Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ô toi qui demandes où elle s’est dirigée, sache qu’elle a un rendez-vous avec les gens de Yathrib. Et si tu t’enquiers à mon sujet, bien des curieux interrogent déjà sur al-Aʽshâ lorsque celui-ci prit la route. Elle a redoublé d’ardeur à la course avec ses deux jambes et a ramené ses bras dans un mouvement souple, sans rudesse.

En elle, quand tombe l’ardeur du midi, elle se montre fière comme si elle guettait le lézard au zénith (1). Et j’ai juré de ne point la ménager, ni par épuisement ni par fatigue, jusqu’à ce qu’elle rencontre Muhammad (2). Dès qu’elle fera halte à la porte du fils de Hâshim, elle trouvera repos et recevra de sa généreuse munificence (3).

C’est un Prophète qui voit ce que vous ne voyez pas, et, par ma vie, sa renommée a conquis toutes les contrées, plaine et montagne. Ses bienfaits ne s’interrompent jamais et sa largesse ne manque point : le don d’aujourd’hui ne saurait l’empêcher de donner encore demain. N’as-tu donc pas entendu les recommandations de Muhammad, le Prophète de Dieu, lorsqu’il conseilla et attesta ?

Si tu ne pars pas muni de provisions de piété, tu rencontreras, après la mort, ceux qui s’étaient préparés. Alors tu regretteras de ne pas avoir été comme lui, en guettant ce qu’il avait lui-même anticipé. Garde-toi de manger la bête morte ; ne t’en approche pas. Ne prends pas de flèche de fer pour l’inciser. Devant l’idole dressée, ne fais nulle offrande, et ne vénère pas les idoles : adore plutôt Dieu.

N’approche pas la voisine dont l’intimité t’est interdite ; épouse ou bien demeure solitaire (4) (5). N’interromps pas le lien qui te rattache à tes proches parents, pas plus que tu ne délaisserais le captif enchaîné. Glorifie Dieu au crépuscule et au matin (6) ; ne glorifie pas Satan, mais loue plutôt le Seigneur.

Ne te moque pas de l’infortuné frappé par l’adversité, et ne crois pas que l’opulence puisse prolonger indéfiniment la vie de l’homme.

