Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Nous donnons à manger jusqu’à ce que les gens laissent leur surplus, lorsque les mains de ceux qui distribuent abondamment en viennent à trembler (1).

Que Dieu récompense le groupe qui s’est réuni à al-Hajun (2), en pleine assemblée, pour nous conduire à la prudence et nous orienter ! Assis près du sommet d’al-Hajun, on dirait qu’ils ont scellé une entente—et pourtant ils sont plus nobles et plus illustres (3).

Chacun de ces « faucons » a soutenu cette cause, à l’image de celui qui avance, dans le flottement de sa cotte de mailles, avec ardeur (4). Intrépide face aux grandes difficultés (5), il ressemble à un météore dans la main de celui qui l’allume, embrasé. Il est issu des nobles de Lu’ayy ibn Ghalib : lorsqu’on l’expose à l’humiliation, son visage s’assombrit (6).

Son fourreau est long, si bien que la moitié de sa jambe se découvre ; et sur son visage, les nuages déversent pluie et félicité. Généreux au point d’accumuler les cendres (signe d’hospitalité), c’est un seigneur, fils de seigneur, qui exhorte chacun à recevoir dignement les hôtes et à se rassembler. Il construit pour les membres de son clan ce qui leur est profitable ; lorsqu’il nous arrive de parcourir le pays, il prépare et aménage la voie.

Que toute autorité (7) persévère dans cette paix : porteur d’un grand étendard, son ordre finit par être loué. Ils ont réglé, durant la nuit, ce qui devait l’être, puis, à l’aube, ils se sont levés doucement, alors que les autres gens dormaient encore. Ainsi, ils rendirent à Sahl ibn Bayda sa satisfaction, et Abou Bakr ainsi que Muhammad en furent réjouis.

Depuis quand d’autres se mêlent-ils de trancher nos affaires, alors même que, depuis des temps anciens, nous leur manifestions notre bienveillance (8) ? Autrefois, nous ne tolérions aucune injustice ; nous obtenions ce que nous voulions, sans jamais verser dans l’excès. Ô vous, descendants de Qusayy, que pensez-vous au fond de vous-mêmes, et de ce que réserve le lendemain ?

En vérité, vous et moi sommes comme l’a dit un poète : « Tu as en toi l’énoncé limpide, même si c’était un lion qui venait à parler » (9).

