Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

« J’y ai prié, puis j’ai accompli avec vous la prière de l’aube à l’instant, comme tu le vois. » Il se leva alors pour sortir, et je saisis le bord de son manteau. Je lui dis : « Ô Prophète de Dieu, ne raconte pas ce récit aux gens, ils te traiteront de menteur et te feront souffrir. » Il répondit : « Par Dieu, je le leur communiquerai assurément. » Il le leur raconta, et ils le traitèrent de menteur.

Il dit alors : « Pour preuve de la véracité de mon récit, je suis passé près du convoi d’une certaine tribu dans telle vallée ; le bruit de ma monture les a effrayés, faisant fuir l’un de leurs chameaux. Je leur ai indiqué sa trace alors que je me dirigeais vers le Shām (la Syrie). Puis j’ai poursuivi ma route, et quand je fus à Dajnan(1), je croisai le convoi d’une autre tribu ; je trouvai alors ces gens endormis. Ils avaient un récipient d’eau recouvert, j’en ai soulevé le couvercle, j’ai bu ce qu’il contenait, puis je l’ai recouvert comme auparavant. Autre signe : leur convoi est justement en train de descendre la passe de Tan‘îm al-Bayḍā’, conduit par un chameau gris(2) portant deux sacoches, l’une noire et l’autre grise(3). »

Il poursuivit : « Ils se précipitèrent donc vers la passe pour intercepter ce convoi, et la première chose qu’ils virent fut le chameau qu’il leur avait décrit. Ils interrogèrent alors ces voyageurs au sujet du récipient et du chameau, et ils confirmèrent ce qu’il avait relaté – que la prière et la paix de Dieu soient sur lui. »

Yūnus ibn Bukayr rapporta d’après Asbāṭ, d’après Ismāʿīl as-Suddī, que le soleil était sur le point de se coucher avant l’arrivée de ce convoi. Le Prophète invoqua alors Dieu, qui retint le soleil jusqu’à ce qu’ils parviennent tels qu’il l’avait décrit. Il ajouta : « Le soleil ne s’est retenu pour aucun être humain, hormis pour lui ce jour-là, et pour Yūshaʿ ibn Nūn. » Rapporté par al-Bayhaqī(4).

Ibn Isḥāq(5) a dit : « Quelqu’un en qui je n’ai aucune suspicion m’a rapporté d’après Abū Saʿīd qu’il avait entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire : “Lorsque j’eus achevé ce que j’avais à faire dans la Maison Sainte (Bayt al-Maqdis), on m’apporta l’instrument de l’Ascension (al-Miʿrāj). Je n’avais jamais rien vu de plus beau. C’est vers lui que votre défunt lève les yeux quand il est sur le point de mourir. Mon compagnon me fit monter dessus, jusqu’à ce que nous parvenions à l’une des portes du ciel que l’on appelle ‘Bāb al-Ḥafaẓa’. S’y tient un ange, appelé Ismāʿīl, qui commande douze mille anges, et chacun de ces anges est à la tête de douze mille autres anges.” »

Il dit encore : « Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) rapportait ce récit, il récitait la parole divine : “Et nul ne connaît les armées de ton Seigneur hormis Lui.” [Al-Mudathir, 31]. » Il mentionna ensuite la suite du récit, très longue. Nous en avons rapporté la chaîne de transmission et le texte complet dans notre Tafsīr, en l’expliquant. Ce récit fait partie des hadiths singuliers et sa chaîne de transmission est faible.

