Ô toi qui demandes où elle s’est dirigée, sache qu’elle a un rendez-vous avec les gens de Yathrib. Et si tu t’enquiers à mon sujet, bien des curieux interrogent déjà sur al-Aʽshâ lorsque celui-ci prit la route. Elle a redoublé d’ardeur à la course avec ses deux jambes et a ramené ses bras dans un mouvement souple, sans rudesse.
En elle, quand tombe l’ardeur du midi, elle se montre fière comme si elle guettait le lézard au zénith (1). Et j’ai juré de ne point la ménager, ni par épuisement ni par fatigue, jusqu’à ce qu’elle rencontre Muhammad (2). Dès qu’elle fera halte à la porte du fils de Hâshim, elle trouvera repos et recevra de sa généreuse munificence (3).
C’est un Prophète qui voit ce que vous ne voyez pas, et, par ma vie, sa renommée a conquis toutes les contrées, plaine et montagne. Ses bienfaits ne s’interrompent jamais et sa largesse ne manque point : le don d’aujourd’hui ne saurait l’empêcher de donner encore demain. N’as-tu donc pas entendu les recommandations de Muhammad, le Prophète de Dieu, lorsqu’il conseilla et attesta ?
Si tu ne pars pas muni de provisions de piété, tu rencontreras, après la mort, ceux qui s’étaient préparés. Alors tu regretteras de ne pas avoir été comme lui, en guettant ce qu’il avait lui-même anticipé. Garde-toi de manger la bête morte ; ne t’en approche pas. Ne prends pas de flèche de fer pour l’inciser. Devant l’idole dressée, ne fais nulle offrande, et ne vénère pas les idoles : adore plutôt Dieu.
N’approche pas la voisine dont l’intimité t’est interdite ; épouse ou bien demeure solitaire (4) (5). N’interromps pas le lien qui te rattache à tes proches parents, pas plus que tu ne délaisserais le captif enchaîné. Glorifie Dieu au crépuscule et au matin (6) ; ne glorifie pas Satan, mais loue plutôt le Seigneur.
Ne te moque pas de l’infortuné frappé par l’adversité, et ne crois pas que l’opulence puisse prolonger indéfiniment la vie de l’homme.