Il a déjà été rapporté, au sujet d’Abou al-Achdayn (1), qu’il lutta contre le Prophète (ﷺ) et que le Messager de Dieu (ﷺ) le terrassa. Ensuite, Ibn Ishaq (2) mentionna l’histoire de l’arrivée d’un groupe d’environ vingt chrétiens d’Abyssinie à La Mecque, et ils se convertirent tous à l’islam. Cela fut déjà évoqué après l’épisode concernant le Négus, louange et grâce à Dieu (3).
Ibn Ishaq (4) dit : « Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) s’asseyait dans la mosquée, les plus faibles parmi ses compagnons venaient s’asseoir autour de lui : Khabbâb, ‘Ammâr, Abou Fukayha (Yassâr) (5), affranchi de Safwân ibn Umayya, Suhayb et leurs semblables parmi les musulmans. Les Qurayshites se moquaient d’eux et se disaient entre eux : “Voilà donc ses compagnons, comme vous le voyez. Est-ce à ceux-là qu’Allah aurait accordé Sa faveur parmi nous, en matière de guidée et de vérité ? Si ce que Mohammad a apporté était un bien, ils ne nous y auraient pas précédés. Pourquoi Dieu les aurait-Il privilégiés aux dépens de nous ?” » Alors Dieu – Exalté soit-Il – fit descendre à leur sujet :
« Et ne repousse pas ceux qui, matin et soir, invoquent leur Seigneur désirant Sa Face. Leur compte ne te revient en rien, et ton compte ne les concerne pas non plus. Si tu les repousses, tu serais alors du nombre des injustes. C’est ainsi que Nous éprouvons les uns par les autres pour qu’ils disent : “Est-ce là ceux à qui Dieu accorde Sa grâce parmi nous ?” Dieu ne connaît-Il pas mieux que quiconque les reconnaissants ? Et quand viennent à toi ceux qui croient à Nos signes, dis : “Paix sur vous ! Votre Seigneur S’est prescrit à Lui-même la miséricorde : quiconque parmi vous commet un mal par ignorance, puis se repent ensuite et se réforme, [sache qu’] Il est certes Pardonneur et Très Miséricordieux.” » [Coran 6 : 52-54].
Ibn Ishaq poursuivit : « Le Messager de Dieu (ﷺ) s’asseyait souvent près de la Marwa, non loin de l’échoppe d’un esclave chrétien (7) nommé Jabr, qui appartenait aux Banû al-Hadramî. Certains disaient alors : “Par Dieu, c’est Jabr qui enseigne bien des choses à Mohammad !” » À propos de cette parole, Dieu le Très-Haut révéla :
« Nous connaissons parfaitement ce qu’ils disent : “Voilà qu’un être humain lui enseigne.” Or la langue de celui auquel ils font allusion est étrangère, tandis que celle-ci est une langue arabe claire. » [Coran 16 : 103].
Ibn Ishaq (8) mentionna ensuite la révélation de la sourate Al-Kawthar à propos d’Al-‘Âs ibn Wâ’il lorsqu’il traita le Messager de Dieu (ﷺ) d’“abtar”, c’est-à-dire sans postérité, et ajouta : “À sa mort, son souvenir disparaîtra.” Mais Dieu – Exalté soit-Il – dit :
« En vérité, c’est celui qui te hait qui est vraiment abtar (privé de descendance). » [Coran 108 : 3].
Autrement dit, c’est lui qui se trouve privé de toute renommée, même s’il laissait derrière lui des milliers de descendants. La notoriété, la bonne renommée et la véritable mémoire ne se gagnent pas par la simple abondance d’enfants et de descendants, et nous avons déjà commenté cette sourate dans l’exégèse. Louange à Dieu pour tout bienfait qu’Il accorde.