Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et ainsi en va-t-il du récit rapporté d’Ibn ‘Abbās, selon lequel il aurait dit : « Sur chaque terre parmi la création, il existe l’équivalent de ce qui se trouve ici, au point qu’il y ait un Adam comme votre Adam et un Ibrāhīm comme votre Ibrāhīm. » C’est ce qu’a mentionné Ibn Jarīr (1) de façon abrégée, et qu’al-Bayhaqī a longuement développé dans “Al-Asmāʾ waṣ-Ṣifāt” (2). Si cette attribution à Ibn ‘Abbās – que Dieu l’agrée – est avérée, il s’agit alors de propos qu’il aurait pris dans la tradition israélite (isrāʾīliyyāt), et Dieu sait mieux.

L’imam Aḥmad a dit : « Yazīd nous a rapporté, ‘Al-ʿAwām ibn Ḥawshab nous a rapporté, d’après Sulaymān ibn Abī Sulaymān, d’après Anas ibn Mālik, d’après le Prophète (ﷺ) : “Lorsque Dieu créa la terre, elle se mit à osciller (3). Il créa alors les montagnes et les plaça sur elle, si bien qu’elle se stabilisa. Les anges s’émerveillèrent de la création des montagnes et dirent : ‘Ô Seigneur, est-il, parmi Ta création, quelque chose de plus fort que les montagnes ?’ Il répondit : ‘Oui, le fer.’ Ils dirent : ‘Ô Seigneur, est-il, parmi Ta création, quelque chose de plus fort que le fer ?’ Il répondit : ‘Oui, le feu.’ Ils dirent : ‘Ô Seigneur, est-il, parmi Ta création, quelque chose de plus fort que le feu ?’ (Il dit : ‘L’eau.’ Ils dirent : ‘Ô Seigneur, est-il, parmi Ta création, quelque chose de plus fort que l’eau ?’) (4) Il répondit : ‘Oui, le vent.’ Ils dirent : ‘Ô Seigneur, est-il, parmi Ta création, quelque chose de plus fort que le vent ?’ Il répondit : ‘Oui, le fils d’Adam qui fait l’aumône de sa main droite en la dissimulant à sa main gauche.’” » C’est un ḥadīth qu’Aḥmad (5) a rapporté en exclusivité.

Les savants de l’astronomie (aṣḥāb al-hayʾa) ont mentionné le nombre de montagnes que compte la terre dans l’ensemble de ses régions, à l’est comme à l’ouest ; ils en ont décrit les dimensions, leur étendue et leur altitude, et ils ont développé ce sujet de manière détaillée, au point qu’il serait trop long d’en parler ici.

Dieu – exalté soit-Il – a dit : « Et parmi les montagnes, il y a des sillons blancs et rouges, aux couleurs diverses, et (d’autres) d’un noir intense » [Fāṭir : 27]. Ibn ‘Abbās et d’autres ont expliqué que judad (جُدَدٌ) désigne les « stries » ou « chemins ». ‘Ikrima et d’autres ont dit que gharābīb (غَرَابِيبُ) renvoie aux montagnes hautes et noires (6). C’est ce que l’on observe des montagnes partout sur terre : elles diffèrent selon la variété de leurs régions et de leurs couleurs.

Dieu – exalté soit-Il – a également mentionné dans Son Livre le « Jūdī » [Hūd : 44] (7) de manière explicite. C’est une immense montagne (8) située à l’est de la Jazīrat Ibn ‘Umar, près du Tigre, non loin de Mossoul. Elle s’étend du sud au nord sur une distance de trois jours de marche, et son altitude équivaut à une demi-journée de trajet. Elle est verdoyante, car elle est couverte de chênes, et à côté se trouve un village appelé « al-Thamānīn » (9).

