Il dit : « Je ne cessai de demeurer sur le territoire de Daws pour les inviter à l’islam, jusqu’à ce que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) émigrât à Médine et que se déroulassent (les batailles de) Badr, Uhud et le Fossé. Puis je me rendis auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) avec ceux de mon peuple qui avaient embrassé l’islam, alors que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) se trouvait à Khaybar. Je descendis à Médine avec soixante-dix, ou quatre-vingts, foyers originaires de Daws et nous rejoignîmes le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) à Khaybar. Il nous attribua alors une part (du butin) avec les musulmans.
Ensuite, je ne cessai d’accompagner le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) jusqu’à ce qu’Allah lui accordât la victoire à La Mecque. Je dis : « Ô Messager de Dieu, envoie-moi auprès de Dhû al-Kaffayn, l’idole de ‘Amr ibn Ḥumamah, afin que je la brûle. » Ibn Isḥāq (1) rapporte : « Il s’y rendit et, tandis qu’il embrasait le feu, al-Ṭufayl déclamait (en vers de rajaz) :
Ô Dhû al-Kaffayn, je ne fais plus partie de tes adorateurs,
Notre naissance précède la tienne,
C’est moi qui ai rempli ton cœur de flammes.
Il raconta ensuite : « Puis le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) revint (à Médine) et je restai avec lui jusqu’à ce que Dieu l’ait rappelé à Lui. Lorsque les Arabes apostasièrent, al-Ṭufayl partit en campagne avec les musulmans ; ils marchèrent jusqu’à venir à bout de Ṭulayḥah et soumirent la région du Najd. Ils avancèrent alors vers al-Yamāmah, accompagné de son fils ‘Amr ibn al-Ṭufayl. En route, il fit un rêve et dit à ses compagnons : “J’ai fait un songe, interprétez-le-moi. J’ai vu ma tête rasée, un oiseau sortir de ma bouche, puis une femme est venue à ma rencontre et m’a fait entrer dans son vagin. J’ai vu ensuite mon fils me chercher ardemment, mais il fut empêché de me rejoindre.” Ils dirent : “C’est un bon songe.” Et lui de dire : “Pour ma part, par Dieu, j’en ai déjà l’interprétation.” Ils lui demandèrent : “Laquelle ?” Il répondit : “Le fait de me voir la tête rasée annonce ma mort. L’oiseau qui sort de ma bouche est mon âme. Quant à la femme qui m’a fait entrer en elle, c’est la terre dans laquelle on me creusera une tombe pour m’y enfouir. Et si mon fils me cherche sans pouvoir me rejoindre, c’est qu’il s’efforcera d’obtenir le même sort que moi.”” Al-Ṭufayl, que Dieu lui fasse miséricorde, fut alors tué en martyr à al-Yamāmah ; son fils fut gravement blessé mais s’en remit, puis fut tué en martyr lors de la bataille d’al-Yarmūk à l’époque de ‘Umar – que Dieu l’agrée.
C’est ainsi que Muḥammad ibn Isḥāq a rapporté l’histoire d’al-Ṭufayl ibn ‘Amr, de manière mursal (sans chaîne complète de transmetteurs). Son récit est appuyé par un ḥadith authentique. L’imām Aḥmad (3) a dit : « Wakī‘ nous raconta que Sufyān lui transmit de la part d’Abū al-Zinād, d’al-A‘rāj, d’après Abū Hurayrah qui dit : “Lorsque al-Ṭufayl et les siens se présentèrent auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), il (Abū Hurayrah) raconta que la tribu de Daws se montrait difficile (à l’appel de l’islam). Alors le Prophète invoqua Dieu en ces termes : ‘Ô Dieu, guide (la tribu de) Daws et amène-les (vers nous).’” »