(1) « Tarʿad » : signifie les mains des joueurs de dés qui jettent les dés, et parmi eux, seuls les généreux jouent aux dés... Abū Ṭālib veut dire qu'ils nourrissent lorsque les gens sont avares. Le maysar est le jet de dés qui se divise ; on dit : yussirat (il a été divisé). Al-Rawḍ (2/129). (2) Dans la Sîra et al-Rawḍ : ils échangèrent. (3) Explication du Maqawwal (p. 262, h. 1). Et Khaṭm al-Ḥujūn (p. 322, h. 1). (4) « Rafraf al-dirʿ » : ses excédents, et il a été dit dans le sens de : « Rafraf Ḫaḍr » : les excédents des tapis et des nattes, c'est l'avis d'Ibn ʿAbbās ; quant à ʿAlī, c’est les coudes ; et selon Saʿīd b. Jubayr : les « rafārif » sont les jardins du Paradis. Al-Aḥrad : ce qui est dans la jambe, lourd, vient de al-ḥarad, qui est un défaut dans la jambe. (5) Dans la Sîra et al-Rawḍ : « Jallā ». (6) Dans le ḥadīth : Ibn Luʾayy. (7) « Al-Ḍ » : dérivé de al-ilḍāẓ, c’est-à-dire l’insistance, comme dans Mukhtār aṣ-Ṣiḥāḥ (laṭẓa), et dans T. ainsi que dans la Sîra et al-Rawḍ : tout acquitté. Confirmé dans le ḥadīth. (8) Dans la Sîra et al-Rawḍ : on écrit « jallā » avec un jīm, et dans le ḥadīth : on lit « matā » sans point sous la kāf. (9) « Aswad » : nom d’une montagne où un homme avait été tué sans que son meurtrier soit connu, alors les proches du tué ont prononcé cette parole, qui est devenue proverbiale. Al-Rawḍ (2/129). Et (T) a ajouté après ce vers ce que j’ai cité ici d’al-Suhaylī dans al-Rawḍ, avec en plus cette parole : « Ô Aswad, si tu pouvais parler, tu nous lèverais le voile sur celui que tu as tué. »
ونُطعِمُ حتى يتركَ الناسُ فضلَهم … إذا جَعلت أيدي المُفيضينَ تُرعَد (١) جزى الله رهطًا بالحَجُون تجمَّعوا (٢) … على مَلأٍ يَهدي لحزمٍ ويُرشد قعودًا لدى خَطْم الحجُونِ كأنهم … مَقَاولةٌ بل هم أعزُّ وأمجدُ (٣) أعانَ عليها كلُّ صقرٍ كأنه … إذا ما مشى في رَفْرَفِ الدِّرْع أحْرَدُ (٤) جَرِيءٌ على جَلِّ (٥) الخطوبِ كأنه … شهابٌ بكفَّيْ قابسٍ يتوقَّدُ من الأكرمينَ من لؤيِّ بن غالبٍ … إذا سيمَ خسفًا وجهُه يتربَّدُ (٦) طويلُ النِّجادِ خارجٌ نصفُ ساقِهِ … على وجهه يَسقي الغمامُ ويُسْعِدُ عظيمُ الرمادِ سيّدٌ وابنُ سيّدٍ … يحُضُّ على مقرى الضيوفِ ويحشِدُ ويبني لأبناءِ العشيرةِ صالحًا … إذا نحنُ طُفنا في البلادِ ويمهَدُ ألظَّ بهذا الصلحِ كلُّ مُبَوَّأٍ (٧) … عظيمِ اللواءِ أمرُه ثمّ يُحمدُ قضوا ما قضوا في ليلِهِم ثم أصبَحوا … على مَهَلٍ وسائرُ الناس رُقَّدُ همُ رجعوا سهلَ بن بيضاءَ راضيًا … وسُرَّ أبو بكرٍ بها ومحمَّد متى شُركَ الأقوامُ في حلِّ أمرنا … وكنَّا قديمًا قبلَها نتودَّدُ (٨) وكنّا قديمًا لا نُقِرُّ ظُلامةً … وندركُ ما شِئنا ولا نتشدَّدُ فيالَ قُصَيٍّ هل لكُم في نفوسِكم … وهلْ لكُمُ فيما يجيءُ به غَدُ فإني وإياكُم كما قالَ قائلٌ … لديكَ البيانُ لو تكلّمتَ أسودٌ (٩)
(١) "ترعد": يعني أيدي المفيضين بالقداح في الميسر، وكان لا يفيض معهم في الميسر إلا سخي … يريد أبو طالب إنهم يطعمون إذا بخل الناس. والميسر هي الجزور التي تقسم؛ يقال: يسرت إذا قسمت. الروض (٢/ ١٢٩). (٢) في السيرة والروض: تبايعوا. (٣) مض شرح المقاول (ص ٢٦٢ ح ١). وخطم الحجون (ص ٣٢٢ ح ١). (٤) "رفرف الدرع": فضولها، وقيل في معنى: رفرف خضر: فضول الفرش والبسط، وهو قول ابن عباس، وعن علي أنها المرافق، وعن سعيد بن جبير: الرفارف رياض الجنة. والأحرد: الذي في مثيه تثاقل، وهو من الحرَد، وهو عيب في الرِّجل. (٥) في السيرة والروض: جُلَّى. (٦) في ح: ابن لؤي. (٧) "ألظَّ": من الإلظاظ، وهو الإلحاح كما في مختار الصحاح (لظظ)، وفي ط والسيرة والروض: كل مبرَّأ. والمثبت من ح. (٨) في السيرة والروض: جل أمرنا بالجيم، وتقرأ في ح: متى يشرك لكها من غير نقط. (٩) "أسود": اسم جبل كان قد قتل فيه قتيل، فلم يعرف قاتله، فقال أولياء المقتول هذه المقالة، فذهبت مثلًا. الروض (٢/ ١٢٩). وقد زادت (ط) بعد هذا البيت ما نقلتُه هنا عن السهيلي في الروض، وزادت فيه قوله: أي يا أسود لو تكلمت لأبنت لنا عمن قتلته.

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