Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Nous avons créé Ève à partir d’un mâle, sans femelle, et Nous avons créé Adam sans tirer son origine ni de l’un ni de l’autre. Quant à l’ensemble des fils d’Adam, Nous les avons créés d’un mâle et d’une femelle, comme Il l’a dit dans un autre verset : «Et afin que Nous fassions de lui un signe pour les gens» – c’est-à-dire un indice et un témoignage de Notre puissance extraordinaire – «et une miséricorde de Notre part» (Maryam, 21), miséricorde par laquelle Nous gratifions qui Nous voulons.

Ibn Isḥāq a mentionné (1) l’affaire d’al-Akhnas ibn Sharīq, au sujet duquel fut révélé ce verset : «Et n’obéis pas à tout grand jureur méprisable» (Al-Qalam, 10), ainsi que les versets qui suivent. Il rapporta aussi l’histoire d’al-Walīd ibn al-Mughīra qui dit : «Le Coran serait-il révélé à Muḥammad pendant que je suis délaissé, alors que je suis le plus grand notable et chef des Quraysh ? Et Abū Masʿūd ʿAmr ibn ʿUmayr (2), le notable de Thaqīf, ne recevrait rien non plus ? Nous sommes pourtant les deux grands personnages des deux cités !» C’est à son sujet que descendit la parole : «Et ils dirent : “Pourquoi ce Coran n’a-t-il pas été révélé à un homme important de l’une des deux cités ?”» (Al-Zukhruf, 31), ainsi que les versets qui suivent.

Il (3) évoqua ensuite Ubayy ibn Khalaf, qui s’adressa à ʿUqbah ibn Muʿayṭ en ces termes : «Ne m’est-il pas parvenu que tu as écouté Muḥammad et que tu t’es assis auprès de lui ? Mon visage t’est interdit si tu ne craches pas au visage de Muḥammad !» Alors ce misérable, qu’Allāh le maudisse, exécuta son ordre. Dieu fit alors descendre : «Le jour où l’injuste se mordra les deux mains, il dira : “Malheur à moi ! Si seulement j’avais suivi la voie du Messager (27) ! Hélas, malheur à moi ! Si seulement je n’avais pas pris untel pour ami (28) !”» (Al-Furqān, 27-28), et ce qui suit.

Puis on rapporte qu’Ubayy ibn Khalaf Approcha le Prophète (ﷺ) avec un os desséché déjà à demi-pourri ; il le réduisit en miettes avant de le souffler vers le Messager de Dieu (ﷺ), en disant : «Ô Muḥammad, prétends-tu que Dieu va ressusciter ceci après sa décomposition ?» Le Prophète (ﷺ) répondit : «Oui, je l’affirme : Dieu ressuscitera cela et toi aussi, après que vous soyez devenus ainsi, puis Il te fera entrer en Enfer.» Alors Dieu révéla : «Il Nous propose un exemple et oublie sa propre création. Il dit : “Qui redonnera la vie à ces os alors qu’ils sont réduits en poussière ?” (78) Dis : “Celui qui les a créés une première fois les fera revivre, car Il est parfaitement savant sur toute création.”» (Yā-Sīn, 78-79), jusqu’à la fin de la sourate.

Il est également dit que, selon ce qui m’est parvenu, le Messager de Dieu (ﷺ) fut interpellé par al-Aswad ibn al-Mughīra, Umayya ibn Khalaf et al-ʿĀṣ ibn Wāʾil, alors qu’il effectuait le ṭawāf près de la porte de la Kaʿba. Ils lui dirent : «Ô Muḥammad, viens donc adorer ce que nous adorons, et nous adorerons ce que tu adores. Ainsi, nous partagerons tous la même religion.» C’est alors que Dieu révéla à leur sujet : «Dis : “Ô vous les infidèles, je n’adore pas ce que vous adorez…”» (Al-Kāfirūn, 1-2), jusqu’à la fin de la sourate.

Lorsque Abū Jahl entendit parler de l’Arbre de Zaqqūm, il s’exclama : «Savez-vous ce qu’est le Zaqqūm ? C’est la datte de Yathrib (5) au beurre ! Venez donc manger de ce “Zaqqūm”.» Puis Dieu révéla : «En vérité, l’Arbre de Zaqqūm (43) est la nourriture du grand pécheur…» (Ad-Dukhān, 43-44).

