Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Cela venait du Seigneur – Exalté soit-Il – cette nuit-là, et il semble que les imams de la Sunna soient unanimes à ce sujet. Ils ont divergé quant à la question de la vision : certains ont dit qu’il (le Prophète) L’a vue deux fois avec son cœur, c’est l’avis rapporté par Ibn ‘Abbâs et d’autres. Ibn ‘Abbâs (1), entre autres, a également affirmé de manière absolue qu’il L’avait vue, mais on comprend qu’il faille nuancer cette affirmation. Parmi ceux qui ont exprimé de façon générale la possibilité de la vision, on compte Abû Hurayra et Ahmad ibn Hanbal – qu’Allah les agrée (– qu'Allah soit satisfait de lui –). Certains ont clairement soutenu l’idée d’une vision par les deux yeux ; c’est l’opinion d’Ibn Jarîr, qui s’est montré très catégorique à ce sujet, et un groupe de savants postérieurs l’ont suivi.

Parmi ceux qui ont explicitement souligné la vision par les yeux de la tête figure le shaykh Abû al-Hasan al-Ash‘arî, selon le témoignage rapporté par as-Suhaylî, et c’est également l’opinion adoptée par le shaykh Abû Zakariyyâ an-Nawawî dans ses Fatâwâ (2).

Une autre école de pensée estime que cela ne s’est pas produit, se fondant sur le hadith rapporté d’Abû Dharr dans le Sahîh de Muslim (3), où il est dit : « Ô Messager d’Allah, as-tu vu ton Seigneur ? » Il répondit : « C’était de la lumière ; comment pourrais-je Le voir ? » Dans une autre version (4), il est rapporté : « J’ai vu une lumière. » Selon ces savants, il n’est pas possible que l’œil éphémère voie l’Éternel. C’est pour cette raison qu’Allah – Exalté soit-Il – déclara à Mûsâ dans certains Livres révélés : « Ô Moïse, quiconque est vivant et me voit meurt ; et tout être solide qui me voit se disloque. » La divergence sur ce point est bien connue aussi bien chez les Anciens (as-Salaf) que chez les postérieurs (al-Khalaf), et Allah est plus savant.

Ensuite, le Messager d’Allah (ﷺ) redescendit vers Bayt al-Maqdis (Jérusalem). Il est manifeste que les prophètes redescendirent avec lui pour l’honorer et l’exalter à son retour de la grandiose Présence divine, selon l’usage des gens qui accueillent un émissaire important : ils ne rencontrent personne avant de rejoindre celui qui les a demandés. C’est ainsi que, lorsque le Prophète passait près de l’un d’entre eux, Jibrîl le lui présentait pour qu’il lui adresse le salut. S’il les avait déjà rencontrés avant son ascension, il n’aurait pas eu besoin de faire de nouvelles présentations.

Cela se confirme quand il dit : « Quand le moment de la prière fut venu, je les ai dirigés (comme imâm). » (5) Il n’y avait alors pas d’autre prière à accomplir que celle de l’aube ; aussi s’avança-t-il pour les diriger sur l’ordre de Jibrîl, qui le tenait, selon le texte, d’Allah – Exalté soit-Il (– Exalté soit-Il –). Certains ont tiré de ce fait que l’imâm supreme se présente pour diriger la prière, même chez l’hôte, puisque Bayt al-Maqdis était leur demeure et leur lieu de résidence.

Il quitta ensuite ces prophètes, monta de nouveau sur al-Burâq et revint à La Mecque. Au matin, il s’y trouva dans un état de parfaite sérénité, calme et pondéré. Or il avait contemplé durant cette nuit des signes et des réalités dont la vue – ou une partie seulement – aurait suffi à rendre fou ou hébété tout autre que lui. Pourtant, il (ﷺ) se montra recueilli (c’est-à-dire silencieux et réservé), craignant que s’il informait immédiatement son peuple de ce qu’il avait vu, ils ne réagissent aussitôt en le traitant de menteur. Il mit donc une certaine précaution à leur dire tout d’abord qu’il s’était rendu à Bayt al-Maqdis durant la nuit. Cela s’explique par le fait qu’Abû Jahl – qu’Allah le maudisse – avait vu le Messager d’Allah

