Puis Ibn Isḥāq (1) mentionna des vers de Ḥassān faisant l’éloge d’al-Muṭʿim ibn ʿAdiyy et de Hishām ibn ʿAmr, en reconnaissance de leur intervention pour annuler le document injuste, pervers et tyrannique. Al-Umawī rapporta à ce sujet de nombreux poèmes, dont nous nous contentons ici de ceux cités par Ibn Isḥāq.
Al-Wāqidī a déclaré : « J’ai interrogé Muḥammad ibn Ṣāliḥ et ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿAbd al-ʿAzīz : “Quand les Banū Hāshim sont-ils sortis de la Shaʿb ?” Ils répondirent : “En l’an dix (c’est-à-dire de la mission prophétique), trois ans avant l’Hégire.” »
J’ajoute que, cette même année, après leur sortie, l’oncle du Messager de Dieu (ﷺ), Abū Ṭālib, ainsi que son épouse Khadīja bint Khuwaylid (– paix sur lui –), moururent, comme nous l’expliquerons plus loin, si Dieu le veut.
[Chapitre]
Muḥammad ibn Isḥāq (– qu'Allah lui fasse miséricorde –) relata, après l’annulation du document, de nombreux récits illustrant l’hostilité que Quraysh manifesta envers le Messager de Dieu (ﷺ), et la manière dont elle dissuadait les tribus arabes ou les voyageurs qui arrivaient à La Mecque pour le pèlerinage ou la ʿumra de l’écouter. Il rapporta aussi la façon dont Dieu manifestait, par ses mains, des miracles prouvant la véracité de son message de preuves et de guidée, tout en démentant les accusations de tyrannie, d’agression, de ruse et de tromperie qu’ils formulaient contre lui, ainsi que leurs allégations selon lesquelles il serait fou, magicien, devin ou imposteur. Or, la volonté de Dieu prévaut toujours.
Ibn Isḥāq rapporte ainsi l’histoire de Ṭufayl ibn ʿAmr al-Dawsī sous forme mursal (2). Celui-ci était un notable influent auprès de sa tribu, Daws. Venu à La Mecque, il rencontra les dignitaires de Quraysh qui le mirent en garde contre le Messager de Dieu (ﷺ) et lui conseillèrent de ne pas le fréquenter ni de prêter l’oreille à ses propos.
Il dit : « Par Dieu, ils ne cessèrent de m’alarmer à son sujet, jusqu’à ce que je résolus de ne rien écouter de lui ni de lui adresser la parole. Je bourrai alors mes deux oreilles de ouate (3) lorsque je me rendis le matin à la Mosquée, de peur que ne parvienne jusqu’à moi quelque chose de ses dires dont je ne voulais rien entendre.
J’arrivai à la Mosquée et trouvai le Messager de Dieu (ﷺ) debout, priant près de la Kaʿba. Je m’approchai de lui, et Dieu voulut que j’entende une partie de ses paroles. J’entendis alors un discours magnifique. Je me dis : “Malheur à moi ! Je suis pourtant un homme sensé et poète, je sais discerner le beau du laid. Qu’est-ce qui m’empêche d’écouter ce que dit cet homme ? Si ce qu’il dit est bon, je l’accepterai ; si c’est un mal, je l’écarterai.” »
Il poursuivit : « J’attendis qu’il ait fini sa prière et regagné sa demeure ; je le suivis alors jusqu’à ce qu’il entre chez lui. Puis je pénétrai à sa suite et lui dis : “Ô Muḥammad, tes concitoyens m’ont mis en garde en me disant telle et telle chose. Par Dieu, ils n’ont cessé de me faire craindre ce qui vient de toi, au point que j’ai bouché mes oreilles de ouate de crainte d’entendre tes paroles. Mais Dieu a voulu que j’en saisisse quelques bribes, et j’ai découvert un propos remarquable. Présente-moi donc ta religion.””
Il me présenta alors l’islam et me récita le Coran. Par Dieu, jamais je n’avais entendu de paroles semblables… »