Il avait déjà reçu de lui son ‘uqr, c’est-à-dire son douaire. Puis, lorsque Al-Walid mourut, les Banû Makhzûm réclamèrent aux Banû Khuza‘a le prix du sang d’Al-Walid, en avançant que c’était la flèche de leur compagnon qui l’avait tué. Khuza‘a refusa d’abord, jusqu’à ce qu’ils échangent des poèmes et que l’affaire s’envenime. Ce n’est qu’ensuite que Khuza‘a leur donna une partie du prix du sang, puis ils se réconcilièrent et se séparèrent.
Ibn Isḥâq dit (1) : « Puis Hishâm ibn Al-Walîd s’en prit à Abû Uzayhir au marché de Dhû al-Majâz et le tua ; c’était un notable parmi les siens. Sa fille était l’épouse d’Abû Sufyân, et cela se passa après la bataille de Badr. Alors Yazîd ibn Abî Sufyân rassembla du monde au profit des Banû Makhzûm pendant que son père était absent. Quand Abû Sufyân arriva, les actes de son fils Yazîd le mirent en colère et il lui en fit reproche. [Il le frappa, paya le prix du sang d’Abû Uzayhir et dit à son fils : “Serais-tu allé jusqu’à faire que les Quraysh s’entretuent pour un homme de Daws ?”] (2)
Ḥassân ibn Thâbit composa alors un poème (3) pour inciter Abû Sufyân au sujet du sang d’Abû Uzayhir, et Abû Sufyân de répondre : « Qu’il est mauvais que Ḥassân ait supposé que nous allions nous entre-tuer alors même que nous avons déjà perdu nos notables le jour de Badr ».
Lorsque Khâlid ibn Al-Walîd embrassa l’islam et participa au siège de Tâ’if avec l’Envoyé de Dieu (ﷺ), il l’interrogea au sujet de l’intérêt usuraire dû à son père par les gens de Tâ’if. Ibn Isḥâq dit (4) : « On m’a rapporté de la part de certains savants que ces versets furent alors révélés : “Ô vous qui avez cru ! Craignez Allah et abandonnez le reliquat du ribâ (usure), si vous êtes croyants.” (Coran 2 : 278), ainsi que ceux qui suivent ».
Ibn Isḥâq ajoute (4) : « Nous ne connaissons aucune autre vengeance (tha’r) parmi les Banû Uzayhir jusqu’à ce que l’islam empêche les gens de s’entredéchirer, sauf que Ḍirâr ibn Al-Khaṭṭâb ibn Mirdâs Al-Aslamî partit un jour avec des hommes de Quraysh vers le pays de Daws. Ils descendirent chez une femme appelée Umm Ghaylân, affranchie de Daws, qui coiffait les femmes et préparait les mariées. Daws projeta de les tuer pour venger Abû Uzayhir, mais Umm Ghaylân et les femmes présentes intervinrent et s’y opposèrent ».
As-Suhaylî dit (5) : « On raconte qu’elle le cacha entre sa cotte de mailles et son corps ». Ibn Hishâm rapporte (6) : « Plus tard, à l’époque de ‘Umar ibn Al-Khaṭṭâb, Umm Ghaylân vint trouver celui-ci en pensant que Ḍirâr était son frère. ‘Umar lui dit : “Je ne suis son frère qu’en islam. Toutefois, je reconnais le bienfait que tu lui as rendu.” Il lui accorda donc une aide, la considérant comme une fille de la route (voyageuse dans le besoin). »
Ibn Hishâm ajoute : « Lors du jour de Uḥud, Ḍirâr ibn Al-Khaṭṭâb tomba sur ‘Umar ibn Al-Khaṭṭâb en le frappant du plat de sa lance et lui dit : “Fuis, ô fils d’Al-Khaṭṭâb, je ne veux pas te tuer.” ‘Umar se souvenait de ce geste après sa conversion à l’islam. »