Ensuite, la version rapportée par Ibn Isḥāq – c’est-à-dire son récit – a été contredite par un récit plus authentique, à savoir celui rapporté par al-Bukhārī, qui déclare (1) : « Maḥmūd nous a rapporté, ʿAbd ar-Razzāq nous a rapporté, Maʿmar nous a informés, d’après az-Zuhrī, d’après Ibn al-Musayyib, d’après son père (qu’Allah l’agrée) : Lorsque Abū Ṭālib fut sur le point de mourir, le Prophète (ﷺ) entra auprès de lui, tandis qu’Abū Jahl s’y trouvait déjà. Le Prophète (ﷺ) dit : “Ô oncle, dis : ‘Il n’y a de divinité qu’Allah’, une parole grâce à laquelle je plaiderai en ta faveur auprès d’Allah.” Abū Jahl et ʿAbd Allāh ibn Abī Umayya s’exclamèrent : “Ô Abū Ṭālib, veux-tu renoncer (2) à la religion de ʿAbd al-Muṭṭalib ?” Ils ne cessèrent de lui parler ainsi jusqu’à ce que ses derniers mots (3) furent : “Il est sur la religion de ʿAbd al-Muṭṭalib.” Le Prophète (ﷺ) dit alors : “Je demanderai certes le pardon pour toi tant qu’il ne m’en sera pas interdit.” Puis fut révélé ce verset : « Il n’appartient pas au Prophète et à ceux qui ont cru d’implorer le pardon [d’Allah] en faveur des associateurs, fussent-ils leurs proches parents, après qu’il leur est apparu clairement que ceux-là sont les hôtes de l’Enfer » [at-Tawbah : 113], et fut révélé également : « En vérité, tu ne guides pas qui tu aimes » [al-Qaṣaṣ : 56]. »
Muslim l’a rapporté (4) par l’intermédiaire d’Isḥāq ibn Ibrāhīm et ʿAbd ibn Ḥumayd (5), d’après ʿAbd ar-Razzāq. Al-Bukhārī et Muslim (6) ont également présenté, d’après az-Zuhrī, sur l’autorité de Saʿīd ibn al-Musayyib, lequel l’a lui-même reçu de son père, un récit similaire où il est dit : « Le Messager d’Allah (ﷺ) ne cessa de lui proposer de prononcer cette parole, tandis que les deux autres (Abū Jahl et ʿAbd Allāh ibn Abī Umayya) revenaient à la charge avec la même objection (7), jusqu’à ce que, dans ses derniers mots, il affirma demeurer sur la religion de ʿAbd al-Muṭṭalib et refusa de dire : “Il n’y a de divinité qu’Allah.” Le Prophète (ﷺ) déclara : “Par Allah, je demanderai certes le pardon pour toi tant qu’il ne m’en sera pas interdit.” » C’est alors que Dieu – c’est-à-dire après cela – révéla : « Il n’appartient pas au Prophète et à ceux qui ont cru d’implorer le pardon en faveur des associateurs, fussent-ils leurs proches parents » [at-Tawbah : 113]. Quant à Abū Ṭālib, ce verset fut révélé à son sujet : « En vérité, tu ne guides pas qui tu aimes. Mais c’est Allah qui guide qui Il veut, et Il connaît mieux que quiconque ceux qui suivent la bonne direction » [al-Qaṣaṣ : 56].
C’est également ainsi que l’ont rapporté l’imām Aḥmad, Muslim, at-Tirmidhī (8) et an-Nasāʾī (9), d’après la chaîne de transmission passant par Yazīd ibn Kaysān, sur l’autorité de