Abou Bakr ibn Abî Chayba a dit : « ‘Affân (1) nous a rapporté, d’après Sa‘îd ibn Minâ, d’après Djâbir et Ibn ‘Abbâs, qui dirent : “Le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) est né l’année de l’Éléphant, un lundi, le douzième jour de Rabî‘ al-Awwal. C’est ce même jour qu’il fut investi de la prophétie, qu’il fut élevé au ciel, qu’il émigra et qu’il mourut. Il y a cependant une rupture dans cette chaîne de transmission (2).” »
C’est l’avis qu’a privilégié le hâfiẓ ‘Abd al-Ghanî ibn Surûr al-Maqdisî dans sa Sîra (3). Il a toutefois rapporté un ḥadith dont la chaîne de transmission n’est pas valable ; nous l’avons mentionné dans les mérites du mois de Radjab, indiquant que l’Isrâ’ se serait produit la nuit du vingt-septième de Radjab. Dieu est plus savant. Certaines personnes prétendent que l’Isrâ’ aurait eu lieu la première nuit de vendredi de Radjab, appelée Laylat al-Raghâ’ib, au cours de laquelle a été instaurée la prière connue ; or cela ne repose sur aucune base, et Dieu est plus savant.
Certains citent à cet égard le vers :
« La nuit du vendredi, on éleva le Prophète…
La nuit du vendredi, premier jour de Radjab » (4)
Ces vers sont empreints de lourdeur. Nous ne les mentionnons ici qu’en guise de témoignage de l’existence de cette opinion.
Nous avons exposé de façon détaillée les ḥadiths relatifs à ce sujet en commentant la Parole de Dieu : « Gloire à Celui qui a fait voyager de nuit Son serviteur, de la Mosquée sacrée à la Mosquée Al-Aqsâ, dont Nous avons béni l’alentour, afin de lui faire voir certaines de Nos merveilles. Vraiment, c’est Lui l’Audient, l’Omniscient » (Al-Isrâ’, 17 : 1). Qu’ils soient donc consignés, avec leurs chaînes de transmission, leurs références et le commentaire qui les accompagne : on y trouvera amplement matière à satisfaction. Louange et grâce à Dieu.
Évoquons à présent le résumé de l’exposé d’Ibn Isḥâq (qu’Allah lui fasse miséricorde). Après avoir mentionné les points précédents (5), il dit : « Puis le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) fut emporté de nuit depuis la Mosquée sacrée jusqu’à la Mosquée Al-Aqsâ – c’est-à-dire Bayt al-Maqdis, à Iliyâ – tandis que l’islam s’était déjà largement diffusé à La Mecque chez Quraych et parmi toutes les tribus. »
Il poursuivit : « Ce qui me parvint au sujet de son voyage nocturne (que la paix et le salut soient sur lui), rapporté par Ibn Mas‘ûd, Abû Sa‘îd, ‘Â’isha, Mu‘âwiya, Umm Hâni’ bint Abî Tâlib (que Dieu soit satisfait d’eux), Al-Ḥasan ibn Abî al-Ḥasan, Ibn Shihâb az-Zuhrî, Qatâda et d’autres savants, forme un ensemble dans ce récit. Chacun mentionne une partie de ce qui m’a été transmis à son sujet. Dans ce voyage nocturne et dans ce qui m’en fut rapporté, il y eut épreuve et mise à l’épreuve, et cela releva d’un décret de Dieu – Béni et Exalté soit-Il – dans Sa Toute-Puissance et Sa Royauté. Il s’y trouve un avertissement pour les doués d’intelligence, de la guidée, une miséricorde et un affermissement pour ceux qui croient et attestent la vérité, et qui sont convaincus du commandement de Dieu. Dieu l’a fait voyager comme et quand Il a voulu, afin de lui montrer de Ses signes ce qu’Il entendait, jusqu’à ce qu’il contemplât ce qu’il contempla de Son Ordre, de Sa Royauté grandiose et de Sa puissance par laquelle Il accomplit tout ce qu’Il veut. »