« Je n’ai rien trouvé de plus beau ni de plus équitable que cela. » Il dit : « J’ai alors embrassé l’islam et attesté la vérité, puis j’ai dit : “Ô Prophète de Dieu, je suis un homme à qui l’on obéit au sein de mon peuple, et je retourne vers eux pour les appeler à l’islam. Invoque donc Dieu afin qu’Il m’accorde un signe qui me servira de soutien dans mon appel.” »
Le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) répondit alors : « Ô Dieu, accorde-lui un signe. »
« Je partis donc rejoindre mon peuple. Lorsque je fus arrivé à un col me permettant de voir la région habitée (2), un éclat de lumière, semblable à une lampe, apparut entre mes deux yeux. Je dis : “Ô Dieu, pas sur mon visage, car je crains qu’ils ne pensent qu’il s’agit d’une difformité qui m’est arrivée pour avoir quitté leur religion.” Cette lumière se déplaça alors et vint se poser au sommet de mon fouet. Les gens l’apercevaient comme une lanterne suspendue tandis que je descendais le col jusqu’à les rejoindre, au matin.
Quand je fus arrivé, mon père — qui était un homme très âgé — vint à moi. Je lui dis : “Éloigne-toi de moi, ô mon père, car je ne suis plus des vôtres et vous n’êtes plus des miens.” Il demanda : “Pourquoi, ô mon fils ?” Je répondis : “J’ai embrassé l’islam et j’ai suivi la religion de Muhammad (que la paix et le salut soient sur lui).” Il dit : “Ô mon fils, ta religion est la mienne.” Je lui dis : “Va donc te laver et purifier tes vêtements, puis reviens : je t’enseignerai ce que j’ai appris.” Il partit se laver et purifia ses vêtements, revint vers moi, et je lui présentai l’islam, qu’il accepta.
Ma compagne vint ensuite me trouver, et je lui dis : “Éloigne-toi de moi, car je ne suis plus des tiens et vous n’êtes plus des miens.” Elle dit : “Pourquoi donc, par mon père et ma mère ?” Je répondis : “L’islam nous a séparés, car j’ai suivi la religion de Muhammad (que la paix et le salut soient sur lui).” Elle répondit : “Ma religion est la tienne.” Je dis alors : “Va te purifier au hanna de Dhû al-Charâ” — Dhû al-Charâ était l’idole de la tribu de Daws, installée dans une enceinte consacrée, avec un filet d’eau qui descendait de la montagne. Elle demanda : “N’as-tu pas peur que cette idole nuise à la fillette ?” Je lui répondis : “Non, j’en prends la responsabilité.” Elle y alla, se lava, puis revint à moi. Je lui présentai alors l’islam, qu’elle accepta.
Par la suite, j’appelai la tribu de Daws à l’islam, mais ils tardèrent à me répondre. Je me rendis alors auprès du Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) à La Mecque pour lui dire : “Ô Messager de Dieu, la débauche règne chez les Daws ; invoque Dieu contre eux.” Il (que la paix et le salut soient sur lui) dit alors : “Ô Dieu, guide les Daws ! Retourne vers ton peuple, appelle-les et sois bienveillant avec eux.” »