(1) Dans la Sira d'Ibn Hichâm (1/360) et dans al-Rawd (2/107). (2) Dans la chaîne de transmission : ʿAmr ibn ʿAmr, et dans la version originale : ʿAmr ibn ʿUmar, corroboré par la Sira d'Ibn Hichâm (1/361). Il y a divergence concernant la personne à qui appartient ce verset « Sur un homme des deux cités, un grand » parmi les Banû Thaqîf ; il a été dit qu'il a été révélé à Abû Masʿûd ʿUrwa ibn Masʿûd, ou Habîb ibn ʿAmr ibn ʿUmayr ath-Thaqafî, ou Masʿûd ibn ʿAmr ibn ʿUmar ath-Thaqafî, ou Kinnâna ibn ʿAmr ibn ʿUmayr. Voir at-Tafsîr d'al-Ṭabarî (13/65) et at-Tafsîr d'Ibn Kathîr (7/374-375) pour le commentaire du verset 31 de la sourate az-Zukhruf. (3) Cela signifie Ibn Isḥâq dans la Sira d'Ibn Hichâm (1/361). (4) « Aramma » : signifiant « pourri » ; dans la Sira, le mot utilisé est « arfatha ». Cela veut dire qu'il s'est brisé et cassé. Voir al-Lisân (ramama, ramut). (5) Dans la version originale est mentionné « il frappe », tandis que la version corrélée dans la chaîne de transmission, la Sira d'Ibn Hichâm et al-Rawd confirment la lecture contraire. Al-Suhaylî dit dans al-Rawd (2/118).
خلقنا حواءَ من ذكرٍ بلا أنثى، وخلقنا آدم لا من هذا ولا من هذا، وخلَقْنا سائر بني آدم من ذكرٍ وأنثى كما قال في الآية الأخرى: ﴿وَلِنَجْعَلَهُ آيَةً لِلنَّاسِ﴾ أي أَمَارةً ودليلًا على قُدْرتنا الباهرة ﴿وَرَحْمَةً مِنَّا﴾ [مريم: ٢١] نرحم بها مَنْ نشاء. وذكر ابن إسحاق (١) : الأخنس بن شَريق ونزول قوله تعالى فيه: ﴿وَلَا تُطِعْ كُلَّ حَلَّافٍ مَهِينٍ﴾ [القلم: ١٠] الآيات، وذكر الوليد بن المغيرة حيث قال: أينزَّلُ على محمدٍ وأُترك وأنا كبيرُ قريش وسيِّدُها، ويترك أبو مسعود عمرو بن عُمير (٢) الثقفي سيد ثقيف فنحن عظيما القريتين. ونزل قوله فيه ﴿وَقَالُوا لَوْلَا نُزِّلَ هَذَا الْقُرْآنُ عَلَى رَجُلٍ مِنَ الْقَرْيَتَيْنِ عَظِيمٍ﴾ (٢) والتي بعدها. وذكر (٣) أُبيَّ بن خلف حين قال لعقبة بن مُعَيط: ألم يَبْلُغْني أنك جالستَ محمدًا وسمعتَ منه، وَجْهي من وجهك حرام إلا أنْ تتْفُلَ في وجهه. ففعل ذلك عدوُّ الله عقبةُ لعنَهُ الله، فأنزل الله ﴿وَيَوْمَ يَعَضُّ الظَّالِمُ عَلَى يَدَيْهِ يَقُولُ يَالَيْتَنِي اتَّخَذْتُ مَعَ الرَّسُولِ سَبِيلًا (٢٧) يَاوَيْلَتَى لَيْتَنِي لَمْ أَتَّخِذْ فُلَانًا خَلِيلًا﴾ [الفرقان ٢٧ - ٢٨] والتي بعدها. قال: ومشى أُبَيُّ بن خلف بعظمٍ بالٍ قد أرَمَّ (٤) فقال: يا محمد، أنت تزعمُ أن الله يبعث هذا بعدما أرمّ. ثم فتَّهُ بيده ثم نفخَهُ في الرِّيح نحو رسول الله ﷺ . فقال: "نعم، أنا أقولُ ذلك، يبعثُهُ الله وإيَّاك بعدَما تكونانِ هكذا، ثم يُدخلكَ النار" . فأنزل الله تعالى: ﴿وَضَرَبَ لَنَا مَثَلًا وَنَسِيَ خَلْقَهُ قَالَ مَنْ يُحْيِ الْعِظَامَ وَهِيَ رَمِيمٌ (٧٨) قُلْ يُحْيِيهَا الَّذِي أَنْشَأَهَا أَوَّلَ مَرَّةٍ وَهُوَ بِكُلِّ خَلْقٍ عَلِيمٌ﴾ [يس: ٧٨ - ٧٩] إلى آخر السورة. قال: واعترضَ رسولَ اللهِ ﷺ فيما بلغني -وهو يطوف عند باب الكعبة- الأسودُ بن المغيرة، وأميَّةُ بن خلف، والعاص بن وائل فقالوا: يا محمد، هَلُمَّ فلنعْبُدْ ما تعبد، وتعبدُ ما نعبد، فنشترك نحن وأنتَ في الأمر. فأنزل الله فيهم ﴿قُلْ يَاأَيُّهَا الْكَافِرُونَ (١) لَا أَعْبُدُ مَا تَعْبُدُونَ﴾ [الكافرون: ١ - ٢] إلى آخرها. ولما سمع أبو جهل بشجرة الزَّقُّوم. قال: أتدرون ما الزَّقُّوم؟ هو تمر يثرب (٥) بالزُّبْد. ثم قال: هلمُّوا فلنتزقَّمْ. فأنزلَ الله تعالى ﴿إِنَّ شَجَرَتَ الزَّقُّومِ (٤٣) طَعَامُ الْأَثِيمِ﴾ [الدخان: ٤٣ - ٤٤] .
(١) في سيرة ابن هشام (١/ ٣٦٠) والروض (٢/ ١٠٧). (٢) في ح: عمرو بن عمرو وفي أصل ط: عمرو بن عمر والمثبت من سيرة ابن هشام (١/ ٣٦١) واختلف فيمن نزلت هذه الآية ﴿عَلَى رَجُلٍ مِنَ الْقَرْيَتَيْنِ عَظِيمٍ﴾ من بني ثقيف؛ فقيل: نزلت بأبي مسعود عروة بن مسعود، أو حبيب بن عمرو بن عمير الثقفي، أو مسعود بن عمرو بن عمر الثقفي، أو كنانة بن عمرو بن عمير. تفسير الطبري (١٣/ ٦٥) وتفسير ابن كثير (٧/ ٣٧٤، ٣٧٥) في تفسير آية ٣١ من سورة الزخرف. (٣) يعني ابن إسحاق في سيرة ابن هشام (١/ ٣٦١). (٤) "أرمَّ": بلي؛ وفي السيرة: ارفثَّ. ومعناه تحطم وتكسَّر. اللسان (رمم، رمُت). (٥) في ط: يضرب، والمثبت من ح وسيرة ابن هشام والروض. قال السهيلي في الروض (٢/ ١١٨).

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