(1) "Ḍajnān" : avec vocalisation et deux nūn, c'est Jubaīl sur la route venant de La Mecque, et il est dit qu'il y a vingt-cinq milles entre elle et La Mecque. Muʿjam al-Buldān (3/453). (2) « Al-Awraq » de tout : ce qui a une couleur de cendre, et pour les chameaux : ce qui présente une teinte allant du blanc au noir. Al-Lisān (s.v. Waraq). (3) « Barqāʾ » : féminin de « Abrqa », c’est ce qui réunit en lui le noir et le blanc. Al-Qāmūs (s.v. Barq). (4) Dans Ṭ et la Sīra d’Ibn Hishām : « Les gens se précipitèrent vers l’étroiture. » (5) Ainsi dans Ḥ, Ṭ. Je dis : il serait plus correct de dire : avant que cette caravane n’arrive. Car le féminin est utilisé pour « caravane » comme dans Al-Lisān, et cela désigne la caravane ou les chameaux qui portent la cargaison. Dieu, le Très-Haut, a dit : ﴿Et quand la caravane partit﴾. Il semble que le terme ici chez Ibn Kathīr ait été rapporté d’après Al-Bayhaqī avec une modification, comme cela sera montré. (6) Rapporté par Al-Bayhaqī dans Al-Dalāʾil (2/404) : dans ce sens, par Al-Ḥākim d’après Abū al-‘Abbās al-Aṣamm d’après Aḥmad ibn ‘Abd al-Jabbār d’après Yūnus. Je dis : Yūnus ibn Bukayr est un homme digne de confiance mais sujet à l’erreur. (7) Sīrat Ibn Hishām (1/403) et Al-Rawḍ (2/154). (8) Dans Ḥ : « Il s’étend vers vous. » Ce qui est confirmé dans Ṭ, la Sīra d’Ibn Hishām et Al-Rawḍ. (9) « Al-Barīd » ici : le messager. Dans la Sīra et Al-Rawḍ : un ange parmi les anges.
فصلَّيتُ فيه، ثم قد صلَّيتُ الغَدَاة معكم الآن كما ترَيْن ". ثم قام ليخرج، فأخذتُ بطرَفِ ردائه، فقلت: يا نبيَّ الله لا تحدِّثْ بهذا الحديث الناسَ فيكذِّبوك ويُؤذوك. قال: " والله لأحدِّثنَّهموه ". فأخبرهم فكذَّبوه. فقال: وآيةُ ذلك أنِّي مرَرْتُ بعِيرِ بني فلان بوادي كذا وكذا، فأنفرَهُمْ حِسُّ الدابَّه، فندَّ لهم بعِيرٌ فدلَلْتُهم عليه وأنا متوجِّهٌ إلى الشام، ثم أقبلتُ حتى إذا كنتُ بضَجَنَان (١) مررتُ بعيرِ بني فلان، فوجدتُ القومَ نيامًا ولهم إناءٌ فيه ماء قد غطَوا عليه بشيء، فكشفتُ غطاءه وشربتُ ما فيه، ثم غطَّيْتُ عليه كما كان. وآية ذلك أنَّ عِيرَهم تُصَوِّبُ الآنَ من ثنيَّة التنعيم البَيْضَاء يقدُمها جمَلٌ أوْرَق (٢) ، عليه غِرَارتان، إحداهما سوداء والأخرى بَرْقاء (٣) . قال: فابتدروا القومَ بالثنيَّه (٤) ، فلم يلقَهُمْ أول من الجمل الذي وصف لهم، وسألوهم عن الإناء وعن البعير فأخبروهم كما ذكر صلواتُ الله وسلامُه عليه. وذكر يونس بن بكير، عن أسباط، عن إسماعيل السُّدي، أنَّ الشمسَ كادتْ أن تغرُبَ قبل أن يقدُمَ ذلك العِير (٥) ، فدعا الله – Exalté soit-Il – فحبسها حتى قدموا كما وصف لهم. قال: فلم تحتبس الشمسُ على أحل! إلا عليه ذلك اليوم وعلى يوشع بن نون. رواه البيهقي (٦) . قال ابن إسحاق (٧) : وأخبرني من لا أتهم عن أبي سعيدٍ قال: سمعتُ رسول الله ﷺ يقول: "لما فرغتُ مما كان في بيت المقدس أُتي بالمِعْرَاج ولم أر شيئًا قط أحسنَ منه وهو الذي يمدُّ إليه ميِّتْكم (٨) عينيه إذا حُضر، فأصعدني فيه صاحبي حتى انتهى بي إلى باب من أبواب السماء يقال له: باب الحَفَظة، عليه بريدٌ (٩) من الملائكة يقال له: إسماعيل، تحت يده اثنا عشر ألف ملك، تحت يد كل مَلَكٍ منهم اثنا عشر ألف مَلَك. قال: يقول رسولُ الله ﷺ إذا حدَّث بهذا الحديث: ﴿وَمَا يَعْلَمُ جُنُودَ رَبِّكَ إِلَّا هُوَ﴾ [المدثر: ٣١] . ثم ذكر بقيةَ الحديث، وهو مطوَّلٌ جدًّا، وقد سقناه بإسنادِهِ ولفظه بكماله في التفسير، وتكلَّمنا عليه، فإنه من غرائب الأحاديث وفي إسنادِهِ ضَعْف.
(١) "ضَجَنَان": بالتحريك ونونين، جُبَيل على بريد من مكة، وقيل بينه وبين مكة خمسة وعشرون ميلًا. معجم البلدان (٣/ ٤٥٣). (٢) الأورق من كل شيء: ما كان لونه لون الرماد، ومن الإبل: ما في لونه بياض إلى سواد. اللسان (ورق). (٣) "برقاء": مؤنث أبرق، وهو كل شيء اجتمع فيه سواد وبياض. القاموس (برق). (٤) في ط وسيرة ابن هشام: فابتدر القومُ الثنية. (٥) كذا في ح، ط قلت: الصواب أن يقول: قبل أن تقدم تلك العير. لأن العير مؤنثة كما في اللسان، وهي القافلة أو الإبل التي تحمل الميرة، قال تعالى: ﴿وَلَمَّا فَصَلَتِ الْعِيرُ﴾. ويبدو أن اللفظ هنا لابن كثير نقلها عن البيهقي بتصرف كما سيأتي. (٦) رواه البيهقي في الدلائل (٢/ ٤٠٤): بنحوه عن الحاكم عن أبي العباس الأصم عن أحمد بن عبد الجبار عن يونس به أقول: ويونس بن بكير صدوق يخطئ. (٧) سيرة ابن هشام (١/ ٤٠٣) والروض (٢/ ١٥٤). (٨) في ح: يمتد إليه منكم. والمثبت من ط وسيرة ابن هشام والروض. (٩) البريد هنا: الرسول. وفي السيرة والروض: ملك من الملائكة.

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