Il dit : « Dieu – exalté soit-Il – a fait descendre au sujet de ce groupe : “Ṣâd. Par le Coran porteur du rappel (1). Mais ceux qui ont mécru sont pleins d’orgueil et de divergence” [Ṣâd : 1-2], et les versets qui suivent. » Nous en avons déjà parlé dans le Tafsîr, et Dieu soit loué et remercié.
Certains, parmi les partisans chiites et autres extrémistes qui soutiennent qu’Abû Tâlib serait mort en musulman, se sont appuyés sur la parole d’al-‘Abbâs dans ce hadith : « Ô fils de mon frère, mon frère a prononcé les mots que tu lui as ordonné de dire » – faisant allusion à « Lâ ilâha illâ Allâh » (il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allâh). On répond à cela de plusieurs façons.
La première est qu’il existe dans la chaîne de transmission un individu non identifié, dont on ignore l’état. L’anonymat touche ainsi son nom et sa fiabilité. Un récit de ce genre, s’il était seul, exigerait la prudence. Or, l’imam Aḥmad, an-Nasâ’î et Ibn Jarîr (1) ont rapporté un récit proche de cette version, par l’intermédiaire d’Abû Usâma, d’après al-A‘mash, ayant pour source ‘Abbâd (2), d’après Sa‘îd ibn Jubayr, auprès d’Ibn ‘Abbâs. Ils le mentionnent sans citer la parole d’al-‘Abbâs.
Ath-Thawrî le rapporte également d’après al-A‘mash, d’après Yaḥyâ ibn ‘Amâra al-Kûfî, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs, sans la mention supplémentaire attribuée à al-‘Abbâs. At-Tirmidhî en a aussi fait le récit et l’a jugé « bon » (ḥasan), tout comme an-Nasâ’î et Ibn Jarîr (3).
Le texte du hadith selon la version d’al-Bayhaqî (4), rapportée par l’intermédiaire d’ath-Thawrî, d’après al-A‘mash, d’après Yaḥyâ ibn ‘Amâra, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs, est le suivant : « Abû Ṭâlib tomba malade. Les Quraysh vinrent le trouver, ainsi que le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui). Un homme se tenait près de la tête d’Abû Ṭâlib et Abû Jahl se leva pour l’en empêcher. Ils se plaignirent alors à Abû Ṭâlib. Celui-ci demanda : “Ô fils de mon frère, que veux-tu de ton peuple ?” Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) répondit : “Ô oncle, je ne veux d’eux qu’une seule parole, par laquelle les Arabes s’humilieront devant eux et les non-Arabes leur paieront la jizya, une seule parole.” Abû Ṭâlib demanda : “Quelle est-elle ?” Le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) répondit : “Lâ ilâha illâ Allâh.” Ils dirent alors : “Va-t-il faire de toutes les divinités un Dieu unique ? Voilà bien une chose étrange !” [Ṣâd : 5]. Et Dieu fit descendre à leur sujet : “Ṣâd. Par le Coran porteur du rappel…” jusqu’au verset : “…ce n’est qu’affabulation.” [Ṣâd : 7]. »