«Retourne alors vers ton Seigneur et demande-Lui d’alléger (la charge) pour ta communauté.» Je retournai donc (vers Dieu), et Il m’en retrancha dix. Je retournai vers Moïse, qui me tint le même propos, et je retournai (vers Dieu), Il m’en retrancha dix de plus. Je retournai vers Moïse, qui me répéta la même chose. Je retournai (vers Dieu) et Il m’en retrancha dix encore. Je retournai vers Moïse, qui me dit la même chose. Je retournai (vers Dieu) et l’on m’ordonna dix prières par jour. Je retournai (vers Moïse), il me répéta la même chose. Je retournai (vers Dieu) et l’on m’ordonna cinq prières par jour.
Je retournai vers Moïse, qui me dit : «De quoi as-tu été chargé?» Je répondis : «On m’a ordonné cinq prières par jour.» Il reprit : «Ta communauté ne pourra pas supporter cinq prières par jour. J’ai déjà mis les gens à l’épreuve avant toi et j’ai exercé une grande fermeté envers les Enfants d’Israël. Retourne donc vers ton Seigneur et demande-Lui d’alléger la charge de ta communauté.» Je (lui) dis : «J’ai demandé à mon Seigneur jusqu’à éprouver de la pudeur ; désormais je suis satisfait et je me soumets.» Lorsque je Le dépassai (c’est-à-dire lorsque je quittai la présence divine), un héraut cria : «J’ai établi Mon ordonnance et j’ai allégé (le fardeau) de Mes serviteurs.»
C’est ainsi qu’al-Bukhârî a rapporté ce hadith en ce passage. Il l’a également rapporté à d’autres endroits de son Ṣaḥîḥ, tout comme Muslim, at-Tirmidhî et an-Nasâ’î, par diverses chaînes de transmission, remontant à Qatâda, Anas et Mâlik ibn Ṣa‘ṣa‘a (2). Nous l’avons aussi transmis d’après le hadith d’Anas ibn Mâlik, d’après Ubayy ibn Ka‘b, et d’Anas d’après Abû Dharr, ainsi que par de nombreux autres chemins, d’Anas, d’après le Prophète (ﷺ). Nous avons exposé de façon détaillée toutes les chaînes de transmission et leurs formulations dans le Tafsîr (3). Dans ce récit, il n’est pas fait mention de Bayt al-Maqdis. Il arrivait parfois que certains transmetteurs omettent une partie du récit, parce qu’ils la connaissaient déjà, ou alors ils l’oubliaient, ou bien ils ne mentionnaient que ce qu’ils jugeaient le plus important ; parfois, ils développaient le récit en entier, et parfois ils ne communiquaient à leur interlocuteur que ce qu’ils trouvaient le plus utile (4).
Quant à ceux qui considèrent que chaque version du récit de l’Isrâ’ est un épisode distinct, comme on l’a prétendu, ils s’éloignent grandement (de la vérité). En effet, dans tous les récits, il est question des salutations aux Prophètes et, à chaque fois, on lui fait connaissance d’eux, et partout il est question de la prescription des prières. Comment donc prétendre qu’il s’agit d’épisodes multiples? C’est extrêmement éloigné (de la vérité) et bien impossible. Dieu est plus Savant.
Puis al-Bukhârî (5) poursuit : «Al-Ḥumaydî nous a rapporté, Sufyân nous a rapporté, d’après ‘Amr, d’après ‘Ikrima, d’après Ibn ‘Abbâs au sujet de la parole d’Allah : “Et Nous n’avons fait de la vision que Nous t’avons montrée qu’une épreuve pour les gens” [al-Isrâ’ : 60]. Il s’agit, dit-il, d’une vision réelle que vécut le Messager d’Allah (ﷺ) la nuit où il fut emporté vers Bayt al-Maqdis. Quant à “l’arbre maudit” dans le Coran, c’est l’arbre de Zaqqûm (6).»