(1) Tafsîr d'Ibn Jarîr at-Tabarî (12/145). (2) Al-Asmāʾ waṣ-Ṣifāt, de Al-Bayhaqî (2/131), qui a dit : La chaîne de transmission de ce hadith d'Ibn ʿAbbās est authentique, mais il est une exception unique ; je ne connais pas d'Abū ad-Duḥā qui le suive de manière continue, et Dieu sait mieux. (3) Tamîd : dérivé de « al-mayd » ; c'est le trouble d'une chose grande, comme le trouble de la terre. Ceci selon Al-Asfahânî dans son Mufradāt. (4) Omission dans la version alif et dans l'édition imprimée, mais ajoutée dans la version bâʾ et la chaîne de transmission. (5) Rapporté par Ahmad dans son Musnad (3/124) ; il n’est pas un narrateur unique, car l'a rapporté également At-Tirmidhî dans son Jâmiʿ (3366) dans la section du tafsîr, qui a dit : ce hadith est étrange, nous ne le connaissons élevé qu'à partir de ce seul chemin. Je dis : sa chaîne de transmission est faible. (6) Voir Tafsîr at-Tabarî (10/409) et Tafsîr al-Qurʾân al-ʿAẓîm d'Ibn Kathîr (3/678). (7) Dieu Tout-Puissant a dit : « Et l'eau fut tarie, l'ordre fut accompli, et il s'installa sur al-Jûdî » [Hûd : 44]. (8) Voir Maʿjam al-Buldān d'Iyâqût al-Ḥamawî (2/179). (9) Maʿjam al-Buldān (2/84).
وهكذا الأثر المرويُّ عن ابن عباس أنه قال: في كل أرض من الخلق مثل ما في هذه، حتى آدم كآدمكم، وإبراهيم كإبراهيمكم، فهذا ذكرهُ ابن جرير (١) مختصرًا، واستقصاه البيهقي في "الأسماء والصفات" (٢) وهو محمولٌ -إن صحَّ نقلُه عنه- على أنه أخذَه ابن عباس (رضي الله عنه) عن الإسرائيليات، واللَّه أعلم. وقال الإمام أحمد: حدَّثنا يزيد، حدَّثنا العوَّام بن حَوْشب، عن سُليمان بن أبي سُليمان، عن أنس بن مالك، عن النبي ﷺ قال: "لما خلق اللَّه الأرضَ جعلتْ تميدُ (٣) ، فخلقَ الجبالَ، فألفاها عليها فاستقرَّتْ، فتعجبتِ الملائكةُ من خَلْق الجبالِ، فقالتْ: يا ربّ: هل من خلقكَ شيءٌ أشدُّ من الجبال؟ قال: نعم الحديدُ. فقالت: يا ربِّ: فهل من خلقك شيءٌ أشدُّ من الحديد؟ قال: نعم النَّار. قالت: يا ربِّ! فهلُ من خَلقكَ شيءٌ أشدُّ من النَّار؟ (قالَ: الماء. قالت: يا ربِّ! فهل من خلقك شيء أشدُّ من الماء؟) (٤) ؛ قال: نعم الرِّيحُ. قالت: يا ربِّ! فهل من خلقكَ شيءٌ أشدُّ من الريح؟ قال: نعم ابنُ آدمَ يتصدَّق بيمينهِ يُخفيها من شمالِه" . تفرَّد به أحمد (٥) . وقد ذكرَ أصحابُ الهيئة أعدادَ جبال الأرض في سائر بقاعها شرقًا وغربًا، وذكروا أطوالَها وبُعدَ امتدادها وارتفاعها، وأوسعوا القولَ في ذلك بما يطول شرحه هاهنا. وقد قالَ اللَّه تعالى: ﴿وَمِنَ الْجِبَالِ جُدَدٌ بِيضٌ وَحُمْرٌ مُخْتَلِفٌ أَلْوَانُهَا وَغَرَابِيبُ سُودٌ﴾ [فاطر: ٢٧] قال ابن عباس وغير واحد: الجُدَدُ: الطرائقُ. وقال عكرمة وغيره: الغرابيب: الجبال الطّوال السُّود (٦) . وهذا هو المشاهدُ من الجبال في سائر الأرض، تختلفُ باختلاف بقاعها وألوانها. وقد ذكرَ اللَّه تعالى في كتابه ﴿الْجُودِيِّ﴾ [هود: ٤٤] (٧) على التعيين، وهو جبل عظيم (٨) شرقي جزيرة ابن عمر إلى جانب دجلة، عند الموصل، امتداده من الجنوب إلى الشمال مسيرة ثلاثة أيام، وارتفاعه مسيرة نصف يوم، وهو أخضرُ لأن فيه شجرًا من البلُّوط، وإلى جانبه قرية يُقال لها: قرية "الثمانين" (٩)
(١) تفسير ابن جرير الطبري (١٢/ ١٤٥). (٢) الأسماء والصفات، للبيهقي (٢/ ١٣١) وقال: إسناد هذا عن ابن عباس (رضي الله عنه) صحيح، وهو شاذ بمرة، لا أعلم لأبي الضحى عليه متابعًا، واللَّه أعلم. (٣) تميد: من الميد: وهو اضطراب الشيء العظيم؛ كاضطراب الأرض. قاله الأصفهاني في مفرداته. (٤) سقطت من أ والمطبوع، وأثبتها من ب والمسند. (٥) رواه أحمد في المسند (٣/ ١٢٤) ولم يتفرد به، بل رواه الترمذي في جامعه (٣٣٦٦) في التفسير، وقال: هذا حديث غريب لا نعرفه مرفوعًا إلا من هذا الوجه. أقول: وإسناده ضعيف. (٦) انظر تفسير الطبري (١٠/ ٤٠٩) وتفسير القرآن العظيم؛ لابن كثير (٣/ ٦٧٨). (٧) قال اللَّه تعالى: ﴿وَغِيضَ الْمَاءُ وَقُضِيَ الْأَمْرُ وَاسْتَوَتْ عَلَى الْجُودِيِّ﴾ [هود: ٤٤]. (٨) انظر معجم البلدان؛ لياقوت الحموي (٢/ ١٧٩). (٩) معجم البلدان (٢/ ٨٤).

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