(1) Ce qui est entre parenthèses est une lettre « ح » omise. (2) Al-Rawḍ al-Anf d’al-Suhailī (2/156) et les Fatāwā de l’Imām al-Nawawī (p. 15) intitulés : al-Manthūrāt ou al-Masāʾil al-Manthūra. (3) Ṣaḥīḥ Muslim (291, 292-17), chapitre de la foi, sur le récit : « la lumière d’où je le vois ». (4) Il s’agit du numéro (292) mentionné dans la note précédente. (5) Le ḥadīth est rapporté par Muslim dans son Ṣaḥīḥ (278-172), chapitre de la foi, mentionnant Jésus fils de Marie et le Dajjāl.
من الربِّ – Exalté soit-Il – ليلتئذ، وأئمة السُّنَّة كالمطبقين على هذا. واختلفوا في الرؤية، فقال بعضُهم رآه بفؤادِه مرَّتين، قاله ابن عباس وطائفة، وأطلق [ابن عباس] (١) وغيره الرؤية وهو محمول على التقييد، وممن أطلق الرؤية أبو هريرة وأحمد بن حنبل (رضي الله عنه) ، وصرَّح بعضُهم بالرؤية بالعينين، واختاره ابنُ جرير وبالغ فيه، وتبِعَهُ على ذلك آخرون من المتأخرين. وممن نصَّ على الرؤية بعيني رأسه الشيخ أبو الحسن الأشعري فيما نقله السهيليُّ عنه، واختاره الشيخ أبو زكريا النووي في فتاويه (٢) . وقالت طائفة: لم يقع ذلك لحديث أبي ذرّ في صحيح مسلم (٣) : قلت: يا رسول الله هل رأيت ربك؟ فقال: "نورٌ أنَّى أراه" . وفي رواية (٤) : "رأيت نورًا" . قالوا: ولم يكن رؤية الباقي بالعين الفانية؛ ولهذا قال الله تعالى لموسى فيما رُوي في بعض الكتب الإلهَية: يا موسى إنه لا يراني حيٌّ إلا مات، ولا يابسٌ إلا تدَهْدَه. والخلاف في هذه المسألة مشهورٌ بين السلف والخَلَف، والله أعلم. ثم هبط رسولُ الله ﷺ إلى بيت المقدس، والظاهر أنَّ الأنبياء هبطوا معه تكريمًا له وتعظيمًا عند رجوعه من الحضرة الإلهَية العظيمة كما هي عادة الوافدين، لا يجتمعون بأحد قبل الذي طُلبوا إليه، ولهذا كان كلَّما مرَّ على واحدٍ منهم يقولُ له جبريل - عندما يتقدم ذلك للسلام علمِه -: هذا فلان، فسلِّم عليه، فلو كان قد اجتمع بهم قبل صعودِهِ لما احتاج إلى تعرُّفٍ بهم مرة ثانية. ومما يدلُّ على ذلك أنه قال: "فلما حانتِ الصلاةُ أمَمْتُهُمْ" (٥) . ولم يحِنْ وقتٌ إذْ ذلك إلى صلاة الفجر فتقدَّمهم إمامًا بهم عن أمر جبريلَ فيما يرويه عن ربِّه – Exalté soit-Il – ؛ فاستفاد بعضُهم من هذا أنَّ الإمام الأعظم يقدَّمُ في الإمامة على ربِّ المنزِل، حيثُ كان بيت المقدس محلَّتهم ودارَ إقامتهم؛ ثم خرج منهم فركب البُرَاق وعاد إلى مكة، فأصبح بها وهو في غايةِ الثبات والسَّكينةِ والوَقَار. وقد عايَنَ في تلك الليلة من الآيات والأمور التي لو رآها - أو بعضها - غيرُه لأصبح مندهشًا أو طائشَ العقل، ولكنه ﷺ أصبح واجمًا - أي: ساكنًا - يَخْشَى إنْ بدأ فأخبر قومه بما رأى أن يبادروا إلى تكذيبه، فتلطَّف بإخبارهم أولًا بأنه جاء بيتَ المقدس في تلك الليلة، وذلك أنَّ أبا جهل لعنه الله - رأى رسولَ الله
(١) سقط ما بين المعقوفين من ح. (٢) الروض الأنف للسهيلي (٢/ ١٥٦) وفتاوى الإمام النووي (ص ١٥) المسمَّى: المنثورات "أو المسائل المنثورة". (٣) صحيح مسلم (٢٩١، ٢٩٢ - ١٧) الإيمان باب في قوله (عليه السلام) : نور أنى أراه. (٤) هي رقم (٢٩٢) المشار إليها في الحاشية السابقة. (٥) الحديث أخرجه مسلم في صحيحه (٢٧٨ - ١٧٢) الإيمان باب ذكر المسيح ابن مريم والمسيح الدجال.

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