C’est un mensonge forgé, sans aucune véracité. Quant à la Lune, lorsqu’elle s’est fendue, elle n’a pas quitté le ciel. Cependant, lorsqu’à sa demande le Prophète (ﷺ) lui fit un signe, elle se fendit en deux parties. L’une d’elles s’éloigna jusqu’à se trouver derrière Ḥirâ’, et ils purent voir la montagne entre ces deux moitiés, comme l’a rapporté Ibn Masʿūd, qui en fut témoin. Au sujet de la version rapportée par Anas dans le Musnad Aḥmad (1) — « la Lune s’est fendue deux fois à la Mecque » —, cela demande un examen. Il semble plutôt qu’il voulait parler du fait qu’elle se soit fendue en deux moitiés. Et Dieu sait mieux.
Chapitre : Le décès d’Abū Ṭālib, l’oncle du Messager de Dieu (ﷺ)
— puis celui de Khadīja bint Khuwaylid, l’épouse du Messager de Dieu (ﷺ), qu’Allah l’agrée.
On a également dit qu’elle serait décédée avant lui, mais l’avis le plus connu est le premier. Tous deux lui témoignaient leur compassion : l’un (2) ouvertement, l’autre secrètement ; celui-là était mécréant tandis que celle-ci était croyante et véridique — qu’Allah l’agrée.
Ibn Isḥāq (3) a dit : « Par la suite, Khadīja et Abū Ṭālib moururent la même année, et les épreuves s’abattirent sur le Messager de Dieu (ﷺ) à cause de la mort de Khadīja — qui fut pour lui un précieux soutien en islam, auprès de qui il trouvait réconfort — et de la perte de son oncle Abū Ṭālib, qui lui servait d’appui, de rempart et de protecteur face à son peuple. Cela arriva trois ans avant son émigration à Médine. Lorsqu’Abū Ṭālib mourut, les Quraysh infligèrent alors au Messager de Dieu (ﷺ) ce qu’ils n’auraient jamais osé faire de son vivant, au point qu’un insensé parmi eux le prit à partie et jeta de la poussière sur sa tête. Hishām ibn ʿUrwa me raconta, d’après son père, que le Messager de Dieu (ﷺ) rentra alors chez lui, les cheveux couverts de poussière. L’une de ses filles se leva, se mit à l’essuyer tout en pleurant, tandis que le Messager de Dieu (ﷺ) ne pleurait pas et lui disait : “Ne pleure pas, ô ma fille, car Dieu protégera ton père.” Il ajouta : “Jamais les Quraysh ne m’ont causé d’affliction jusqu’à la mort d’Abū Ṭālib.” »
Ibn Isḥāq avait déjà mentionné que certains parmi eux jetaient parfois des détritus dans la marmite (6) du Prophète (ﷺ), lorsqu’on la mettait sur le feu. Il rapporta, d’après ʿUmar ibn ʿAbd Allāh, lui-même rapportant de ʿUrwa, que lorsque cela se produisait, le Prophète (ﷺ) ôtait ces impuretés à l’aide d’un bâton, les rejetait, puis se tenait au seuil de sa porte et disait : « Ô Banū ʿAbd Manāf, est-ce ainsi que vous apportez votre protection ? » Puis il jetait le tout dans la rue.