بِهَا حَتَّى إِذَا جَاءُوكَ يُجَادِلُونَكَ يَقُولُ الَّذِينَ كَفَرُوا إِنْ هَذَا إِلَّا أَسَاطِيرُ الْأَوَّلِينَ (٢٥) وَهُمْ يَنْهَوْنَ عَنْهُ وَيَنْأَوْنَ عَنْهُ وَإِنْ يُهْلِكُونَ إِلَّا أَنْفُسَهُمْ وَمَا يَشْعُرُونَ﴾ [الأنعام: ٢٥ و ٢٦] وهذا اللفظ وهو قوله ﴿وَهُمْ﴾ يدلُّ على أنَّ المراد بهذا جماعة، وهم المذكورونَ في سياقِ الكلام في قوله: ﴿وَإِنْ يُهْلِكُونَ إِلَّا أَنْفُسَهُمْ وَمَا يَشْعُرُونَ﴾ [الأنعام: ٢٦] يدلُّ على تمامِ الذَّم. وأبو طالب لم يكن بهذه المثابة، بل كان يصُدُّ الناسَ عن أذيَّةِ رسولِ الله ﷺ وأصحابِه بكلِّ ما يقدِرُ عليه من فعالٍ ومقال، ونفسٍ ومال. ولكنْ مع هذا لم يقدِّرِ الله له الإيمان لما له تعالى في ذلك من الحكمة العظيمة، والحُجَّة القاطعة البالغة الدامغة التي يجب الإيمان بها والتسليم لها، ولولا ما نهانا اللهُ عنه من الاستغفار للمشركينَ لاستغفرْنا لأبي طالب وترحَّمنا عليه. فصل في موت (١) خديجة بنت خُوَيْلِد وذكرِ شيءٍ من فضائلها ومناقبها (عليه السلام) وأرْضاها، وجعل جناتِ الفردوس مُنْقَلَبَها ومَثْواها. وقد فعل ذلك لا محالةَ بخبرِ الصادقِ المصدوق حيث بشَّرَها ببيتِ في الجنَّة من قصَب، لا صَخَبَ فيه ولا نصَب. قال يعقوب بن سفيان (٢) : حدَّثنا أبو صالح، حدَّثنا الليث، حدَّثني عقيل، عن ابن شهاب، قال: قال عروة بن الزُّبير: وقد كانت خديجةُ توفِّيت قبل أنْ تُفرض الصلاة. ثمَّ روى من وجهٍ آخر عن الزُّهْرِي أنه قال: توفِّيت خديجة بمكة قبل خروجِ رسولِ الله ﷺ إلى المدينة، وقبل أنْ تفرض الصلاة. وقال محمد بن إسحاق (٣) : ماتتْ خديجةُ وأبو طالب في عام واحد. وقال البيهقي (٤) : بلغني أنَّ خديجة توفيت بعد موتِ أبي طالب بثلاثة أيام. ذكره أبو عبد الله بن مَنْدَه
(١) في ح: وفاة. (٢) في المعرفة والتاريخ (٣/ ٢٥٥) وهو من الجزء المفقود نقله المحقق من هنا. (٣) السير والمغازي (ص ٢٤٣) وسيرة ابن هشام (١/ ٤١٦) والروض (٢/ ١٦٦). (٤) في دلائل النبوة (٢/ ٣٥٢).

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