Al-Bukhārī (1) rapporta ces propos, rapportés par ‘Āʾisha : « Le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : “J’ai vu le lieu de votre émigration, un endroit planté de palmiers entre deux terrains rocailleux.” » Ainsi, ceux qui émigrèrent se dirigèrent vers Médine, et la plupart de ceux qui s’étaient établis en Abyssinie rentrèrent à Médine. À ce sujet, il est rapporté un hadith d’Abū Mūsā et d’Asmāʾ – qu'Allah soit satisfait de lui – d’après le Prophète (ﷺ).
Le hadith d’Abū Mūsā a déjà été mentionné, et il figure dans les deux Ṣaḥīḥ (2). Quant au hadith d’Asmāʾ bint ʿUmays, il sera évoqué après la conquête de Khaybar, lorsque ceux qui avaient tardé à émigrer d’Abyssinie arrivèrent, si Dieu le veut, et en Lui est la confiance (3).
Al-Bukhārī (4) a également rapporté : « Yahyā ibn Ḥammād nous raconta : Abū ‘Awānah, d’après Sulaymān, d’après Ibrāhīm, d’après ʿAlqamah, d’après ʿAbd Allāh, a dit : “Nous saluions le Prophète (ﷺ) alors qu’il priait, et il nous répondait. Mais lorsque nous sommes revenus de chez le Najāshī (Négus), nous lui avons adressé le salut et il ne nous répondit pas. Nous nous sommes alors exclamés : ‘Ô Messager de Dieu, nous avions l’habitude de te saluer et tu nous répondais, pourquoi ne nous réponds-tu plus depuis notre retour du pays du Najāshī ?’ Il répondit : ‘En vérité, la prière est une occupation (Importante).’” »
Al-Bukhārī, Muslim, Abū Dāwūd et an-Nasāʾī ont également rapporté ce hadith par d’autres voies, dont celle de Sulaymān ibn Mihrān d’après al-Aʿmash (5). Cela vient renforcer l’interprétation de ceux qui ont compris le hadith de Zayd ibn Arqam, rapporté dans les deux Ṣaḥīḥ (6), où il est dit : « Nous parlions durant la prière, jusqu’à la révélation de la Parole divine : “Et tenez-vous debout devant Dieu avec humilité” [al-Baqara, 2:238]. Nous fûmes alors sommés de nous taire et il nous fut interdit de parler. »
On comprend ainsi qu’il est question de la globalité des Compagnons. Zayd appartenait aux Anṣār de Médine, tandis que l’interdiction de parler pendant la prière fut établie à La Mecque. On doit donc interpréter ce hadith selon ce qui a été précité. Quant à la mention du verset (qui est médinois), elle pose problème. Il est possible qu’il ait cru que ce verset en était l’interdiction formelle, alors que ce qui l’interdisait était en réalité un autre commandement concomitant. Dieu est plus Savant.
Ibn Isḥāq (7) a dit : « Parmi ceux qui entrèrent sous une protection (jawār) avec eux se trouvaient : ʿUthmān ibn Maẓʿūn, sous la protection d’al-Walīd ibn al-Mughīrah, et Abū Salamah ibn ʿAbd al-Asad, sous la protection de son oncle maternel Abū Ṭālib (car sa mère était Barrah bint ʿAbd al-Muṭṭalib). Quant à ʿUthmān ibn… »