Dans les « Maghâzî » de Yûnus ibn Bukayr (1) se trouve ce passage : « Son cerveau bout à tel point qu’il coule sur ses pieds. » C’est ce qu’a rapporté As-Suhaylî (2).
L’historien Al-Hâfiẓ Abû Bakr Al-Bazzâr a dit dans son « Musnad » (3) : « ‘Umar (4) – il s’agit de ‘Umar ibn Ismâ‘îl ibn Mujâlid – nous a rapporté, de son père, de Mujâlid, d’Ash-Sha‘bî, d’après Jâbir, que l’on questionna le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) ou on lui dit : “As-tu servi à quelque chose à Abû Tâlib ?” Il répondit : “Je l’ai fait sortir du Feu pour ne lui laisser qu’une faible couche (ḍaḥḍâḥ) provenant de celui-ci.” » Seul Al-Bazzâr a rapporté ce récit.
As-Suhaylî (5) a ensuite déclaré : « Si le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) n’accepta pas le témoignage d’Al-‘Abbâs, frère d’Abû Tâlib, qui affirmait qu’il (Abû Tâlib) avait prononcé la parole (de foi), et s’il dit : “Je ne l’ai pas entendu”, c’est parce qu’à cette époque, Al-‘Abbâs était mécréant et que son témoignage n’était pas recevable. » J’ajoute : « Pour moi, le récit qui affirme cela n’est pas authentique, en raison de la faiblesse de sa chaîne de transmission, comme mentionné précédemment. Parmi les éléments qui l’indiquent, il y a le fait qu’il questionna plus tard le Prophète (que la paix et la bénédiction soient sur lui) au sujet d’Abû Tâlib, et le Prophète lui répondit alors selon ce qui a déjà été rapporté. On peut également envisager que cette parole ait été prononcée par Abû Tâlib lorsqu’il vit l’ange après le début de l’agonie, moment où la foi ne sert plus à l’âme – Dieu est plus Savant. »
Abû Dâwud At-Tayâlisî (6) a dit : « Shu‘bah nous rapporta d’Abû Isḥâq : “J’ai entendu Nâjiyah ibn Ka‘b dire : ‘J’ai entendu (7) ‘Alî dire : « Lorsque mon père décéda, je vins trouver le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction soient sur lui) et lui dis : ‘Ton oncle est mort.’ Il me répondit : “Va l’enterrer.” Je rétorquai : ‘Il est mort en idolâtre.’ Alors il déclara : “Va l’enterrer et ne fais rien avant de revenir me voir (8).” Je fis ce qu’il avait dit, puis je revins à lui, et il m’ordonna de me purifier par un bain rituel.” ’” » Ce hadith est également rapporté par An-Nasâ’î (9), d’après Muḥammad ibn Al-Muthannâ, d’après Ghundar (10), d’après Shu‘bah. Abû Dâwud et An-Nasâ’î (11) le rapportent aussi selon la version de Sufyân, d’Abû Isḥâq, de Nâjiyah, d’après ‘Alî : « Quand Abû Tâlib mourut, je dis : ‘Ô Messager de Dieu, ton oncle, le vieil égaré, vient de mourir ; qui va l’enterrer ?’ Il répondit : ‘Va ensevelir ton père.’ »