Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il est rapporté d’Abū Jaʿfar al-Bāqir que l’affirmation d’al-ʿĀṣ ibn Wāʾil (selon laquelle le Prophète ﷺ serait dépourvu de postérité) fut prononcée lorsque mourut al-Qāsim, le fils du Prophète ﷺ, qui avait déjà atteint l’âge de monter une monture et de parcourir la route sur un coursier (1).

Puis (2) il mentionna la révélation de la parole de Dieu (qu’Il soit exalté) : «Et ils disent : “Pourquoi ne lui a-t-on pas fait descendre un ange ?” Or si Nous avions fait descendre un ange, sans nul doute l’Ordre aurait été décrété» [al-Anʿām : 8]. Cela fut révélé à propos des propos d’Ubayy ibn Khalaf, de Zamʿa ibn al-Aswad, d’al-ʿĀṣ ibn Wāʾil et d’an-Naḍr ibn al-Ḥārith, qui disaient : «Pourquoi ne t’a-t-on pas fait descendre un ange qui s’adresserait aux gens en ton nom ?»

Ibn Isḥāq (3) a rapporté que, selon ce qui nous est parvenu, le Messager de Dieu ﷺ passa devant al-Walīd ibn al-Mughīra, Umayya ibn Khalaf et Abū Jahl ibn Hishām. Ils le raillèrent et se moquèrent de lui, ce qui le mit en colère. Alors Dieu, exalté soit-Il, fit descendre à leur propos : «Certes, on s’est moqué de messagers avant toi, et les railleurs se retrouvèrent cernés par ce dont ils se moquaient» [al-Anʿām : 10, et al-Anbiyāʾ : 41].

J’ai dit : Dieu, exalté soit-Il, a également déclaré : «Certes, des messagers (4) avant toi ont été traités de menteurs ; ils endurèrent patiemment d’être traités de menteurs et harcelés, jusqu’à ce que Notre secours leur parvînt. Nul ne peut changer les paroles de Dieu. Tu as déjà reçu certains récits des messagers.» Et Il a dit encore : «En vérité, Nous te suffisons contre les railleurs» [al-Ḥijr : 95].

Sufyān a rapporté d’après Jaʿfar ibn Iyās, d’après Saʿīd ibn Jubayr, d’après Ibn ʿAbbās, que les railleurs étaient al-Walīd ibn al-Mughīra, al-Aswad ibn ʿAbd Yaghūth az-Zuhrī, al-Aswad ibn al-Muṭṭalib Abū Zamʿa (5), al-Ḥārith ibn Ghayṭala (6) et al-ʿĀṣ ibn Wāʾil as-Sahmī. L’ange Gabriel vint alors auprès du Messager de Dieu ﷺ, et celui-ci se plaignit de ces hommes. Gabriel lui montra al-Walīd, fit un signe vers un de ses doigts (7) en disant : «Tu en as été délivré.» Il lui montra ensuite al-Aswad ibn al-Muṭṭalib, désigna son cou et dit : «Tu en as été délivré.» Puis il lui montra al-Aswad ibn ʿAbd Yaghūth, indiqua sa tête et dit : «Tu en as été délivré.» Ensuite, il lui montra al-Ḥārith ibn Ghayṭala (6), désigna son ventre et dit : «Tu en as été délivré.» Enfin, lorsqu’il croisa al-ʿĀṣ ibn Wāʾil, il montra la plante de son pied et dit : «Tu en as été délivré.»

Quant à al-Walīd, il passa un jour près d’un homme de Khuzaʿa qui était en train d’ajuster des flèches, et l’extrémité de son doigt (7) fut sectionnée. Al-Aswad ibn ʿAbd Yaghūth fut atteint de plaies à la tête et il en mourut. Al-Aswad ibn al-Muṭṭalib, pour sa part, perdit la vue. La cause en fut qu’il s’était abrité sous un acacia (samura) et qu’il criait : «Ô mes fils, ne me défendez-vous pas ? Je suis perdu, on m’a tué !» Ils lui répondirent : «Nous ne voyons rien !» Il poursuivit : «Ô mes fils, ne m’empêchez-vous pas de mourir ? Voilà qu’on me transperce d’épines !»

