Ensuite, ils ne reviendront pas vers lui avant le Jour de la Résurrection. Puis il dépassa tous leurs rangs jusqu’à parvenir à un niveau où l’on entendait le grincement des plumes. On éleva alors au Messager de Dieu (paix et salut sur lui) la “Sidrat al-Muntahā”, dont les feuilles étaient semblables aux oreilles d’éléphants et les fruits (nabq) comparables aux grandes jarres de Hajar(1). À ce moment-là, de prodigieux phénomènes la recouvrirent, aux couleurs multiples et éclatantes. Les anges y prirent place en grand nombre, tels des corbeaux sur un arbre, et il s’y trouvait aussi des papillons d’or. La lumière du Seigneur (qu’Il soit exalté) l’enveloppa. Là, le Prophète vit (2) Gabriel (que la paix soit sur lui), détenteur de six cents ailes dont la distance séparant chaque paire est équivalente à l’espace existant entre le ciel et la terre. C’est de lui que Dieu – Exalté soit-Il – dit : « Et il l’a certes vu lors d’une autre descente (13), près du Lotus de la Limite (14), près du Jardin de la Réfuge (15), lorsque le Lotus était couvert de ce qui le couvrait (16). La vue ne dévia point et ne dépassa pas la mesure (17). » (sourate An-Najm, 53 : 13-17). C’est-à-dire qu’il (le Prophète) ne se détourna ni à droite ni à gauche et ne s’éleva pas au-delà du lieu qui lui avait été assigné pour porter son regard. Voilà la grande fermeté et la noble conduite. Il s’agit là de la deuxième vision de Gabriel (que la paix soit sur lui) sous la forme dans laquelle Dieu l’a créé, comme l’ont rapporté Ibn Mas‘ûd, Abû Hurayra, Abû Dharr et ‘Aïcha (qu’Allah soit satisfait d’eux tous).
La première vision est évoquée dans la parole du Très-Haut : « C’est l’un au pouvoir redoutable qui l’a enseigné (5). Doué de force, il se tint [immobile] (6), alors qu’il était à l’horizon supérieur (7). Puis il se rapprocha et descendit encore plus bas (8), au point d’être à deux portées d’arc ou plus près encore (9). Il révéla à Son serviteur ce qu’Il révéla (10). » (sourate An-Najm, 53 : 5-10). Cela eut lieu à Al-Abtah, lorsque Gabriel se rapprocha du Messager de Dieu (paix et salut sur lui), remplissant de son immense stature l’espace entre le ciel et la terre : il ne restait plus alors entre eux que deux portées d’arc, voire moins encore. Voilà l’interprétation correcte, comme l’ont indiqué les propos des éminents Compagnons précédemment cités (qu’Allah soit satisfait d’eux).
Quant au propos rapporté par Sharîk, d’après Anas, dans le hadith de l’Isrâ’(3) : « Puis le Tout-Puissant, Seigneur de la Gloire, Se rapprocha et descendit, au point d’être à deux portées d’arc ou plus près encore », il se peut que cela tienne de la compréhension particulière du narrateur, qui l’aurait inséré dans le hadith. Dieu sait mieux. Et si cela devait être exact, il ne s’agirait pas d’une explication du noble verset [mais d’autre chose que ne suggère le verset] (4). Dieu sait mieux.
Cette nuit-là, Dieu (qu’Il soit exalté) prescrivit à Son serviteur Muhammad (paix et salut sur lui) et à sa communauté cinquante prières à accomplir chaque jour et chaque nuit. Le Prophète n’eut de cesse, par la suite, d’aller et venir entre Moïse et son Seigneur (qu’Il soit exalté) jusqu’à ce que le Seigneur (qu’Il soit glorifié) – à Lui la louange et la grâce – les réduise à cinq. Il dit alors : « Elles sont cinq, mais équivalent à cinquante, car chaque bonne action est multipliée par dix »(5). C’est ainsi qu’il obtint la faveur de la Parole divine.
(1) Hajar : localité célèbre pour ses grandes jarres.
(2) Ou : “Il y vit alors”.
(3) L’ascension nocturne du Prophète.
(4) Paroles insérées ; non liées directement à l’exégèse du verset.
(5) Indication du mérite des œuvres, décuplées en récompenses.