(1) Dans la version Ḥ et dans l’édition al-Nijād. Ce qui est rapporté de la sīra et du dīwān. Le terme « khanaf » vient de « khanafat an-nāqa » qui signifie qu’elle remue ses mains en marchant, lorsqu’elle incline celles-ci avec vigueur. « Layn » signifie sans tortuosité (ḥard): c’est-à-dire qu’elle le fait sans torsion dans ses mains, c’est-à-dire sans courbure. Al-Rawḍ (2/137). (2) Le chameau marche avec arrogance (ʿajraf), et on trouve les formes « taʿajraf », « ʿajrafiyya » et « ʿajrafa » : cela désigne un manque d’attention dû à sa rapidité. Al-Qāmūs (ʿajraf). L’ṣayd est l’inclinaison du cou ; et comme le caméléon tourne son visage au soleil où qu’il aille, il est au zénith du ciel au moment du zāwal comme un ṣayd ; ce moment est alors le plus brûlant de la journée. Il décrit sa chamelle pleine d’entrain et de vigueur à ce moment-là. Al-Rawḍ (2/137). (3) Dans le manuscrit Ḥ et dans le dīwān : « ḥattā tazūra Muḥammadan ». Et « wālaytu lā āwī lahā min kallāla wa-lā min ḥafā » : c’est-à-dire que je ne lui accorde ni compassion ni pitié. On rapporte aussi « wa-lā min janā ». Ils ont un sens similaire, comme dans al-Rawḍ (2/137). (4) Dans la sīra d’Ibn Hishām : « Walā taqrabin ḥurra », et dans Ḥ : « kāna amru-hā ». (5) Pour la phrase « Fa-llāh faʿbid », on interrompt sur le nūn légère en la prolongeant avec un alif, de même pour « fānikḥinna » ou « taʾbuda ». C’est pourquoi ils sont écrits avec un alif dans la calligraphie, car la pause se fait sur l’alif. Il a été dit que dans ces cas-là, le nūn légère n’est pas prononcé, et que l’interpellation s’adresse au singulier par un discours au duel ; ils prétendent que cela est établi dans la langue arabe. Al-Rawḍ (2/138). (6) Dans la sīra et le dīwān : « al-ʿashiyāt ».
ألا أيُّهذا السائلي أينَ يَمَّمَتْ … فإنَّ لها في أهل يثربَ مَوْعِدا فإنْ تسألي عني فيا رُبَّ سائلٍ … حَفِي عن الأعشى به حيثُ أصعدا أجدَّتْ برجلَيْها النَّجاءَ وراجعتْ … يداها خِنافًا ليّنًا غيرَ أحردا (١) وفيها إذا ما هجَّرَتْ عجرفيَّةٌ … إذا خلتَ حرباءَ الظهيرةِ أصيدا (٢) وآليتُ لا آوِي لها من كلالةٍ … ولا من حَفى حتى تُلاقي محمَّدا (٣) متى ما تُناخي عند بابِ ابن هاشمٍ … تُراحي وتلقَيْ من فواضله نَدَى نبيٌّ يرى ما لا تَرَوْن وذِكرُه … أغارَ لَعمري في البلاد وأنجدَا له صدقاتٌ ما تُغِبُّ ونائلٌ … فليسَ عَطاءُ اليومِ مانعَهُ غدا أجِدَّكَ لم تسمعْ وصاةَ محمدٍ … نبي الإلهِ حيثُ أوصى وأَشهدا إذا أنتَ لم ترحل بزادٍ من التُّقى … ولاقيتَ بعد الموتِ مَن قد تزوَّدا ندمتَ على أن لا تكونَ كمثلِهِ … فترصدَ للأمر الذي كان أرصدا فإياكَ والميتاتِ لا تقرَبَنَّها … ولا تأخذنْ سهمًا حديدًا لِتَفْصِدَا وذا النُصُب المنصوبِ لا تَنْسُكَنَّهُ … ولا تعبدِ الأوثانَ واللهَ فاعْبُدا ولا تقربَنَّ جارةً كان سِرُّها (٤) … عليكَ حرامًا فانكحَنْ أو تأبَّدَا (٥) وذا الرحِمِ القُربى فلا تقطعنَّهُ … لعاقبةٍ ولا الأسيرَ المقيَّدا وسبِّحْ على حينِ العشية والضحى (٦) … ولا تَحَمدِ الشيطانَ واللهَ فاحْمَدا ولا تَسْخَرَنْ من بائسٍ ذي ضَرارةٍ … ولا تحسبنَّ المالَ للمرءَ مُخْلِدا
(١) في ح: النجاة. وفي ط: النجاد. والمثبت من السيرة والديوان. وخنافًا من خنفت الناقة تخنف بيديها في السير، إذا مالت بهما نشاطًا. ولينًا غير أحرد: أي تفعل ذلك من غير حرد في يديها، أي اعوجاج. الروض (٢/ ١٣٧). (٢) يكون الجمل عجرفيَّ المشي، وفيه تعجرف وعجرفية وعجرفة: قلة مبالاة لسرعته. القاموس (عجرف). والأصيد المائل العنق؛ ولما كانت الحرباء تدور بوجهها مع الشمس كيفما دارت، كانت في وسط السماء في أول الزوال كالأصيد، وذلك أحرُّما تكون الرمضاء. يصف ناقته بالنشاط وقوة المشي في ذلك الوقت. الروض (٢/ ١٣٧). (٣) في ح والديوان: حتى تزور محمدا. وآليت لا آوي لها من كلالة ولا من حفى: أي لا أرقُّ لها ولا أرحمها ويروى: ولا من جنى. وهما بمعنى كما في الروض (٢/ ١٣٧). (٤) في سيرة ابن هشام: ولا تقربن حرة، وفي ح: كان أمرها. (٥) قوله: فالله فاعبدا، وقف على النون الخفيفة بالألف، وكذلك فانكحن أو تأبدا، ولذلك كتبت في الخط بألف، لأن الوقف عليها بالألف، وقد قيل في مثل هذا، إنه لم يرد النون الخفيفة، وإنما خاطب الواحد بخطاب الاثنين، وزعموا أنه معروف في كلام العرب. الروض (٢/ ١٣٨). (٦) في السيرة والديوان: العشيات.

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