(1) Ce récit se trouve dans al-Durar al-Manthur (8/652). Al-Suyuti mentionne que al-Bayhaqi l'a rapporté dans al-Dalāʾil, mais je ne l'ai pas trouvé là-dedans. (2) Il s'agit d'Ibn Isḥāq dans la Sīrah d'Ibn Hishām (1/395). (3) Sīrah d'Ibn Hishām (1/395) et al-Rawd (2/141). (4) Dans la version h, ṭ : « Et les messagers ont été raillés », et ce qui est confirmé par la version muṣaffah est dans la sourate al-Anʿām, verset 34. (5) Dans la version h : Abū Rubayʿah est une erreur de lecture ; ce qui est confirmé par la version ṭ, la Sīrah d'Ibn Hishām (1/409), al-Dalāʾil al-Nubuwwah d'al-Bayhaqi (2/316) et al-Ishtiqāq (p. 94). (6) Dans la version h : ʿAnṭal, dans ṭ : ʿIyṭal, et dans al-Dalāʾil d'al-Bayhaqi : ʿAnṭalah, toutes erreurs de lecture ; ce qui est confirmé par Jumhārat al-Ansāb d'Ibn Ḥazm (p. 165) et al-Tāj (Ghṭl). Le bon sera donné ailleurs dans al-Dalāʾil. Selon une narration d'Ibn Isḥāq, il s'agit d'al-Ḥārith ibn al-Ṭalāṭalah de Khuzāʿah et non des Banū Sahm. Al-Ṭabarī en parle dans son tafsīr (14/70-71). (7) Dans al-Dalāʾil al-Nubuwwah : Abjalah. Abjal désigne un gros nerf dans la main, en face de l'akḥal. Voir al-Qāmūs (Bajal).
وقد رُوي عن أبي جعفر الباقر: أنَّ العاص بن وائل إنما قال ذلك حين مات القاسم بن النبيِّ ﷺ ، وكان قد بلغ أنْ يركب الدابَّة ويسير على النَّجِيبة (١) . ثم ذكر (٢) نزول قوله: ﴿وَقَالُوا لَوْلَا أُنْزِلَ عَلَيْهِ مَلَكٌ وَلَوْ أَنْزَلْنَا مَلَكًا لَقُضِيَ الْأَمْرُ﴾ [الأنعام: ٨] وذلك بسبب قول أُبيّ بن خلف، وزَمَعة بن الأسود، والعاص بن وائل، والنضر بن الحارث. لولا أنزل عليكَ مَلكٌ يكلِّمُ الناسَ عنك. قال ابنُ إسحاق (٣) : ومرَّ رسولُ الله ﷺ - فيما بلغنا - بالوليدِ بن المغيرة وأميةَ بن خلف وأبي جهل بن هشام، فهمزوه واستهزؤوا به. فغاظه ذلك، فأنزل الله تعالى في ذلك منْ أمرِهم ﴿وَلَقَدِ اسْتُهْزِئَ بِرُسُلٍ مِنْ قَبْلِكَ فَحَاقَ بِالَّذِينَ سَخِرُوا مِنْهُمْ مَا كَانُوا بِهِ يَسْتَهْزِئُونَ﴾ [الأنعام: ١٠، والأنبياء: ٤١] . قلت: وقال الله تعالى: ﴿وَلَقَدْ كُذِّبَتْ رُسُلٌ (٤) مِنْ قَبْلِكَ فَصَبَرُوا عَلَى مَا كُذِّبُوا وَأُوذُوا حَتَّى أَتَاهُمْ نَصْرُنَا وَلَا مُبَدِّلَ لِكَلِمَاتِ اللَّهِ وَلَقَدْ جَاءَكَ مِنْ نَبَإِ الْمُرْسَلِينَ﴾ وقال تعالى: ﴿إِنَّا كَفَيْنَاكَ الْمُسْتَهْزِئِينَ﴾ [الحجر: ٩٥] . قال سفيان عن جعفر بن إياس، عن سعيد بن جُبير، عن ابن عباس قال: المستهزؤن الوليدُ بن المغيرة، والأسود بن عبد يَغُوث الزُّهْري، والأسود بن المطلب أبو زمعه (٥) ، والحارث بن غَيْطَلَة (٦) ، والعاص بن وائل السَّهْمي، فأتاهُ جبريلُ فشكاهم إليه رسولُ الله ﷺ فأراهُ الوليد، فأشار جبريل إلى أنمله (٧) وقال: كُفيتَه؛ ثم أراه الأسودَ بن المطلب، فأومأ إلى عُنقه وقال: كُفيته، ثم أراه الأسود بن عبد يَغُوث فأومأ إلى رأسه وقال: كُفيتَه؛ ثم أراهُ الحارث بن غَيْطَلَة (٦) ، فأومأ إلى بطنه وقال: كُفيتَه؛ ومرَّ به العاصُ بن وائل فأومأ إلى أخمصه وقال: كُفيتَه. فأما الوليد فمرَّ برجُلٍ من خُزَاعة وهو يَرِيشُ نَبْلًا له فأصاب أنمله (٧) فقطعها؟ وأمَّا الأسود بن عبد يغوث فخرج في رأسه قُروح فماتَ منها، وأما الأسود بن المطَّلب فعَمِيَ. وكان سببُ ذلك أنه نزل تحت سَمُرَةٍ فجعل يقول: يا بَنيَّ ألا تدفعون عني قد قُتلت. فجعلوا يقولون: ما نرى شيئًا! وجعل يقول: يا بَنيَّ ألا تمنعون عني قد هلكت، هاهو ذا الطعْنُ بالشوك
(١) هذه الرواية في الدر المنثور (٨/ ٦٥٢) وذكر السيوطي أن البيهقي أخرجها في الدلائل غير أني لم أجدها فيه. (٢) يعني ابن إسحاق في سيرة ابن هشام (١/ ٣٩٥). (٣) سيرة ابن هشام (١/ ٣٩٥) والروض (٢/ ١٤١). (٤) في ح، ط: ولقد استهزئ برسل، والمثبت من المصف سورة الأنعام الآية (٣٤). (٥) في ح: أبو ربيعة تصحيف، والمثبت من ط وسيرة ابن هشام (١/ ٤٠٩) ودلائل النبوة للبيهقي (٢/ ٣١٦) والاشتقاق (ص ٩٤). (٦) في ح: عنطل، وفي ط: عيطل، وفي دلائل البيهقي: عنطلة، وكلها تصحيف، والمثبت من جمهرة الأنساب لابن حزم (ص ١٦٥) والتاج (غطل) وسيأتي في موضع آخر من الدلائل على الصواب. وسيأتي من رواية ابن إسحاق على أنه الحارث بن الطلاطلة من خزاعة لا من بني سهم. وذكر الروايتين الطبري في تفسيره (١٤/ ٧٠، ٧١). (٧) في دلائل النبوة: أبجله. والأبجل عِرْق غليظ في اليد بإزاء الأكحل. القاموس (بجل).

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